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Maroc : la croissance attendue à 4,8 % en 2026, portée par le rebond agricole


Rédigé par le Mardi 21 Juillet 2026

Le Haut-Commissariat au Plan prévoit une croissance économique de 4,8 % en 2026, après une progression estimée à 3,9 % en 2025. Cette performance serait principalement portée par un rebond marqué de l’activité agricole, avec une récolte céréalière estimée à environ 90 millions de quintaux. En 2027, la croissance devrait ralentir à 3 %, sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne.



La croissance devrait revenir à 3 % en 2027 sous l’effet d’une campagne moyenne

Maroc : la croissance attendue à 4,8 % en 2026, portée par le rebond agricole
L’économie marocaine devrait connaître une accélération notable en 2026. Selon les prévisions du Haut-Commissariat au Plan, le produit intérieur brut progresserait de 4,8 %, contre une croissance estimée à 3,9 % en 2025. Cette amélioration serait principalement liée au rebond du secteur agricole, traditionnellement déterminant dans la dynamique économique du pays. Après plusieurs années marquées par la sécheresse et l’irrégularité des précipitations, une campagne agricole plus favorable permettrait de soutenir l’activité, les revenus ruraux et la demande intérieure.

Le HCP fonde ses anticipations sur une récolte céréalière estimée à environ 90 millions de quintaux en 2026. Ce niveau constituerait un appui important pour l’économie nationale, car l’agriculture conserve un poids social et territorial considérable au Maroc. Au-delà de sa contribution directe au PIB, elle influence la consommation des ménages, l’emploi rural, les importations alimentaires et les équilibres sociaux dans de nombreuses régions. Lorsque la campagne agricole est bonne, ses effets se diffusent rapidement dans l’ensemble de l’économie.

Cette reprise attendue ne signifie toutefois pas que tous les moteurs économiques fonctionnent avec la même intensité. Les secteurs non agricoles devraient continuer à progresser, mais à un rythme plus modéré. L’industrie, les services, le tourisme, les activités financières, le transport et le commerce restent essentiels pour consolider la croissance. Le Maroc bénéficie également d’investissements structurants dans l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et les infrastructures. Mais la dépendance de la croissance globale à la pluviométrie demeure une fragilité récurrente.

Pour 2027, le HCP anticipe un ralentissement de la croissance à 3 %, sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne. Cette prévision illustre la volatilité de l’économie marocaine lorsque l’agriculture passe d’une année exceptionnelle à une année plus ordinaire. La progression du PIB resterait positive, mais moins vigoureuse, traduisant un retour vers un rythme plus tendanciel.

Ce scénario pose une question centrale : comment réduire la dépendance de la croissance aux aléas climatiques ? Le Maroc a déjà engagé plusieurs chantiers, notamment dans l’irrigation, le dessalement de l’eau de mer, la gestion hydrique et la modernisation agricole. Mais les effets du changement climatique imposent d’accélérer l’adaptation. La croissance de 2026, même encourageante, doit donc être lue avec prudence. Elle reflète autant une reprise conjoncturelle qu’un rappel de la nécessité de diversifier davantage les moteurs économiques du pays.

L’enjeu pour les prochaines années sera de transformer cette embellie en croissance durable. Cela suppose de renforcer la productivité, d’élargir la base industrielle, de soutenir les PME, d’améliorer l’emploi des jeunes et de sécuriser les ressources hydriques. Le rebond agricole offre une respiration bienvenue, mais la solidité de l’économie marocaine dépendra de sa capacité à produire de la croissance même lorsque la pluie se fait attendre.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 21 Juillet 2026