La cérémonie, qui s’est tenue ce lundi en présence de hauts responsables des deux institutions, scelle un engagement pragmatique : faciliter l’accès des produits équatoriens au marché marocain tout en créant des passerelles d’investissements et de partenariats entre opérateurs économiques des deux rives.
Pour les acteurs équatoriens, cet accord est porteur d’espoirs tangibles. Xavier Rosero, président exécutif de Fedexpor, a insisté sur le fait que l’accord n’est pas qu’un document diplomatique, mais une porte ouverte vers des marchés africains en pleine mutation. Les petites et moyennes entreprises, souvent freinées par des obstacles logistiques et financiers, pourront ainsi bénéficier d’un cadre institutionnel stable pour mieux positionner leurs produits au Maroc – et potentiellement au-delà.
Au cœur de cet accord : la création d’un Conseil d’affaires Maroc–Équateur. Ce nouvel organe entend devenir un espace permanent de dialogue et de coopération. Missions affichées ? Faciliter les contacts directs entre entreprises, organiser des missions d’affaires ciblées, lancer des ateliers techniques spécialisés et assurer une présence conjointe lors de salons internationaux. L’objectif est clair : dépasser la simple signature protocolaire pour construire un tissu d’échanges structuré et durable.
Plus qu’un simple geste symbolique, cette initiative s’inscrit dans une logique qui dépasse les relations bilatérales. À l’heure où le Maroc cherche à diversifier ses partenaires commerciaux au-delà de l’Europe qui demeure son principal marché des accords comme celui-ci contribuent à renforcer l’ouverture du Royaume vers l’Amérique latine et, par ricochet, vers d’autres marchés émergents. Cette diversification est d’autant plus pertinente que Rabat s’est fixé des objectifs ambitieux dans le commerce extérieur, visant notamment à encourager davantage d’entreprises marocaines à exporter vers des zones moins traditionnelles.
L’accord a également une dimension d’attraction d’investissements. Rosero a évoqué, à ce propos, une future visite équatorienne au Maroc. Cette démarche va au-delà d’un simple déplacement protocolaire : elle vise à comprendre les spécificités du marché marocain, la culture d’affaires locale et les avantages compétitifs qui pourraient favoriser des injections de capitaux dans des secteurs clés de l’économie équatorienne.
La présence de la ministre équatorienne des Affaires étrangères, Gabriela Sommerfeld, lors de la signature souligne l’appui gouvernemental à l’initiative. Pour elle, soutenir le secteur privé dans ses efforts d’internationalisation est un levier essentiel pour renforcer les exportations nationales et diversifier les économies.
Pour le Maroc, au-delà de l’intérêt immédiat d’accueillir de nouveaux produits, cet accord est une pièce de plus dans un puzzle plus vaste : celui de positionner le Royaume comme une plateforme de choix entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine. Dans un monde où les flux commerciaux se reconfigurent, cette démarche pragmatique qui valorise PME, dialogue institutionnel et coopération stratégique mérite d’être suivie de près.
En somme, ce mémorandum ne se limite pas à un effet d’annonce : c’est une invitation à repenser les stratégies d’ouverture économique du Maroc. Face à une concurrence internationale accrue, de telles initiatives, si elles sont suivies d’actions concrètes, pourraient bien devenir des leviers durables de croissance pour les entreprises marocaines et équatoriennes, tout en consolidant une vision sud-sud de la coopération économique.