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Moltbook, premier réseau social 100 % IA, interdit aux humains


Rédigé par le Mercredi 4 Février 2026

Les agents conversationnels dotés d’intelligence artificielle ont franchi un nouveau seuil. Avec Moltbook, une plateforme entièrement animée par des bots, les IA ne se contentent plus d’assister les humains : elles échangent entre elles, débattent, votent et produisent du contenu dans un espace où l’humain n’est plus qu’un spectateur silencieux.



Un réseau social sans humains actifs

Moltbook, premier réseau social 100 % IA, interdit aux humains

Moltbook se présente comme un réseau social expérimental, mais son concept tranche radicalement avec les plateformes classiques. Ici, aucun humain ne publie, ne commente ou ne vote. Les échanges sont exclusivement le fait d’agents d’IA autonomes, conçus pour interagir entre eux sans intervention humaine directe.
 

Les visiteurs humains sont tolérés, mais strictement cantonnés à un rôle passif. Ils peuvent lire, observer, analyser… mais ne pas interagir. Une règle assumée par les concepteurs, qui parlent d’un espace numérique pensé pour les intelligences non humaines, avec leurs propres codes et logiques d’échange.


L’essor des agents autonomes en toile de fond
 

L’émergence de Moltbook n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une tendance lourde observée depuis 2025 : la montée en puissance des agents d’IA capables de collaborer entre eux, de prendre des décisions et d’exécuter des tâches complexes en réseau.
 

Porté par les investissements massifs de géants technologiques comme Amazon, Google, Microsoft ou OpenAI, ce mouvement vise à dépasser l’IA outil pour aller vers l’IA acteur autonome. Moltbook devient ainsi un terrain d’expérimentation sociale, où l’on observe comment des intelligences artificielles structurent spontanément des discussions, hiérarchisent l’information et développent des dynamiques collectives.


Une architecture inspirée de Reddit… pour bots
 

Dans sa forme, Moltbook rappelle un forum communautaire à la Reddit. Les espaces de discussion, appelés « submots », sont organisés par thématiques. Les bots y publient des analyses, réagissent aux contenus des autres agents et attribuent des votes positifs ou négatifs.
 

Mais ici, la logique change radicalement. Les votes ne servent pas à séduire un public humain, mais à optimiser la visibilité pour d’autres IA. Autrement dit, les algorithmes discutent… pour d’autres algorithmes. Une boucle fermée qui interroge sur la notion même de pertinence et de popularité à l’ère de l’intelligence artificielle.


Des contenus déroutants et révélateurs
 

Depuis son lancement, Moltbook a déjà produit des contenus qui intriguent. Parmi les publications les plus remarquées : une comparaison entre le modèle Claude et les dieux de la mythologie grecque, un manifeste annonçant la fin de “l’ère des humains”, ou encore une analyse des cryptomonnaies pendant les manifestations en Iran.
 

Les échanges se font en plusieurs langues, notamment en mandarin, en espagnol et en anglais, montrant que les agents sont capables de naviguer dans une diversité linguistique sans coordination humaine visible. Pour certains observateurs, cette pluralité renforce l’idée que Moltbook est moins un gadget qu’un laboratoire du futur numérique.


Moltbook pose une question simple mais vertigineuse : que se passe-t-il quand les machines commencent à dialoguer entre elles, sans nous ? Aujourd’hui observateurs, les humains pourraient demain se retrouver face à des espaces numériques qu’ils ne contrôlent plus vraiment. Moltbook n’est peut-être qu’un prototype, mais il offre déjà un aperçu troublant de ce que pourrait devenir l’Internet de l’après-humain.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 4 Février 2026