D’après le journal, ces discussions auraient impliqué Luis Rubiales, alors président de la Fédération royale espagnole de football, et Karima Benyaich, ambassadrice du Maroc en Espagne. Leur correspondance ferait état d’échanges précoces sur une éventuelle candidature tripartite, à une époque où le projet était encore présenté publiquement comme une initiative limitée à l’Espagne et au Portugal.
Les documents évoqués par El País laisseraient apparaître les prémices d’une coopération entre les trois pays, témoignant d’un processus de concertation diplomatique et sportive engagé plusieurs années avant l’annonce officielle de l’intégration du Maroc au dossier.
Le quotidien espagnol affirme également qu’en juillet 2018, Luis Rubiales avait informé le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, de l’existence de discussions menées en toute discrétion autour d’une candidature réunissant l’Espagne, le Portugal et le Maroc. L’ancien dirigeant aurait sollicité le soutien de l’exécutif espagnol, présentant ce projet comme une véritable « affaire d’État » aux enjeux dépassant le cadre sportif.
Selon El País, Pedro Sánchez aurait donné son feu vert à cette initiative, permettant au gouvernement espagnol
de prendre le relais sur le plan diplomatique afin d’accompagner les discussions avec les partenaires concernés.
Une première étape publique devait intervenir en novembre 2018 avec l’annonce d’une invitation adressée au Maroc pour rejoindre la candidature ibérique. Toutefois, le projet ne prendra officiellement sa forme tripartite qu’en mars 2023, lorsque Rabat annoncera son adhésion au dossier aux côtés de Madrid et de Lisbonne.
À la lumière des documents révélés par El País, cette annonce apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un travail de concertation entamé plusieurs années auparavant, bien avant les communications officielles autour de la candidature commune au Mondial 2030.