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Maroc–RDC : vers une coopération minière durable et stratégique au cœur de Riyad


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Vendredi 16 Janvier 2026

En marge de la 5ᵉ Conférence minière internationale à Riyad (du 13 au 15 janvier), le Maroc et la République démocratique du Congo (RDC) ont ouvert un nouveau chapitre de coopération économique dans le secteur minier. Ce rendez-vous, qui a réuni plus d’une centaine de délégations gouvernementales et d’acteurs industriels du monde entier, a servi de plateforme à un dialogue profond entre Leïla Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, et Louis Watum Kabamba, ministre congolais des Mines.



Maroc–RDC : vers une coopération minière durable et stratégique au cœur de Riyad

Ce tête-à-tête n’était pas une simple formalité protocolaire. Il a permis aux deux pays d’échanger avec franchise sur l’état actuel de l’exploitation minière en Afrique, de mesurer les défis qui se dressent devant ce secteur stratégique et d’identifier les leviers qui pourraient dynamiser une coopération plus soutenue et équitable.
 

L’enjeu est clair : tirer davantage de valeur ajoutée locale des ressources minières africaines, plutôt que de se cantonner à l’exportation de matières premières. Dans les couloirs feutrés du centre des congrès de Riyad, les ministres ont insisté sur plusieurs axes majeurs : renforcer la formation des compétences humaines, développer des infrastructures adaptées, et soutenir les zones industrielles et plateformes d’incubation.
 

Ce qui frappe, au-delà des déclarations officielles, c’est le ton résolument pragmatique des échanges. À plusieurs reprises, Mme Benali a plaidé pour une transformation locale des minerais, rappelant qu’il ne s’agit pas simplement d’extraire mais aussi d’industrialiser et d’intégrer les chaînes de valeur au bénéfice des économies africaines.
 

De son côté, le ministre congolais a salué l’expérience marocaine, qualifiée de modèle inspirant pour l’élaboration de politiques minières africaines, en particulier sur les volets liés à la gouvernance et à l’intégration régionale. Cette reconnaissance revêt une dimension symbolique forte : elle illustre l’intérêt croissant des pays africains à partager des approches réussies tout en respectant les contextes nationaux propres.
 

Un point d’accord essentiel a été la nécessité d’aligner le développement du secteur sur des standards environnementaux et sociaux rigoureux, ainsi que sur des principes de bonne gouvernance. Cette approche responsable prend aujourd’hui une importance toute particulière à l’heure où la transition énergétique mondiale accentue la demande pour les minéraux critiques et verts ; des ressources au cœur de la révolution technologique et des économies durables.
 

Par ailleurs, Leïla Benali a mis en lumière le rôle stratégique du « corridor marocain », une ambition du Royaume de devenir un hub continental pour les minerais et métaux verts, notamment en facilitant leur transit et leur transformation vers les marchés mondiaux. C’est une vision qui, selon elle, pourrait repositionner le Maroc comme un pont entre l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde, en particulier pour les secteurs émergents de l’énergie propre et des technologies avancées.
 

À l’issue de cette réunion, les deux pays ont convenu d’œuvrer à l’élaboration d’un accord-cadre de partenariat et de coopération dans le domaine minier, un instrument juridique destiné à concrétiser les engagements évoqués à Riyad. Cet accord, encore en phase de conception, doit poser les bases d’une intégration plus profonde des économies marocaine et congolaise, tout en renforçant la complémentarité des forces industrielles et humaines.
 

Pour le Maroc, cette dynamique s’inscrit plus largement dans une stratégie continentale, où l’économie minière durable est vue comme un levier de croissance inclusive, capable de générer des emplois, d’attirer les investissements et de favoriser les transferts de technologie. Pour la jeune génération marocaine, particulièrement sensible aux enjeux d’emploi et d’innovation, cette approche ouvre de nouvelles perspectives, loin des schémas traditionnels d’exportation basique de matières premières.
 

En définitive, la rencontre de Riyad marque une étape importante dans la redéfinition des partenariats miniers africains, portés par la valorisation locale, la gouvernance responsable et l’intégration régionale des principes qui, s’ils sont mis en œuvre avec constance, pourraient bien transformer le paysage économique du continent.





Vendredi 16 Janvier 2026