Une année de deuil pour la scène artistique
Tout au long de 2025, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. Chaque disparition a résonné comme un coup de tonnerre, tant ces artistes faisaient partie du quotidien des Marocains. Ils accompagnaient les moments de joie, les souvenirs d’enfance, les soirées familiales, les écrans de télévision et les scènes de théâtre.
Le choc le plus symbolique survient le 8 mars 2025, avec la mort de Naïma Samih, à 72 ans. Considérée par beaucoup comme la “Dame du tarab”, elle incarnait une époque où la chanson marocaine rayonnait bien au-delà des frontières. Sa voix, chargée d’émotion et de dignité, a marqué plusieurs générations au Maroc comme dans le monde arabe.
Le théâtre et l’écran frappés de plein fouet
Quelques semaines plus tard, le 2 mai 2025, le rideau tombe sur Mohamed Choubi, acteur, poète et homme de lettres. À 62 ans, il laisse une scène théâtrale orpheline d’une voix libre, critique et profondément humaine. Choubi ne jouait pas, il habitait ses rôles, mêlant intensité dramatique et réflexion intellectuelle.
La télévision et le cinéma sont eux aussi touchés. Naïma Bouhmala, disparue le 28 mai à 77 ans, reste l’une des figures les plus populaires du petit écran marocain. Son visage familier, ses rôles accessibles et sincères avaient créé un lien fort avec le public. En octobre, Mohamed Razine puis Abdelkader Moutaâ quittent à leur tour la scène. Deux monuments du jeu dramatique, capables de raconter le Maroc réel, ses tensions sociales et ses silences.
La musique traditionnelle en deuil
La musique n’a pas été épargnée. Mohcine Jamal, disparu en avril, avait su naviguer entre tradition et modernité, laissant une empreinte durable dans la chanson populaire. Mustapha Bakbou, décédé le 8 septembre, incarnait quant à lui l’âme gnaouie, portée sur les scènes du monde entier. Avec lui, c’est une part du patrimoine spirituel marocain qui s’est tue. La perte de Mohamed Ben Abdessalam, gardien de la musique ancienne, et de Hassan Belmouden, proche des arts populaires, rappelle combien la transmission culturelle reste fragile.
Un choc générationnel
Enfin, le 27 juin 2025, la disparition de Kaoutar Boudarraja, à seulement 37 ans, a bouleversé les médias et la jeunesse marocaine. Journaliste, animatrice, présence familière et engagée, elle incarnait une nouvelle génération de voix médiatiques, modernes et proches du public.
Ces départs successifs ont laissé un silence lourd, mais aussi un héritage immense. Chansons, pièces, films, rôles et gestes continuent de vivre dans la mémoire collective. 2025 restera comme une année de deuil, mais aussi comme un rappel urgent : celui de préserver, transmettre et valoriser la richesse culturelle marocaine avant qu’elle ne devienne seulement souvenir.