L'ODJ Média

Migrants : l’Irlande rejoint le bras de fer européen avec l’Italie


Rédigé par le Lundi 24 Août 2026

L’Irlande rejoint les pays européens demandant le renvoi de certains demandeurs d’asile vers leur pays de première entrée dans l’Union européenne, notamment l’Italie. Ce dossier relance les tensions autour du règlement de Dublin, du nouveau pacte migratoire européen et de la solidarité entre États membres.



Dublin durcit sa position : L’Italie sous pression migratoire

Migrants : l’Irlande rejoint le bras de fer européen avec l’Italie
L’Irlande s’aligne sur les pays européens qui demandent une application plus stricte des règles de renvoi des demandeurs d’asile vers leur pays de première entrée dans l’Union européenne. Dublin devient le septième État membre à réclamer le respect des règles sur les mouvements secondaires, c’est-à-dire les déplacements de migrants d’un pays européen vers un autre après leur arrivée initiale dans l’Union.

Au centre du débat se trouve le principe dit de Dublin. Cette règle prévoit, dans de nombreux cas, que le pays responsable de l’examen d’une demande d’asile est celui par lequel le demandeur est entré pour la première fois dans l’Union européenne. Dans la pratique, cela concerne souvent les pays situés aux frontières extérieures, comme l’Italie, la Grèce ou l’Espagne. Ces États dénoncent depuis des années une charge disproportionnée, tandis que d’autres pays européens réclament le renvoi des migrants vers ces points d’entrée.

La tension est particulièrement forte avec l’Italie. Rome estime déjà faire face à une pression migratoire importante en Méditerranée et conteste régulièrement les mécanismes qui la désignent comme responsable d’un grand nombre de dossiers. Le gouvernement italien a aussi durci sa ligne à l’égard des navires d’ONG opérant en mer, comme le montre l’immobilisation du navire Sea Watch 5. Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle des arrivées et de fermeté aux frontières.

L’Irlande, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, ajoute une dimension politique à ce bras de fer. Sa position montre que la question migratoire ne concerne plus seulement les pays méditerranéens. Même des États plus éloignés des routes d’arrivée directes veulent limiter les mouvements internes de demandeurs d’asile. Le nouveau pacte européen sur la migration devait justement répondre à ce déséquilibre, mais son application révèle déjà des lignes de fracture.

Pour le Maroc, ce débat européen est loin d’être secondaire. Le Royaume est à la fois pays de départ, de transit et d’installation pour de nombreux migrants africains. Il coopère avec l’Union européenne sur la gestion des frontières, tout en défendant une approche qui combine sécurité, régularisation et intégration. Chaque durcissement européen peut avoir des effets indirects sur les routes migratoires, les politiques de visa, la coopération sécuritaire et la situation des migrants au Maghreb.

La crise migratoire européenne rappelle une réalité souvent oubliée : fermer une porte ne supprime pas les raisons du départ. Pour le Maroc et sa jeunesse, le vrai enjeu est de comprendre que la migration est aussi une question de développement, d’emploi, de dignité et de relations équilibrées entre l’Europe et l’Afrique.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 24 Août 2026