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Maroc–Russie : l’accord de pêche entre en vigueur sur le terrain


Rédigé par le Mercredi 25 Février 2026



L’accord de pêche conclu entre le Maroc et la Russie franchit un cap décisif en entrant dans sa phase opérationnelle. Concrètement, après les annonces et les échanges techniques, l’heure est à l’exécution : autorisations, modalités de contrôle, conditions de débarquement et organisation de la coopération. Une étape qui ouvre des opportunités économiques, tout en remettant au premier plan les questions de durabilité et de gouvernance des ressources.

Souveraineté, durabilité et diplomatie au cœur du dossier

Maroc–Russie : l’accord de pêche entre en vigueur sur le terrain
Le passage à une phase opérationnelle signifie d’abord que l’accord sort du registre diplomatique pour entrer dans celui, très concret, de l’administration maritime. En pratique, cela se traduit généralement par la délivrance de licences aux navires concernés, la définition des zones autorisées, des périodes de pêche, des espèces ciblées et des obligations de traçabilité. Les autorités maritimes doivent aussi coordonner les contrôles en mer et à quai, la conformité des équipements, ainsi que les procédures sanitaires pour le traitement et la commercialisation des captures.

Pour les opérateurs, l’enjeu est immédiat. Quand un accord halieutique s’exécute, il irrigue une chaîne entière : services portuaires, avitaillement, maintenance, logistique, froid industriel, transformation et export. Les ports qui accueillent des escales ou des débarquements peuvent y voir un levier d’activité, à condition que l’organisation soit fluide et que les règles soient stables. Côté russe, l’intérêt réside dans l’accès à des zones de pêche et dans la sécurisation d’approvisionnements, notamment pour l’industrie de transformation.

Mais cette montée en puissance n’est jamais neutre. Les accords de pêche se jugent autant à leur rentabilité qu’à leur capacité à préserver la ressource. Les paramètres techniques : tailles minimales, volumes autorisés, sélectivité des engins, périodes de repos biologique, contrôle des rejets ; deviennent déterminants, car ils conditionnent l’acceptabilité du dispositif auprès des professionnels locaux et des acteurs de la durabilité. La crédibilité du cadre dépend aussi de la transparence des données de captures et de l’effectivité des inspections.

Sur le plan politique, l’opérationnalisation acte une coopération bilatérale plus dense. Elle s’inscrit dans une logique de diversification des partenariats économiques du Maroc, tout en posant la question de l’équilibre avec d’autres cadres existants dans la région. À ce stade, l’accord entre dans sa vraie vie : celle des calendriers, des contrôles et des résultats mesurables, là où se jouent la confiance et la pérennité.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 25 Février 2026