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Maroc : les droits de douane sur les smartphones tombent de 17,5 % à 2,5 %


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Vendredi 9 Janvier 2026

Dès janvier 2026, une mesure fiscale majeure issue de la Loi de finances 2026 modifie profondément le paysage économique des technologies mobiles au Maroc. Dans un contexte où les téléphones intelligents sont devenus indispensables à la vie quotidienne de l’accès aux services financiers à l’éducation en ligne — le gouvernement a décidé de ramener les droits de douane à l’importation sur les téléphones portables de 17,5 % à seulement 2,5 %. Cette réduction sans précédent suit une période de fiscalité alourdie en 2024, qui avait fortement augmenté le coût de ces appareils pour les consommateurs et les entreprises formelles.



Maroc : les droits de douane sur les smartphones tombent de 17,5 % à 2,5 %

Depuis plusieurs années, le Maroc est confronté à une circulation croissante de téléphones importés par des voies informelles, souvent moins coûteux mais non traçables. Cette situation a été exacerbée par la hausse des droits de douane en 2024, qui a élargi l’écart de prix entre le marché officiel et l’informel, au détriment des distributeurs déclarés. En revenant substantiellement sur cette politique, l’exécutif entend aujourd’hui rééquilibrer le terrain de jeu, favoriser les opérateurs légaux et renforcer la traçabilité des produits commercialisés au Maroc.
 

Pour les consommateurs marocains âgés de 24 à 54 ans souvent utilisateurs intensifs de smartphones pour le travail, l’éducation ou la gestion de leurs finances cette décision apparaît comme une bouffée d’air frais dans un environnement marqué par des pressions inflationnistes persistantes. Toutefois, il faut tempérer : la baisse des prix dans les magasins ne pourra pas être immédiate, car une part importante des stocks déjà disponibles a été importée sous l’ancien régime fiscal. La diminution des tarifs devrait donc se ressentir progressivement, au fur et à mesure que les nouveaux modèles arrivent sur le marché avec le nouveau taux appliqué.
 

Pour les acteurs économiques particulièrement les importateurs et revendeurs officiels la nouvelle donne est porteuse d’optimisme. La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) s’était exprimée en faveur d’un allégement des droits afin de nettoyer le marché des pratiques illégales et renforcer l’activité du secteur formel. Selon plusieurs opérateurs, cette démarche pourrait, à terme, augmenter l’assiette fiscale réelle du pays en ramenant davantage d’échanges dans le circuit légal.
 

Au-delà de la simple question des prix à la consommation, cette révision s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du marché des équipements électroniques. Dans un monde où le smartphone est devenu un outil central de transformation économique et sociale facilitant l’accès à l’e-administration, l’éducation numérique et les services de santé en ligne il est crucial d’assurer un environnement fiscal incitatif. La baisse des droits de douane représente ainsi un signal fort du gouvernement : l’accès à la technologie et l’inclusion numérique sont des priorités nationales.
 

Pour les jeunes entrepreneurs et les petites entreprises, cette évolution pourrait également ouvrir de nouvelles opportunités. Un smartphone plus abordable signifie une plus grande capacité d’innovation et de participation à l’économie digitale, y compris dans le domaine du commerce électronique, des applications mobiles et des services digitaux locaux.


Une mesure audacieuse, mais pas sans défis

Malgré les aspects positifs, certains observateurs soulignent que la baisse fiscale ne suffit pas à elle seule pour résoudre tous les déséquilibres du marché. L’efficacité de la mesure dépendra de la capacité des autorités à améliorer le cadre réglementaire, à renforcer les contrôles contre l’informel et à encourager une concurrence saine entre distributeurs. Sans ces efforts complémentaires, l’impact sur l’accessibilité réelle des appareils pour le citoyen pourrait rester mitigé.

En ramenant les droits de douane à un niveau historiquement bas, le Maroc amorce un tournant stratégique vers un marché plus régulé et plus accessible. Reste à transformer cette impulsion fiscale en une dynamique durable qui profite à la majorité des citoyens, tout en consolidant l’industrie formelle et en préparant une transition numérique plus inclusive.




Vendredi 9 Janvier 2026