Le miroir
L’image de cette semaine est saisissante : un homme se penche sur un miroir. Mais dans le miroir, ce n’est pas son reflet qui apparaît. C’est une machine qui le regarde. Qui observe qui ? L’homme ou la machine ?
C’est toute notre époque, suspendue dans ce face-à-face vertigineux. Au Maroc, les femmes ont mené des batailles décisives pour conquérir leur droit à penser par elles-mêmes. Malika El Fassi, seule femme signataire du Manifeste de l’Indépendance en 1944, en fut une pionnière.
La princesse Lalla Fatéma Zohra, en s’engageant pour l’éducation des filles, a ouvert des portes. Fatéma Mernissi, avec ses « Houdoud », a brisé les frontières mentales imposées aux femmes. Khnata Benouna, avec son roman Liaskout Assmet, a donné une voix à celles qu’on voulait réduire au silence. Toutes ont poursuivi ce chemin. Aujourd’hui, une nouvelle étape s’annonce.
Ce n’est plus seulement « penser par soi-même ». C’est « savoir comment on pense ». Les psychologues appellent cela la métacognition. Nous, nous l’appellerons simplement : l’art de se regarder penser.
C’est toute notre époque, suspendue dans ce face-à-face vertigineux. Au Maroc, les femmes ont mené des batailles décisives pour conquérir leur droit à penser par elles-mêmes. Malika El Fassi, seule femme signataire du Manifeste de l’Indépendance en 1944, en fut une pionnière.
La princesse Lalla Fatéma Zohra, en s’engageant pour l’éducation des filles, a ouvert des portes. Fatéma Mernissi, avec ses « Houdoud », a brisé les frontières mentales imposées aux femmes. Khnata Benouna, avec son roman Liaskout Assmet, a donné une voix à celles qu’on voulait réduire au silence. Toutes ont poursuivi ce chemin. Aujourd’hui, une nouvelle étape s’annonce.
Ce n’est plus seulement « penser par soi-même ». C’est « savoir comment on pense ». Les psychologues appellent cela la métacognition. Nous, nous l’appellerons simplement : l’art de se regarder penser.
Comprendre sa pensée : Le premier acte de liberté
Une femme qui entreprend, une artisane de Dar Maalma, une étudiante, une ministre, une cheffe de gouvernement fraîchement nommée, une journaliste. Toutes font face au même bruit : les réseaux sociaux, les avis des autres, et maintenant, l’IA qui propose des réponses toutes faites.
La première compétence n’est plus de trouver la réponse. C’est de comprendre : pourquoi je pense ce que je pense ? Est-ce mon expérience ? Est-ce un biais qu’on m’a inculqué ? Est-ce une certitude familiale, sociale ? C’est un acte de militantisme féminin. Car pendant des siècles, on a dit aux femmes quoi penser.
Aujourd’hui, elles peuvent enfin interroger la source de leurs propres pensées.
Questionner ses certitudes : Le plafond de verre est aussi dans la tête Nous avons toutes en nous des phrases héritées : « Je ne suis pas faite pour ça », « La tech, ce n’est pas pour moi », « Je ne peux pas diriger ». La métacognition nous apprend à les questionner.
Est-ce vrai ? Fiable ? Complet ? Ou est-ce le vieux logiciel d’une société patriarcale qui tourne encore en arrière-plan ? L’IA, utilisée avec discernement, devient alors une alliée formidable. Elle ne nous dit pas quoi penser. Elle nous montre comment nous pensons. Elle révèle nos angles morts. Elle nous oblige à voir ce que nous n’avions jamais osé regarder.
La première compétence n’est plus de trouver la réponse. C’est de comprendre : pourquoi je pense ce que je pense ? Est-ce mon expérience ? Est-ce un biais qu’on m’a inculqué ? Est-ce une certitude familiale, sociale ? C’est un acte de militantisme féminin. Car pendant des siècles, on a dit aux femmes quoi penser.
Aujourd’hui, elles peuvent enfin interroger la source de leurs propres pensées.
Questionner ses certitudes : Le plafond de verre est aussi dans la tête Nous avons toutes en nous des phrases héritées : « Je ne suis pas faite pour ça », « La tech, ce n’est pas pour moi », « Je ne peux pas diriger ». La métacognition nous apprend à les questionner.
Est-ce vrai ? Fiable ? Complet ? Ou est-ce le vieux logiciel d’une société patriarcale qui tourne encore en arrière-plan ? L’IA, utilisée avec discernement, devient alors une alliée formidable. Elle ne nous dit pas quoi penser. Elle nous montre comment nous pensons. Elle révèle nos angles morts. Elle nous oblige à voir ce que nous n’avions jamais osé regarder.
De Akhawat Assafa à l’Intelligence Artificielle : La même quête
En 1947, les Akhawat Assafa demandaient le droit d’aller à l’école. C’était une révolution cognitive : le droit d’apprendre à apprendre. En 2026, nous demandons le droit au discernement. L’enjeu n’est plus le savoir. Le savoir est partout, gratuit, instantané.
L’enjeu est le tri, la vérification, la mise en relation, l’évolution : Penser, Questionner, Vérifier, Comprendre, Évoluer. C’est ce que les femmes marocaines ont toujours cherché : non seulement accéder au savoir, mais aussi forger leur propre jugement.
Alors, oui. Je pense, donc je doute de ma pensée. Et c’est une excellente nouvelle. Car douter de sa pensée, ce n’est pas être faible.
C’est être libre. C’est refuser que ni un homme, ni une tradition, ni une machine ne pense à notre place. Et si, à force de fabriquer des machines qui pensent avec nous, nous étions enfin obligées d’apprendre à nous regarder penser ?
Ce serait la plus belle des victoires pour les filles de Akhawat Assafa, de Malika El Fassi, de la princesse Lalla Fatéma Zohra, de Fatéma Mernissi, de Khnata Benouna et de toutes celles qui ont ouvert la voie.
L’enjeu est le tri, la vérification, la mise en relation, l’évolution : Penser, Questionner, Vérifier, Comprendre, Évoluer. C’est ce que les femmes marocaines ont toujours cherché : non seulement accéder au savoir, mais aussi forger leur propre jugement.
Alors, oui. Je pense, donc je doute de ma pensée. Et c’est une excellente nouvelle. Car douter de sa pensée, ce n’est pas être faible.
C’est être libre. C’est refuser que ni un homme, ni une tradition, ni une machine ne pense à notre place. Et si, à force de fabriquer des machines qui pensent avec nous, nous étions enfin obligées d’apprendre à nous regarder penser ?
Ce serait la plus belle des victoires pour les filles de Akhawat Assafa, de Malika El Fassi, de la princesse Lalla Fatéma Zohra, de Fatéma Mernissi, de Khnata Benouna et de toutes celles qui ont ouvert la voie.