Maroc Telecom a terminé 2025 avec un résultat net part du groupe de 6,96 milliards de dirhams, en nette progression par rapport à 2024, une année lourdement marquée par le règlement de 6,36 milliards de dirhams au profit de Wana Corporate. Une fois neutralisées les recettes exceptionnelles liées à l’accord sur le dégroupage, le résultat net ajusté s’établit toutefois à 5,64 milliards de dirhams, soit un recul de 4,3 %. Un contraste qui rappelle que la performance 2025 repose autant sur des facteurs exceptionnels que sur la dynamique opérationnelle.
L’année écoulée restera néanmoins comme une étape charnière. La finalisation du dossier du dégroupage, concrétisée par la mise en place des joint-ventures UniFiber et UniTower, ainsi que le lancement commercial de la 5G, illustrent une stratégie orientée vers la modernisation des réseaux. Cette orientation s’inscrit dans une logique d’investissements soutenus, au Maroc comme à l’international, pour renforcer la qualité de service et soutenir une croissance durable.
À fin décembre, le groupe revendique près de 77 millions de clients, en hausse de 3,6 % sur un an. Cette progression est principalement portée par les filiales Moov Africa, dont le parc croît de 5,1 %, tandis que la base clients au Maroc demeure stable autour de 22 millions d’abonnés. Ce décalage confirme que le relais de croissance se situe désormais au sud du Sahara, où la demande en services numériques continue de s’intensifier.
Sur le plan commercial, le chiffre d’affaires consolidé atteint 36,7 milliards de dirhams, en hausse de 1,4 %. Cette évolution reflète la bonne tenue des activités internationales (+5,3 %), conjuguée à la résilience du marché domestique, soumis à une pression concurrentielle et réglementaire persistante.
La rentabilité opérationnelle montre, en revanche, des signes de tension. L’EBITDA consolidé s’établit à 18,49 milliards de dirhams, en recul de 2,4 %, pénalisé par la baisse de 6,6 % enregistrée au Maroc. Les filiales africaines atténuent ce repli avec une progression de 3,4 %. Le résultat opérationnel (EBITA) atteint 13,55 milliards de dirhams, en forte progression par rapport à 2024, année impactée par le litige avec Wana. Hors rétrocession exceptionnelle de 2 milliards de dirhams liée à ce dossier, l’EBITA ajusté s’élèverait à 11,55 milliards de dirhams, en baisse de 3,5 %.
L’effort d’investissement reste soutenu : 25,6 % du chiffre d’affaires y ont été consacrés, notamment pour le déploiement de la 5G. Les flux nets de trésorerie opérationnels s’établissent à 8,02 milliards de dirhams, en baisse de 11 %, sous l’effet d’un pic d’investissements incluant la licence 5G et le renouvellement de licences dans les filiales Moov Africa, pour un impact global de 3 milliards de dirhams. La dette nette consolidée demeure maîtrisée à 0,9 fois l’EBITDA annuel.
Le Conseil d’administration proposera la distribution d’un dividende de 4 dirhams par action, soit un montant global de 3,5 milliards de dirhams, confirmant une politique de rémunération stable malgré un cycle d’investissement exigeant.
Pour 2026, le groupe anticipe hors événement exceptionnel majeur une croissance du chiffre d’affaires et de l’EBITDA à périmètre et change constants, avec un niveau d’investissement proche de 25 % du chiffre d’affaires (hors fréquences et licences). Une trajectoire prudente, mais cohérente avec l’ambition de consolider le leadership régional dans un secteur où la bataille se joue désormais sur la qualité des infrastructures et l’expérience client.
Entre modernisation accélérée, expansion africaine et pression concurrentielle domestique, Maroc Telecom avance sur une ligne de crête. Les investissements d’aujourd’hui pèsent sur les marges, mais ils dessinent aussi l’architecture numérique du Maroc et d’une partie du continent. Et dans ce secteur, prendre du retard n’est jamais une option