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Maroc et ZLECAf : l’automobile africaine se restructure


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 26 Mars 2026

Le Maroc se positionne comme l’un des principaux bénéficiaires du nouvel accord sur les règles d’origine de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour le secteur automobile, signé à la mi-février 2026. Ce cadre inédit définit pour la première fois le «Made in Africa», offrant aux constructeurs et équipementiers une visibilité essentielle pour organiser des chaînes de valeur à l’échelle continentale.



Un marché marocain en pleine croissance

Maroc et ZLECAf : l’automobile africaine se restructure

Après un record historique de 235.372 véhicules vendus en 2025, le marché marocain démarre 2026 sur des perspectives favorables. La production locale dynamique, l’essor des véhicules électriques et l’arrivée de marques chinoises devraient porter les ventes à plus de 250.000 unités cette année, avec un objectif de 400.000 véhicules annuels d’ici 2035.

Déjà, le Maroc concentre 47,2% de la production automobile africaine, devant l’Afrique du Sud (43,7%), l’Algérie et l’Égypte.
 

Une harmonisation qui structure les chaînes de valeur

Le nouvel accord impose un seuil de 40% de contenu d’origine africaine pour qu’un véhicule bénéficie des préférences tarifaires de la ZLECAf, tout en autorisant jusqu’à 60% de composants importés, réévaluables dans cinq ans.

Cette harmonisation offre une meilleure lisibilité réglementaire et facilite la planification des réseaux de distribution, la localisation des fournisseurs et la structuration des chaînes d’approvisionnement régionales. Dans le même temps, la production africaine devrait croître de 6,4% en 2026, avec un potentiel de 2,2 millions d’unités à l’horizon 2035.
 

Des hubs industriels renforcés

L’accord favorise avant tout les pays disposant d’écosystèmes déjà structurés. Le Maroc et l’Afrique du Sud apparaissent comme les pôles capables de capter rapidement les gains, tandis que des marchés émergents comme le Kenya ou le Ghana devront investir pour atteindre une taille significative.

La réussite dépendra de la coordination entre administrations, de la capacité des industriels à appliquer les nouvelles règles et de l’intégration avec les chaînes de valeur africaines naissantes.
 

Vers une industrie africaine plus intégrée

Trois scénarios sont envisagés ; une mise en œuvre limitée, une utilisation partielle des préférences ou une intégration complète grâce à des procédures harmonisées et des infrastructures douanières modernisées. 

Pour le Maroc, la consolidation de son statut de hub dépendra du renforcement des partenariats industriels transfrontaliers et de l’accroissement de la localisation des composants.





Jeudi 26 Mars 2026