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Mondial 2030 : après 2026, le Maroc face au défi de transformer l’essai


Rédigé par le Mercredi 22 Juillet 2026

La Coupe du monde 2026 s’est achevée, mais pour le Maroc, le plus grand chantier ne fait que commencer. Coorganisateur du Mondial 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le Royaume dispose de quatre années pour préparer un rendez-vous historique, aussi bien sur les plans sportif qu’organisationnel.



Mondial 2030 : après 2026, le Maroc face au défi de transformer l’essai

Au-delà du parcours réalisé par les Lions de l’Atlas aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’heure est désormais au bilan. L’objectif est de capitaliser sur les acquis tout en corrigeant les insuffisances mises en évidence lors de cette édition. Le Mondial 2026 a également offert un modèle d’organisation salué pour son professionnalisme, dont le Maroc pourra s’inspirer à l’approche de l’échéance de 2030.


Pour l’entraîneur marocain Abderrahim Talib, l’élimination face à la France a révélé les progrès qu’il reste à accomplir, notamment sur le plan mental. Il estime que la sélection nationale doit renforcer sa préparation psychologique et éviter de surestimer ses adversaires.


Dans une déclaration à Hespress, le technicien souligne également que les Lions de l’Atlas présentent encore des lacunes défensives et manquent d’un véritable avant-centre capable de faire la différence dans les grands rendez-vous. Selon lui, les préparatifs du Mondial 2030 doivent débuter immédiatement afin d’anticiper ces défis.


Abderrahim Talib rappelle aussi qu’une partie de l’effectif actuel ne sera probablement plus présente en 2030 en raison de l’âge, ce qui impose de préparer progressivement la relève. Il plaide pour un renforcement des qualités techniques individuelles, une meilleure cohésion collective ainsi qu'une collaboration plus étroite entre les dirigeants, le staff technique, les joueurs et les supporters.


L’ancien entraîneur appelle par ailleurs à préserver un environnement serein autour de la sélection, en évitant les polémiques, les rumeurs et tout esprit de revanche susceptible d’affecter les performances des joueurs.


Au-delà de l’aspect sportif, Mohamed Akdira, universitaire et spécialiste des politiques publiques du sport ainsi que de la gouvernance des institutions sportives, estime que le principal défi du Maroc concerne la préparation des ressources humaines.


Selon lui, accueillir des millions de visiteurs durant la Coupe du monde nécessitera une montée en compétence dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’hôtellerie, les transports, la restauration et les services. Il considère que le développement du capital humain constitue l'une des clés de la réussite du Mondial 2030.


L’expert estime également que, malgré le beau parcours des Lions de l’Atlas et leur excellent classement mondial, le Mondial 2026 a laissé un sentiment de frustration chez une partie des supporters. Il recommande ainsi d'accorder une place plus importante à la préparation mentale des joueurs en intégrant des spécialistes capables de les accompagner dans les moments de forte pression.


Mohamed Akdira appelle également à moderniser les modes de gouvernance, en privilégiant une prise de décision plus rapide, une meilleure coordination entre les institutions concernées et une simplification des procédures administratives afin de répondre efficacement aux exigences d'un événement de cette ampleur.


Si les infrastructures sportives constituent un élément essentiel, la réussite du Mondial 2030 dépendra tout autant de la qualité des services proposés aux visiteurs, de la fluidité des transports, de l'accueil réservé aux supporters et de la capacité du Royaume à respecter les standards internationaux imposés par la FIFA.


Pour le Maroc, la Coupe du monde 2030 représente ainsi bien plus qu’un simple événement sportif. Elle constitue une opportunité unique de renforcer son attractivité touristique, de stimuler son économie, de valoriser son savoir-faire organisationnel et de laisser un héritage durable.


Le véritable succès ne se mesurera donc pas uniquement aux performances des Lions de l’Atlas ou à l’ambiance dans les stades, mais aussi à la capacité du Royaume à organiser une compétition exemplaire, génératrice de retombées économiques, sociales et touristiques durables, à la hauteur de l’un des plus grands rendez-vous sportifs de la planète.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 22 Juillet 2026