Hier comme aujourd’hui, les ERP promettent de rationaliser l’organisation, d’améliorer la performance et de moderniser la gestion.
Les CRM visent à transformer la relation client. Les outils de business intelligence annoncent une décision plus rationnelle, plus rapide, plus éclairée.
Dans tous les cas, l’expérience montre une réalité constante : sans vision stratégique, sans gouvernance, sans compétences et sans appropriation organisationnelle, ces outils ne produisent ni transformation durable ni gain structurel de performance.
Les LLM s’inscrivent exactement dans cette continuité. La différence tient à l’interface, le langage et à l’effet cognitif qu’elle produit. Parce qu’un modèle de langage « parle », reformule, explique et génère du texte, il donne l’illusion d’une compréhension, voire d’une intention.
Cette illusion est puissante, mais elle reste une illusion. Le modèle ne comprend pas, ne décide pas et ne gouverne rien. Il exécute, à très grande échelle, des calculs statistiques sur des représentations linguistiques.
À ce titre, Mistral est un progiciel cognitif. Il automatise le traitement du langage, comme l’ERP automatise la comptabilité ou la logistique.
Il peut être déployé localement, paramétré, intégré à des systèmes existants, connecté à des bases de données, audité, sécurisé. Il nécessite des architectes, des intégrateurs, des décideurs et des utilisateurs formés.
Et, surtout, il ne produit aucun effet positif en l’absence d’un projet clairement défini.
Dans tous les cas, l’expérience montre une réalité constante : sans vision stratégique, sans gouvernance, sans compétences et sans appropriation organisationnelle, ces outils ne produisent ni transformation durable ni gain structurel de performance.
Les LLM s’inscrivent exactement dans cette continuité. La différence tient à l’interface, le langage et à l’effet cognitif qu’elle produit. Parce qu’un modèle de langage « parle », reformule, explique et génère du texte, il donne l’illusion d’une compréhension, voire d’une intention.
Cette illusion est puissante, mais elle reste une illusion. Le modèle ne comprend pas, ne décide pas et ne gouverne rien. Il exécute, à très grande échelle, des calculs statistiques sur des représentations linguistiques.
À ce titre, Mistral est un progiciel cognitif. Il automatise le traitement du langage, comme l’ERP automatise la comptabilité ou la logistique.
Il peut être déployé localement, paramétré, intégré à des systèmes existants, connecté à des bases de données, audité, sécurisé. Il nécessite des architectes, des intégrateurs, des décideurs et des utilisateurs formés.
Et, surtout, il ne produit aucun effet positif en l’absence d’un projet clairement défini.
C’est ici que la question de la souveraineté mérite d’être posée avec rigueur.
Un LLM européen, maîtrisable techniquement, peut contribuer à réduire certaines dépendances technologiques. Il offre une option, pas une garantie.
La souveraineté ne réside pas dans l’outil, mais dans la capacité collective à définir les usages, à gouverner les données, à former les compétences et à assumer la responsabilité des décisions prises avec l’aide de ces systèmes.
Confondre Mistral avec une stratégie nationale d’intelligence artificielle reviendrait à confondre l’installation d’un ERP avec une réforme de l’État, ou l’achat d’un CRM avec une politique industrielle.
L’histoire du numérique est riche de ces confusions, et le paradoxe de la productivité l’a montré depuis longtemps : l’investissement technologique ne crée de valeur que lorsqu’il est accompagné d’une transformation organisationnelle, culturelle et managériale profonde.
En réalité, l’enjeu des LLM n’est pas technologique, mais systémique. Ils posent des questions de gouvernance, de responsabilité, de délégation cognitive et de compréhension des limites des outils.
Le véritable risque n’est pas que l’IA gouverne les sociétés humaines, mais que des décideurs délèguent des fonctions qu’ils ne comprennent pas, à des systèmes qu’ils idéalisent.
Remettre Mistral à sa juste place, ce n’est pas le dévaluer. C’est au contraire le rendre utile. Un LLM bien gouverné, intégré dans une architecture claire, au service d’objectifs explicites, peut devenir un levier d’efficacité et de structuration. Mais il restera toujours ce qu’il est : un outil.
- Un outil puissant, certes.
- Un outil stratégique, peut-être.
- Mais un outil, et rien d’autre.
Par Dr Az-Eddine Bennani
La souveraineté ne réside pas dans l’outil, mais dans la capacité collective à définir les usages, à gouverner les données, à former les compétences et à assumer la responsabilité des décisions prises avec l’aide de ces systèmes.
Confondre Mistral avec une stratégie nationale d’intelligence artificielle reviendrait à confondre l’installation d’un ERP avec une réforme de l’État, ou l’achat d’un CRM avec une politique industrielle.
L’histoire du numérique est riche de ces confusions, et le paradoxe de la productivité l’a montré depuis longtemps : l’investissement technologique ne crée de valeur que lorsqu’il est accompagné d’une transformation organisationnelle, culturelle et managériale profonde.
En réalité, l’enjeu des LLM n’est pas technologique, mais systémique. Ils posent des questions de gouvernance, de responsabilité, de délégation cognitive et de compréhension des limites des outils.
Le véritable risque n’est pas que l’IA gouverne les sociétés humaines, mais que des décideurs délèguent des fonctions qu’ils ne comprennent pas, à des systèmes qu’ils idéalisent.
Remettre Mistral à sa juste place, ce n’est pas le dévaluer. C’est au contraire le rendre utile. Un LLM bien gouverné, intégré dans une architecture claire, au service d’objectifs explicites, peut devenir un levier d’efficacité et de structuration. Mais il restera toujours ce qu’il est : un outil.
- Un outil puissant, certes.
- Un outil stratégique, peut-être.
- Mais un outil, et rien d’autre.
Par Dr Az-Eddine Bennani