Une relation qui se consolide après les tensions
Selon Doha Lkasmi, directrice générale de NSI Maroc et spécialiste de la politique étrangère, Rabat et Bruxelles ont engagé des efforts pour rétablir la confiance. La diplomatie marocaine a été proactive, multipliant les démarches auprès des institutions européennes et des États membres, tandis que l’UE a adopté une posture plus ouverte, intégrant davantage les intérêts nationaux du Maroc.
Cette dynamique a permis de dépasser la période de friction et de replacer le partenariat sur des bases plus stables, en reconnaissant le rôle central du Maroc dans la région et la crédibilité de son plan d’autonomie pour le Sahara.
Une recomposition vers un partenariat d’égal à égal
Doha Lkasmi souligne que le partenariat évolue vers une relation plus équilibrée et mature, où le Maroc et l’UE co-construisent les priorités et les programmes de coopération. Ce modèle implique une négociation conjointe sur les orientations stratégiques, dans le respect des intérêts de chaque partie et autour d’objectifs communs.
Au-delà du Sahara, les axes de coopération incluent la sécurité et la stabilité régionale, la transition énergétique et le développement durable, ainsi que l’innovation et la recherche scientifique. Le Maroc, positionné à la croisée de l’Europe et du Sahel, peut jouer un rôle clé dans la résilience régionale, tandis que l’UE peut soutenir le développement des énergies renouvelables, de l’eau et des infrastructures durables.
Des perspectives géopolitiques renforcées
Dans un contexte international marqué par les crises et l’instabilité, les relations Maroc-UE pourraient devenir un pôle stratégique de stabilité euro-méditerranéen. Les deux parties pourraient développer des capacités communes pour anticiper et gérer les crises, coordonner leurs positions sur les questions internationales et mettre en place des projets intégrés pour renforcer la résilience économique, énergétique et sécuritaire de la région.