Le lien avec l’Algérie c’est surtout que les Fennecs sont également concernés par un record, celui du nombre de matchs sans défaites, revendiqué par certains médias pour le Maroc.
L’article conteste, chiffres à l’appui, ce record. En effet pour l’atteindre les médias marocains ont rajouté les matchs de la Coupe Arabe Fifa et la CHAN, ce que l’on peut contester mais ils ont le droit, c’est une règle Fifa et, ils se sont basés sur la décision de la CAF de retirer la CAN au Sénégal.
Sur ce dernier point la contestation se tient, la décision est soumise à l’arbitrage du TAS. Dans le corps du texte il y a aussi d’autres vérités, joliment dites « le Maroc n’as pas pu égaler son superbe exploit réalisé lors de l’édition de Qatar » …/… « le Maroc a profité du mondial 2026 pour décrocher de nombreux records africains et s’impose dorénavant (et cela reste difficilement contestable (c’est dans le texte) comme la meilleure équipe dans ce tournoi) ».
Au final on peut dire que ce n’est pas un texte complétement négatif mais il témoigne des tensions croissantes et en cours entre les deux pays. Les manifestations de joies enregistrées à la frontière, qui semblent authentiques, confirment cet état de fait. Faut-il s’en inquiéter ?
Sur ce dernier point la contestation se tient, la décision est soumise à l’arbitrage du TAS. Dans le corps du texte il y a aussi d’autres vérités, joliment dites « le Maroc n’as pas pu égaler son superbe exploit réalisé lors de l’édition de Qatar » …/… « le Maroc a profité du mondial 2026 pour décrocher de nombreux records africains et s’impose dorénavant (et cela reste difficilement contestable (c’est dans le texte) comme la meilleure équipe dans ce tournoi) ».
Au final on peut dire que ce n’est pas un texte complétement négatif mais il témoigne des tensions croissantes et en cours entre les deux pays. Les manifestations de joies enregistrées à la frontière, qui semblent authentiques, confirment cet état de fait. Faut-il s’en inquiéter ?
Oui probablement parce que cette haine semble être instrumentalisée, mais elle s’inscrit également dans un autre registre :
Celui du nouveau statut des équipes nationales africaines. Seul le Cap Vert a bénéficié de la sympathie de l’ensemble de l’Afrique. Son statut de petit poucet, et surtout son parcours pour une première participation, y est pour beaucoup. Il a toujours existé une forme de solidarité puissante entre les damnés de la terre.
Le Maroc aussi en a bénéficié en 1986 et 2022, comme le Sénégal, le Cameroun, l’Algérie, le Nigéria ou le Ghana lorsqu’ils étaient « petits ».
Lors du mondial de Qatar le Maroc a mobilisé toutes les bonnes ondes africaines. Ce n’est plus le cas. La version 2026 des Lions de l’Atlas suscite des sentiments contradictoires entre jalousie et admiration.
Cette version fait l’objet de dénigrements, de médisance pour ne pas dire de diffamation. Les fake news pullulent, comme jamais auparavant, sur les Réseaux Sociaux. Le Maroc est présenté comme arrogant et même avantagé ce qui est évidemment faux.
Le Maroc n’est ni puissant, ni favorisé. Ses équipes nationales bénéficient d’un travail de fond, engagé depuis des années déjà, et si un cap est franchi il y a encore beaucoup de marches à escalader.
Sa chute a été fêté par des peuples « amis » du même bord. Ça choque ! Les Marocains ne sont pas habitués au prix à payer lorsque on est perçu comme puissant, alors que nous ne le sommes pas encore et que le statut que nous avons est fragile.
Le Maroc aussi en a bénéficié en 1986 et 2022, comme le Sénégal, le Cameroun, l’Algérie, le Nigéria ou le Ghana lorsqu’ils étaient « petits ».
Lors du mondial de Qatar le Maroc a mobilisé toutes les bonnes ondes africaines. Ce n’est plus le cas. La version 2026 des Lions de l’Atlas suscite des sentiments contradictoires entre jalousie et admiration.
Cette version fait l’objet de dénigrements, de médisance pour ne pas dire de diffamation. Les fake news pullulent, comme jamais auparavant, sur les Réseaux Sociaux. Le Maroc est présenté comme arrogant et même avantagé ce qui est évidemment faux.
Le Maroc n’est ni puissant, ni favorisé. Ses équipes nationales bénéficient d’un travail de fond, engagé depuis des années déjà, et si un cap est franchi il y a encore beaucoup de marches à escalader.
Sa chute a été fêté par des peuples « amis » du même bord. Ça choque ! Les Marocains ne sont pas habitués au prix à payer lorsque on est perçu comme puissant, alors que nous ne le sommes pas encore et que le statut que nous avons est fragile.
Être déçu par une élimination en quart de finale face à l’une des équipes les plus puissantes de cette édition de la coupe du monde peut, en revanche, être jouissif si on y réfléchi bien.
Il faut toutefois respecter ceux, parmi les Marocains, qui pensent autrement. Ils analysent les faits et les faits leur disent : « le Maroc s'est incliné face à la France (2-0) en quart de finale de la Coupe du monde 2026 et cette défaite aurait même pu être plus lourde sans la prestation XXL de Yassine Bounou ».
C’est factuel mais ça mérite une lecture attentive, à la marge des sentiments et des émotions. Il faut tenir compte du contexte du match, en football c’est impératif. Le Maroc est tombé sur plus fort que lui. Il a atterri dans un espace occupé par quatre pays, loin devant les autres : la France, l’Espagne, l’Argentine et l’Angleterre, pas un de plus.
Cela ne suffit pas à expliquer l'écart frustrant constaté sur le terrain, et il est nécessaire d'en détailler les raisons structurelles, conjoncturelles et humaines.
C’est d’abord une question de fraicheur physique. La comparaison des parcours respectifs, de la France et du Maroc, éclaire d'emblée le déséquilibre des forces à l'entrée du match. Depuis le début du tournoi, et à la veille du match, les Marocains ont comptabilisé 9286 km contre 2954 km pour la France.
Le Maroc a affronté deux équipes du top 10 mondial (Brésil et Pays-Bas) avant cette demi-finale manquée.
Pour la France, ce test était le premier face à une équipe du Top 10 Fifa. Le Maroc a disputé quatre rencontres physiquement éprouvantes (Écosse, Haïti, Pays-Bas, Canada) quand les Bleus n'ont véritablement souffert qu'une seule fois, face aux muscles des joueurs du Paraguay.
Ce différentiel de charge physique et compétitive, cumulé sur un mois de tournoi, a forcément pesé sur la fraîcheur des deux groupes et le scénario du match.
C’est factuel mais ça mérite une lecture attentive, à la marge des sentiments et des émotions. Il faut tenir compte du contexte du match, en football c’est impératif. Le Maroc est tombé sur plus fort que lui. Il a atterri dans un espace occupé par quatre pays, loin devant les autres : la France, l’Espagne, l’Argentine et l’Angleterre, pas un de plus.
Cela ne suffit pas à expliquer l'écart frustrant constaté sur le terrain, et il est nécessaire d'en détailler les raisons structurelles, conjoncturelles et humaines.
C’est d’abord une question de fraicheur physique. La comparaison des parcours respectifs, de la France et du Maroc, éclaire d'emblée le déséquilibre des forces à l'entrée du match. Depuis le début du tournoi, et à la veille du match, les Marocains ont comptabilisé 9286 km contre 2954 km pour la France.
Le Maroc a affronté deux équipes du top 10 mondial (Brésil et Pays-Bas) avant cette demi-finale manquée.
Pour la France, ce test était le premier face à une équipe du Top 10 Fifa. Le Maroc a disputé quatre rencontres physiquement éprouvantes (Écosse, Haïti, Pays-Bas, Canada) quand les Bleus n'ont véritablement souffert qu'une seule fois, face aux muscles des joueurs du Paraguay.
Ce différentiel de charge physique et compétitive, cumulé sur un mois de tournoi, a forcément pesé sur la fraîcheur des deux groupes et le scénario du match.
Le Maroc c’est aussi une équipe jeune, sans expérience partagée (l’entraineur n’est en place que depuis mars 2026, lorsque Deschamps est l’entraineur de l’équipe de France depuis 2012) avec un effectif beaucoup moins talentueux.
L’analyse de la valeur économique des deux onze est un indicateur précieux. Le onze aligné par le Maroc ne totalisait même pas dix matchs joués ensemble (c’est inédit à ce stade d'une compétition mondiale).
Diop, Bouaddi et Riad ont découvert la compétition. Pour dépanner, Mazraoui a délaissé son poste de latéral et privé le Maroc d’un atout pour la contre-attaque. Il a joué pour la première fois avec Diop comme paire d’arrière centraux.
On peut le reprocher à l’entraineur, mais son choix n’est pas dénué de logique lorsqu’on sait que Mazrapui a déjà occupé le poste à Manchester United et qu’en face les quatre fantastiques (Mbappé, Dembelé, Doué et Olysé) ne sont pas à prendre à la légère.
En plus de souffrir d’un écart de talents, certains ont manqué au Maroc : Ezzalzouli, Aguerd, Chadi Riyad, puis Saibari, révélation du tournoi à cette place d’avant-centre. Sur le plan tactique, Mohamed Ouahbi a fait le pari d'un hold-up. Prendre possession du ballon en bloc bas puis tenter des incursions en cas d’espace offert par l’adversaire.
Un pari lucide, compte tenu du rapport de forces, mais impossible à réussir en raison du manque de fraicheur des joueurs chargés de le mettre en œuvre.
Remonter soixante-dix mètres de terrain face à une équipe française considérée comme l'une des plus fortes de l’histoire de la compétition c’est compliqué.
Mais avait-il le choix ? N’importe quel entraineur, dans ces conditions aurait fait le même choix, c’est une évidence. En réalité dans la hiérarchie du football mondial, la France et Espagne sont au-dessus du lot, suivis de l’Argentine et Angleterre, légèrement en retrait.
Ces quatre nations évoluent sur une autre planète, hors de portée immédiate pour le reste du monde. Le Maroc, qui ne peut pas encore rivaliser avec ce quatuor, se situe au niveau du Brésil, de la Belgique, des Pays-Bas et de la Norvège. C’est déjà extraordinaire et magnifique d’y prétendre et l’enjeu et d’y rester. Un tirage au sort différent aurait permis au Maroc d’accéder à la demi-finale mais pas à aller plus loin. Pour le moment en tous cas.
L’ascension ne fait que commencer et il faut s’attendre à d’autres déceptions et d’autres joies car le travail est sérieux.
Le parcours de ce mondial n'est pas un coup isolé. Les quatre dernières années le démontrent : Le Maroc est Champion du monde U20, il a à son actif deux participations en Coupe du Monde, parmi les huit meilleures nations mondiales.
Sans compter les performances aux Jeux Olympiques, à la CAN, la CHAN et à la Coupe arabe. Un autre écart significatif mérite d’être souligné. Il concerne la formation et son impact sur l’alimentation de l’équipe nationale A.
Au Maroc il existe une quinzaine de centres de formation homologués, dont trois structures fédérales contre 33 centres de formation agréés en France et près de 1000 non agréés.
L’équipe nationale française recrute à tout va dans ces Centres. Au Maroc seuls cinq à six joueurs sont formés sur place.
C’est dire le chemin qu’il reste à parcourir. Cet écart structurel se réduira à mesure que les générations U15, U17 et U19, actuellement en formation, intégreront les rangs de l'équipe A, avec une présence accrue attendue lors du prochain mondial qui se tiendra au Maroc (en Espagne et au Portugal) en 2030.
La politique de détection auprès de la diaspora constitue également un vivier important.
Sur cette trajectoire, une nouvelle demi-finale en 2030 est un objectif réaliste, et l'ambition du titre mondial pourra légitimement être visée en 2034 à condition de poursuivre le travail engagé dans la même direction :
Formation, continuité du projet sportif, et émergence attendue d'un ou deux talents d'exception susceptibles de faire basculer le Maroc dans le cercle très fermé des grandes nations.
Ceci veut dire qu’au sortir de cette élimination, il y a matière à une fierté légitime, à condition de la conjuguer avec la lucidité qu'impose l'analyse du chemin parcouru.
Le Maroc est aujourd'hui durablement installé parmi les dix à quinze meilleures sélections du monde. Face à tout autre adversaire que les quatre nations dominantes, il n'a plus rien à envier à personne.
La défaite d'hier n'est pas un échec : elle est une étape, sur une trajectoire ascendante qui reste à écrire.
Dima Maghrib.
Diop, Bouaddi et Riad ont découvert la compétition. Pour dépanner, Mazraoui a délaissé son poste de latéral et privé le Maroc d’un atout pour la contre-attaque. Il a joué pour la première fois avec Diop comme paire d’arrière centraux.
On peut le reprocher à l’entraineur, mais son choix n’est pas dénué de logique lorsqu’on sait que Mazrapui a déjà occupé le poste à Manchester United et qu’en face les quatre fantastiques (Mbappé, Dembelé, Doué et Olysé) ne sont pas à prendre à la légère.
En plus de souffrir d’un écart de talents, certains ont manqué au Maroc : Ezzalzouli, Aguerd, Chadi Riyad, puis Saibari, révélation du tournoi à cette place d’avant-centre. Sur le plan tactique, Mohamed Ouahbi a fait le pari d'un hold-up. Prendre possession du ballon en bloc bas puis tenter des incursions en cas d’espace offert par l’adversaire.
Un pari lucide, compte tenu du rapport de forces, mais impossible à réussir en raison du manque de fraicheur des joueurs chargés de le mettre en œuvre.
Remonter soixante-dix mètres de terrain face à une équipe française considérée comme l'une des plus fortes de l’histoire de la compétition c’est compliqué.
Mais avait-il le choix ? N’importe quel entraineur, dans ces conditions aurait fait le même choix, c’est une évidence. En réalité dans la hiérarchie du football mondial, la France et Espagne sont au-dessus du lot, suivis de l’Argentine et Angleterre, légèrement en retrait.
Ces quatre nations évoluent sur une autre planète, hors de portée immédiate pour le reste du monde. Le Maroc, qui ne peut pas encore rivaliser avec ce quatuor, se situe au niveau du Brésil, de la Belgique, des Pays-Bas et de la Norvège. C’est déjà extraordinaire et magnifique d’y prétendre et l’enjeu et d’y rester. Un tirage au sort différent aurait permis au Maroc d’accéder à la demi-finale mais pas à aller plus loin. Pour le moment en tous cas.
L’ascension ne fait que commencer et il faut s’attendre à d’autres déceptions et d’autres joies car le travail est sérieux.
Le parcours de ce mondial n'est pas un coup isolé. Les quatre dernières années le démontrent : Le Maroc est Champion du monde U20, il a à son actif deux participations en Coupe du Monde, parmi les huit meilleures nations mondiales.
Sans compter les performances aux Jeux Olympiques, à la CAN, la CHAN et à la Coupe arabe. Un autre écart significatif mérite d’être souligné. Il concerne la formation et son impact sur l’alimentation de l’équipe nationale A.
Au Maroc il existe une quinzaine de centres de formation homologués, dont trois structures fédérales contre 33 centres de formation agréés en France et près de 1000 non agréés.
L’équipe nationale française recrute à tout va dans ces Centres. Au Maroc seuls cinq à six joueurs sont formés sur place.
C’est dire le chemin qu’il reste à parcourir. Cet écart structurel se réduira à mesure que les générations U15, U17 et U19, actuellement en formation, intégreront les rangs de l'équipe A, avec une présence accrue attendue lors du prochain mondial qui se tiendra au Maroc (en Espagne et au Portugal) en 2030.
La politique de détection auprès de la diaspora constitue également un vivier important.
Sur cette trajectoire, une nouvelle demi-finale en 2030 est un objectif réaliste, et l'ambition du titre mondial pourra légitimement être visée en 2034 à condition de poursuivre le travail engagé dans la même direction :
Formation, continuité du projet sportif, et émergence attendue d'un ou deux talents d'exception susceptibles de faire basculer le Maroc dans le cercle très fermé des grandes nations.
Ceci veut dire qu’au sortir de cette élimination, il y a matière à une fierté légitime, à condition de la conjuguer avec la lucidité qu'impose l'analyse du chemin parcouru.
Le Maroc est aujourd'hui durablement installé parmi les dix à quinze meilleures sélections du monde. Face à tout autre adversaire que les quatre nations dominantes, il n'a plus rien à envier à personne.
La défaite d'hier n'est pas un échec : elle est une étape, sur une trajectoire ascendante qui reste à écrire.
Dima Maghrib.
