Des dépôts élevés et une dette au plus haut rythme depuis 2012
Les dépôts bancaires représentent 935 milliards de dirhams et les placements en valeurs mobilières 114 milliards. Ces montants montrent une accumulation financière importante, mais ils ne disent rien de sa répartition entre catégories de ménages.
En parallèle, la dette a atteint 27 % du PIB, portée par les crédits à l'habitat et à la consommation. La proportion des nouveaux emprunteurs consacrant plus de 40 % de leurs revenus au remboursement a légèrement augmenté. Le taux de défaut reste élevé, à 10,3 %.
Ces indicateurs proviennent du rapport annuel de stabilité financière établi conjointement par Bank Al-Maghrib, l'AMMC et l'ACAPS.
Une moyenne nationale peut masquer deux réalités
Certains ménages disposent d'une épargne abondante, tandis que d'autres utilisent le crédit pour maintenir leur consommation ou accéder au logement. Présenter le patrimoine et la dette comme s'ils concernaient exactement les mêmes foyers serait donc trompeur.
Pour les banques et régulateurs, l'enjeu consiste à prévenir le surendettement sans bloquer le financement de projets légitimes. L'information sur le coût total, l'évaluation de la capacité de remboursement et le suivi des incidents doivent rester centraux.
La stabilité financière marocaine bénéficie d'un important matelas de dépôts. Sa solidité future dépendra aussi de la qualité du crédit et de la capacité des revenus à suivre les charges des ménages.