Depuis plusieurs années, le Maroc est confronté à une circulation croissante de téléphones importés par des voies informelles, souvent moins coûteux mais non traçables. Cette situation a été exacerbée par la hausse des droits de douane en 2024, qui a élargi l’écart de prix entre le marché officiel et l’informel, au détriment des distributeurs déclarés. En revenant substantiellement sur cette politique, l’exécutif entend aujourd’hui rééquilibrer le terrain de jeu, favoriser les opérateurs légaux et renforcer la traçabilité des produits commercialisés au Maroc.
Pour les consommateurs marocains âgés de 24 à 54 ans souvent utilisateurs intensifs de smartphones pour le travail, l’éducation ou la gestion de leurs finances cette décision apparaît comme une bouffée d’air frais dans un environnement marqué par des pressions inflationnistes persistantes. Toutefois, il faut tempérer : la baisse des prix dans les magasins ne pourra pas être immédiate, car une part importante des stocks déjà disponibles a été importée sous l’ancien régime fiscal. La diminution des tarifs devrait donc se ressentir progressivement, au fur et à mesure que les nouveaux modèles arrivent sur le marché avec le nouveau taux appliqué.
Pour les acteurs économiques particulièrement les importateurs et revendeurs officiels la nouvelle donne est porteuse d’optimisme. La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) s’était exprimée en faveur d’un allégement des droits afin de nettoyer le marché des pratiques illégales et renforcer l’activité du secteur formel. Selon plusieurs opérateurs, cette démarche pourrait, à terme, augmenter l’assiette fiscale réelle du pays en ramenant davantage d’échanges dans le circuit légal.
Au-delà de la simple question des prix à la consommation, cette révision s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du marché des équipements électroniques. Dans un monde où le smartphone est devenu un outil central de transformation économique et sociale facilitant l’accès à l’e-administration, l’éducation numérique et les services de santé en ligne il est crucial d’assurer un environnement fiscal incitatif. La baisse des droits de douane représente ainsi un signal fort du gouvernement : l’accès à la technologie et l’inclusion numérique sont des priorités nationales.
Pour les jeunes entrepreneurs et les petites entreprises, cette évolution pourrait également ouvrir de nouvelles opportunités. Un smartphone plus abordable signifie une plus grande capacité d’innovation et de participation à l’économie digitale, y compris dans le domaine du commerce électronique, des applications mobiles et des services digitaux locaux.
Une mesure audacieuse, mais pas sans défis
En ramenant les droits de douane à un niveau historiquement bas, le Maroc amorce un tournant stratégique vers un marché plus régulé et plus accessible. Reste à transformer cette impulsion fiscale en une dynamique durable qui profite à la majorité des citoyens, tout en consolidant l’industrie formelle et en préparant une transition numérique plus inclusive.