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Maroc : le nouveau patron industriel de l’Afrique


Rédigé par La rédaction le Samedi 30 Mai 2026



Maroc : le nouveau patron industriel de l’Afrique
Longtemps considéré comme un pays essentiellement agricole, touristique ou commercial, le Maroc s'impose aujourd'hui comme la première puissance industrielle du continent africain. Cette transformation n'est ni le fruit du hasard ni celui d'une conjoncture favorable. Elle résulte d'une vision stratégique portée au plus haut niveau de l'État par Sa Majesté le Roi, qui a fait de l'industrialisation, de la souveraineté économique et de l'ouverture internationale des priorités nationales.

Cette ambition royale a trouvé sa traduction concrète dans l'action de plusieurs gouvernements successifs, mais également dans le travail de deux ministres qui ont profondément marqué cette mutation industrielle : Moulay Hafid Elalamy, architecte du Plan d'Accélération Industrielle, et Ryad Mezzour, qui poursuit aujourd'hui l'effort de consolidation, d'intégration locale et de montée en gamme des filières productives. Ensemble, ils ont contribué à faire émerger un modèle industriel marocain fondé sur les écosystèmes, les exportations, l'attractivité des investissements et la compétitivité internationale.

Le résultat est désormais visible. Selon la Banque africaine de développement, le Royaume occupe la première place africaine en matière de développement industriel, devant l'Afrique du Sud. Une consécration qui dépasse le simple symbole statistique : elle confirme l'émergence du Maroc comme l'un des principaux hubs industriels entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.

Le Maroc vient de franchir un cap symbolique. Selon l’Indice 2025 d’industrialisation en Afrique de la Banque africaine de développement, le Royaume occupe désormais la première place du continent, devant l’Afrique du Sud, longtemps référence manufacturière africaine. Une première confirmée par la BAD lors de ses Assemblées annuelles 2026.

Cette performance n’est pas un accident statistique. Elle traduit vingt ans de stratégie industrielle, d’investissement dans les infrastructures, de montée en gamme des exportations et d’attraction d’investissements étrangers. Automobile, aéronautique, électronique, énergies renouvelables : le Maroc n’a pas seulement diversifié son économie, il a construit des écosystèmes productifs capables de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales.

Le dépassement de l’Afrique du Sud est donc plus qu’un classement. Il marque le déplacement du centre de gravité industriel africain. Là où Pretoria souffre d’une crise énergétique, de tensions logistiques et d’un appareil productif vieillissant, Rabat capitalise sur la stabilité, les ports, les zones industrielles, la formation et les accords commerciaux.

Mais ce leadership appelle aussi une vigilance. Être premier ne signifie pas encore être pleinement souverain industriellement. Une partie importante de la valeur ajoutée reste liée à des donneurs d’ordre étrangers. Le défi marocain sera désormais de produire davantage de technologie locale, de renforcer la recherche, d’intégrer plus de PME nationales et de mieux répartir les retombées sociales de cette industrialisation.

Car l’industrie ne vaut que si elle crée des emplois qualifiés, améliore les salaires, irrigue les régions et réduit la dépendance aux importations stratégiques. Le Maroc a gagné une bataille de classement. Il lui reste à gagner celle de la profondeur industrielle.

Le signal envoyé par la BAD est fort : le Royaume n’est plus seulement une plateforme compétitive aux portes de l’Europe. Il devient une puissance industrielle africaine. Reste maintenant à transformer ce rang en modèle durable, inclusif et souverain.




Samedi 30 Mai 2026