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Maroc : deuxième pôle d’attraction des investissements automobiles en 2025 dans la région MENA


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 20 Janvier 2026

Le paysage industriel marocain continue de surprendre par sa capacité à attirer des investissements industriels majeurs, notamment dans le secteur automobile. Selon le dernier rapport du cabinet d’analyse international BMI, filiale de Fitch Solutions, le Royaume s’est classé en deuxième position dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) pour le nombre de nouveaux projets d’investissement automobile annoncés ou inaugurés en 2025, derrière l’Égypte mais devant une majorité de pays de la région.



Maroc : deuxième pôle d’attraction des investissements automobiles en 2025 dans la région MENA

Avec 23 projets retenus sur l’ensemble de l’année, le Maroc confirme sa dynamique industrielle, juste derrière l’Égypte (27 projets) et devant les Émirats arabes unis (15 projets). Un positionnement qui reflète non seulement un potentiel concret, mais également la confiance persistante des investisseurs internationaux malgré l’absence, pour l’heure, d’un cadre public spécifique dédié à l’industrie automobile comparable à celui de certains pays concurrents.
 

Le rythme observé au quatrième trimestre 2025 est d’autant plus révélateur : 28 nouveaux projets d’investissement ont été recensés dans toute la zone MENA pour un montant de près de 887 millions de dollars, dont quatre rien qu’au Maroc. Cette performance situe le Royaume derrière l’Égypte (8 projets) et les Émirats arabes unis (6), mais devant plusieurs marchés régionaux tels que l’Iran ou l’Algérie, soulignant l’attractivité particulière du marché marocain.
 

Ce classement n’est pas un simple fait d’armes statistique : il traduit une réalité industrielle tangible. Au Maroc, la majorité des investissements identifiés concerne la fabrication de composants automobiles, un segment qui reste au cœur de la chaîne de valeur industrielle. Cela s’inscrit en droite ligne avec la forte présence de constructeurs internationaux comme Renault et Stellantis, déjà bien implantés à Tanger et Kénitra et qui jouent un rôle d’aimant pour les fournisseurs mondiaux.
 

À cet égard, le premier trimestre 2025 a été emblématique : sur 27 projets d’investissement recensés dans la région, le Maroc a concentré à lui seul environ un tiers des initiatives, attirant à la fois des acteurs européens et chinois. Ainsi, le pays confirme sa place stratégique comme hub industriel régional, en particulier pour les activités en amont de la production automobile.
 

Cette dynamique est ancrée dans des avantages structurels que les investisseurs scrutent de près. La proximité géographique avec les marchés européens, l’existence d’une chaîne d’approvisionnement locale étendue, ainsi qu’une infrastructure logistique moderne, permettent au Maroc de se démarquer dans un contexte où les chaînes globales de production deviennent de plus en plus sensibles aux risques géopolitiques et commerciaux.
 

Cependant, ce bilan ne doit pas masquer certains défis réels. Sur les nouvelles technologies, comme la mobilité autonome ou les véhicules électriques hautement intégrés, le Maroc reste encore en retrait par rapport aux pays du Golfe, qui attirent des investissements conséquents dans ces segments avant-gardistes. De plus, une part significative de la production marocaine est aujourd’hui orientée vers l’exportation vers l’Union européenne, rendant le secteur sensible aux fluctuations de la demande européenne et aux évolutions réglementaires liées aux frontières commerciales.
 

Pour autant, les opportunités ne manquent pas. Au fil de 2025, le marché des véhicules électriques progressait fortement, avec des prévisions de croissance à deux chiffres et un intérêt croissant pour des projets de batteries et de composants dédiés aux nouvelles mobilités. La montée en puissance de ces segments s’inscrit dans une vision industrielle plus large, qui voit le Maroc non seulement comme un site d’assemblage, mais comme un acteur intégré dans les chaînes de valeur mondiales de l’automobile intelligente et durable.
 

Pour les observateurs économiques et les décideurs marocains, la véritable question n’est plus de savoir si le Maroc est attractif cela est désormais acté  mais plutôt comment le Royaume peut consolider et élargir cette attractivité, notamment en soutenant davantage l’innovation, en modernisant les cadres réglementaires et en renforçant les liens entre le secteur privé, les centres de recherche et les institutions de formation professionnelle.
 

Le défi est de taille, mais le signal envoyé par les chiffres de 2025 est clair : le Maroc ne se contente pas d’être un acteur secondaire de l’industrie automobile en MENA il est en train de devenir un pôle structurant pour l’innovation, l’investissement et l’emploi industriel.
 

En fin de compte, si le Royaume parvient à transformer cette dynamique en politiques publiques intégrées et volontaristes, il pourrait bien non seulement préserver sa position actuelle mais aussi gravir un échelon supplémentaire dans la hiérarchie industrielle régionale.





Mardi 20 Janvier 2026