La nouvelle est tombée dans l’ambiance feutrée mais stratégique de la Foire internationale du tourisme de Madrid (FITUR) 2026 : GNV, filiale du Groupe MSC et l’un des opérateurs les plus visibles en Méditerranée occidentale, va renforcer ses ferries Espagne Maroc à partir de l’été prochain. Concrètement, la compagnie prévoit de déployer de nouveaux navires, plus récents et à plus grande capacité, sur les lignes reliant les ports espagnols aux ports marocains.
Sur le papier, c’est une annonce qui coche plusieurs cases. D’abord celle du confort et de la fluidité, un sujet très concret pour les voyageurs. Ensuite celle de la performance opérationnelle, car l’été est traditionnellement la période où la pression est maximale sur les liaisons maritimes, notamment avec les déplacements des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Enfin, celle de la durabilité, un mot devenu incontournable… mais qui reste, pour beaucoup, à prouver dans la pratique.
Lors de son intervention, le directeur général de GNV, Matteo Catani, a insisté sur un point rarement mis en avant avec autant de franchise : rien ne se fera sans coordination étroite avec les autorités concernées. Selon lui, l’objectif est d’assurer l’exploitation régulière de ces nouvelles unités dès l’été 2026, en s’appuyant sur une approche combinant efficacité opérationnelle et mobilité durable. Il a aussi souligné l’importance de la coopération avec les autorités portuaires, les ports espagnols et marocains, ainsi que les institutions diplomatiques et ministérielles, pour renforcer les infrastructures et les services.
Ce n’est pas un détail. Dans la réalité des ports, l’expérience du passager ne dépend pas seulement du navire. Elle dépend de l’embarquement, de la gestion des files, des contrôles, de l’accès aux services, et parfois d’une simple panne de coordination qui transforme une traversée en journée interminable. Beaucoup de familles marocaines le savent : on peut avoir un billet, un véhicule, et pourtant perdre un temps précieux sur le quai. C’est précisément ce genre de points faibles que ce renforcement est censé atténuer.
GNV met aussi en avant l’impact attendu sur les conditions de transport des passagers. « Les nouvelles unités devraient contribuer à l’amélioration des conditions de transport des passagers, notamment des MRE, tout en favorisant le développement de corridors maritimes à faible impact environnemental », a expliqué Matteo Catani. Le message est clair : plus de capacité, mais aussi une trajectoire plus “propre”.
Reste que le chantier ne se limite pas à une promesse générale. Le dirigeant a précisé que les autorités concernées, en coordination avec les équipes techniques de GNV, travaillent à réunir les conditions nécessaires pour assurer des opérations régulières, notamment avec le port de Tanger Med, dès l’été prochain. Là encore, l’enjeu est lourd : Tanger Med est un point névralgique, et chaque amélioration de sa fluidité se répercute sur toute la chaîne logistique.
Fondée en 1992 et membre du Groupe MSC, GNV exploite aujourd’hui 33 lignes maritimes dans huit pays, reliant notamment l’Italie, l’Espagne, la France, l’Albanie, la Tunisie, le Maroc et Malte. Ce réseau donne à la compagnie une vraie expérience des flux transfrontaliers, mais il l’oblige aussi à maintenir un niveau d’exigence élevé : la concurrence est là, et les passagers comparent.
À travers ce renforcement, le Maroc-Espagne n’est pas seulement une route estivale : c’est un axe social, économique et humain. Si les nouveaux navires de GNV tiennent leurs promesses, l’été 2026 pourrait marquer un tournant discret mais concret : moins de stress, plus de capacité, et une liaison maritime qui ressemble enfin à l’importance réelle qu’elle représente pour les MRE et pour l’économie des deux rives.