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Maroc-Europe : merci Poutine ?

Sur un mur du palais présidentiel d’Al Mouradia, une inscription en lettres de sang : « Poutine m’a tuer » !


Un direct de la gauche au pouvoir à Madrid, le 18 mars, suivi d’un uppercut de l’Union européenne, trois jours plus tard, Alger voit des étoiles vertes sur fond rouge. Elle doit cette raclée à son grand allié, Poutine.



C’est d’abord l’Espagne qui a remis les pendules d’Alger à l’heure. « Le plan marocain d’autonomie est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend », proclame (enfin) officiellement Madrid, par la voix du chef de sa diplomatie, José Manuel Albares.

L’affaire Benbatouche, relative à l’accueil par l’Espagne du criminel en chef des polisariens pour « soins de santé », aurait constitué un tournant, le point d’inflexion visible, spectaculaire, d’une tendance lourde qui était déjà en oeuvre.

Il a fallu une année à l’Espagne pour admettre qu’elle ne peut plus jouer la carte du Sahara comme moyen de pression contre le Maroc. Parce que c’est également concéder la perte de son influence d’antan au Sud du détroit de Gibraltar. De fait, le cours des choses s’est même quelque peu inversé.

Règlement au comptant

Le contournement de l’Espagne par les MRE de retour au Maroc pour les vacances d’été, lors de l’opération Marhaba 2021, n’a pas été du goût des milieux économiques ibériques.

Pas question de payer aussi cher, en termes de manque à gagner, pour un criminel séparatiste d’ailleurs poursuivi par la justice espagnole.

Le soutien apporté par l’Union européenne a la décision espagnole fait, toutefois, penser que celle-ci n’est que la résultante de tractations diplomatiques qui se sont déroulées à un échelon ou l’Espagne demeure un acteur, mais non-déterminant.

L’UE « se félicite de tout développement positif entre ses États membres et le Maroc dans leurs relations bilatérales », a déclaré la porte-parole de la commission européenne pour les affaires étrangères, Nabila Massrali.

La démarche espagnole a été jugée « bénéfique pour la mise en œuvre de l'accord d'association UE-Maroc dans son ensemble ».

Faut-il rappeler qu’une semaine auparavant, c’était le commissaire européen à l'environnement, aux océans et à la pêche, Virginijus Sinkevicius, qui déclarait : « la commission européenne confirme son attachement à l'accord de partenariat de pêche UE-Maroc ».

Le Kaiser a lâché le bey

En remontant plus loin encore, le 5 janvier de l’année en cours, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui a adressé une lettre au Roi, dans laquelle il disait que « l’Allemagne considère le plan d’autonomie proposé en 2007 comme un effort sérieux et crédible et une bonne base pour un règlement de ce conflit régional ».

Sachant le poids prépondérant de l’Allemagne au sein de l’UE, l’on peut supposer que le revirement espagnol, après des décennies d’atermoiements, découle d’une décision prise à l’échelle européenne, même si certains pays du vieux continent, qui n’ont pas de liens particuliers avec le Maroc, ne vont probablement pas se précipiter pour adopter la même démarche que Berlin et Madrid.

Les ambitions premières de Berlin sont claires : accéder aux ressources énergétiques et naturelles de l’Afrique, freiner l’élan du Maroc qui a prit un grand poids sur le continent, conforter l’Algérie dans son rôle de pierre dans le soulier du royaume.

Pragmatiques, les Allemands ont vite fait de changer de tactique, quand il s’est révélé que celle auparavant engagée contre le Maroc a échoué. Non moins réalistes, les Marocains ont tout aussi tôt tourné la page de la brouille. Business first !

Coup de poing américain

Pour le Maroc, les pays de l’UE, ce sont 64% de ses exportations et 50% de ses importations. Le royaume est le premier partenaire de l’UE en Afrique, représentant 15% des échanges communautaires avec les pays du continent noir.

Berlin et Madrid auraient, cependant, continuer à tergiverser plutôt que de concéder la pertinence de la proposition marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud si ce n’était, d’abord, la décision de l’ex-président américain, Donald Trump, de reconnaître la marocanité du Sahara.

Le lendemain de la décision de l’Espagne de revenir à la raison de ses intérêts économiques, l’ambassadrice américaine à Madrid, Julissa Reynoso, a réaffirmé à une radio espagnole la position de son pays à ce sujet : « Les États-Unis considèrent que le plan marocain d’autonomie pour le Sahara est raisonnable et viable».

Et c’est le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, qui a enfoncé le clou, le jour même. Il a souligné que son pays « continuait à considérer le plan d’autonomie présenté par le Maroc comme sérieux, crédible et réaliste et qui a un potentiel clair pour répondre aux aspirations des populations de la région ».

Pour quelques m3 de gaz

Le coup final aux fantasmes hégémoniques d’Alger a été, toutefois, indirectement porté par Moscou, en envahissant l’Ukraine, il y a près d’un mois. La Russie couvre à hauteur de quelques 40% les besoins des pays de l’UE en gaz naturel.

Maintenant que les Européens tiennent à réduire leur dépendance envers le gaz russe, ils se demandent pourquoi l’Algérie s’entête à garder le gazoduc Maghreb-Europe, qui traverse le Maroc, hors-service.

Pire encore pour Alger, les Occidentaux ont été saisis d’une véritable phobie de tout ce qui est russe ou tourne autour, criant à qui veut les entendre les fameux mots de George Bush Junior, suite aux attentats du 11 septembre 2001 : « ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous ! »

Avec un niveau de culture géopolitique inversement proportionnel à la taille de leurs « nifs », les décideurs algériens ont cru intelligent d’envoyer les Américains se faire voir quand ces derniers leur ont demandé de faire couler le plus de gaz possible vers la péninsule ibérique en remettant en activité le gazoduc Maghreb-Europe.


Comme une mouche dans la soupe

Il aurait pourtant suffit aux ahuris qui tiennent les commandes à Alger de prendre conscience que la question de l’énergie est existentielle pour les pays européens et de regarder une carte pour se rendre compte que si personne ne peut militairement rien pour l’Ukraine face au rouleau compresseur de son puissant voisin russe, c’est l’Algérie qui est sur le plan économique, et même politique, dans la même situation face aux pays occidentaux.

Poutine a réellement mis tous les Occidentaux, pays anglo-saxons et d’Europe continentale, au pied du mur en frappant dur en Ukraine. Les Etats-Unis veulent en profiter pour rassembler les pays européens en rang serré au sein de l’Otan, afin de préserver leur dernier carré d’influence.

Les dirigeants européens, pour leur part, pris entre une inflation galopante et des chars russes déferlant en Ukraine, sont littéralement aux abois. Ce n’était vraiment pas le moment pour l’Algérie de jouer les fiers-à-bras, pour quelques m3 de gaz à travers un pipeline. Surtout que le Maroc est toujours en attente au tournant...

Dire que Berlin et Madrid comptaient sur Alger pour continuer à mettre des bâtons dans les roues de Rabat...

« Poutine m’a tuer » !

L’Algérie est montée sur le toit et le Maroc a retiré l’échelle, tel est le 28ème des « 36 stratagèmes », célèbre ouvrage chinois de stratégie rédigée sous la dynastie des Ming.

Mais bon, il est vrai qu’à l’époque le Maroc était déjà un puissant royaume, alors que l’Algérie n’a été crée que plusieurs siècles plus tard.

Sur un mur du palais présidentiel d’Al Mouradia, une inscription en lettres de sang : « Poutine m’a tuer » !  





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mardi 22 Mars 2022

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