Le Maroc attire, encore. Et cette fois, c’est un nom bien connu du secteur pétrolier américain qui pose officiellement ses jalons dans l’offshore atlantique. L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et Murphy Morocco Oil Co., Ltd. ont procédé, le 22 janvier 2026, à la signature d’un accord portant sur l’exploration d’hydrocarbures dans les eaux marocaines.
La cérémonie a réuni deux figures clés : Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, et Christopher C. Olson, vice-président de Murphy Oil Corporation, maison mère de la filiale marocaine. Sur le papier, l’annonce est nette. Dans le fond, elle dit beaucoup de choses sur l’évolution du Maroc dans la cartographie énergétique régionale.
Le partenariat concerne la zone dite « Gharb Deep Offshore », située au large de la côte atlantique. Le périmètre n’a rien d’anecdotique : il couvre dix permis d’exploration, pour une superficie totale de 16.989,9 km². Autrement dit, on ne parle pas d’un simple “test” ou d’un coup de sonde discret. L’ampleur du projet reflète une ambition claire : vérifier, sérieusement, le potentiel du sous-sol marin marocain.
Murphy Morocco Oil Co., Ltd. est une filiale à 100% de Murphy Oil Corporation. Et ce détail compte, car il donne une lecture plus directe du niveau d’engagement. Le groupe américain fait partie des acteurs indépendants importants de l’industrie pétrolière et gazière, avec une expérience construite sur plusieurs marchés et plusieurs cycles, parfois favorables, parfois beaucoup moins. Ce n’est pas un investisseur de passage.
Mais il faut garder une chose en tête : l’exploration reste une discipline de patience. Un accord, même signé en grande pompe, ne signifie pas découverte. Il signifie surtout une entrée dans une phase d’études, de collecte de données, d’analyses géologiques et, si les résultats sont jugés prometteurs, de forages. Et dans l’offshore, les coûts montent vite, très vite.
Pour le Maroc, l’intérêt est évident. Dans un contexte où la facture énergétique pèse lourd, chaque piste sérieuse mérite d’être examinée. L’arrivée d’un acteur américain renforce aussi un message que Rabat cherche à installer depuis des années : le Royaume est une destination crédible pour les investisseurs énergétiques, y compris dans des segments techniquement exigeants comme l’offshore profond.
Cela dit, l’enthousiasme ne doit pas faire oublier les questions qui viennent naturellement. Quel calendrier ? Quelles retombées locales ? Quelle articulation avec les objectifs nationaux en matière de transition énergétique ? Et surtout, quel niveau de transparence dans le suivi des résultats, pour éviter que l’opinion publique ne se retrouve enfermée entre promesses floues et déceptions répétées, comme cela a pu arriver dans d’autres pays.
Ce nouvel accord témoigne, en tout cas, d’un intérêt étranger soutenu pour le potentiel offshore marocain, au moment où la recherche de nouvelles sources d’énergie devient un enjeu mondial, autant économique que stratégique. Le Maroc, lui, avance sur une ligne fine : attirer les capitaux, sécuriser ses besoins, et rester cohérent avec une trajectoire durable.
Avec Murphy Oil, l’ONHYM mise sur un partenaire solide pour ouvrir une nouvelle séquence dans l’exploration offshore. Le projet « Gharb Deep Offshore » est une promesse, oui. Mais c’est surtout un test : celui de la capacité du Maroc à transformer l’intérêt international en valeur réelle, mesurable, et utile au pays.