La FIFA temporise
La bataille pour accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 reste ouverte. Alors que le Maroc, l’Espagne et le Portugal préparent conjointement le tournoi, la FIFA a rappelé, vendredi 11 septembre, qu’aucune décision n’avait encore été prise concernant le stade de la finale.
Cette mise au point intervient après les déclarations de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et membre du Conseil de la FIFA. Lors d’un rassemblement politique à Bouznika, le responsable avait affirmé que la finale se déroulerait dans la province de Benslimane.
Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la FIFA a rappelé que la position de l’instance restait inchangée depuis son communiqué du 5 août 2026 : « Une décision sera prise par la FIFA en temps voulu. »
Benslimane contre Madrid
Au cœur des ambitions marocaines figure le futur stade Hassan II de Benslimane, dont la capacité projetée avoisinerait les 115.000 places. Une enceinte appelée à devenir l’un des principaux arguments du Royaume face à l’Espagne.
À Madrid, le Santiago Bernabéu reste le candidat privilégié. Récemment rénové, le stade du Real Madrid dispose d’un poids historique et symbolique considérable dans le football mondial.
Les déclarations de Fouzi Lekjaa ont pris une dimension particulière en raison de leur contexte. Également membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM), il s’exprimait dans le cadre de la campagne électorale lorsqu’il avait assuré que Benslimane accueillerait la finale du Mondial « que cela plaise ou non à certains ».
L’Espagne ne renonce pas
De son côté, la Fédération royale espagnole de football (RFEF) entend maintenir la candidature espagnole. Son président, Rafael Louzán, a rejeté toute idée d’un retrait de l’Espagne de la course à la finale.
Dans un entretien accordé à l’émission El Partidazo de COPE, il a rappelé que la candidature reposait sur des accords officiels entre les trois pays organisateurs, leurs gouvernements et les instances sportives. Selon lui, l’Espagne dispose des infrastructures et des capacités organisationnelles nécessaires pour accueillir le match décisif.
La presse espagnole souligne par ailleurs que la compétition pour la finale se joue largement dans les négociations en coulisses. L’analyste sportif Elías Israel estime notamment que le Maroc aborde actuellement le dossier avec une organisation structurée et dispose d’atouts importants dans cette phase.
Akhannouch appelle à la prudence
Au Maroc, les déclarations de Fouzi Lekjaa ont également suscité des réactions au sein de la majorité. Aziz Akhannouch avait déjà appelé à davantage de prudence lors d’un meeting organisé dans la province de Médiouna.
Le chef du gouvernement avait insisté sur la nécessité de respecter les partenaires espagnol et portugais et d’éviter d’anticiper les décisions relevant de la gouvernance du projet commun.
Akhannouch avait également mis en garde contre l’utilisation électorale des grands projets nationaux, rappelant que la construction du stade Hassan II de Benslimane relève d’une décision royale et que son financement est assuré par les ressources de l’État.
Mourinho choisit Madrid
Le débat dépasse désormais les seules sphères institutionnelles. José Mourinho, entraîneur du Real Madrid, a publiquement affiché sa préférence pour une finale au Santiago Bernabéu.
Le technicien portugais a expliqué que, même s’il aurait aimé voir Lisbonne accueillir l’événement, l’enceinte madrilène réunissait selon lui les dimensions historique, symbolique et sportive nécessaires pour une finale de Coupe du monde.
Selon les informations relayées par les médias espagnols, la configuration actuelle du dossier prévoit neuf sites en Espagne, six au Maroc et trois au Portugal. Les prochaines réunions de la FIFA et les visites techniques prévues dans le cadre du suivi de la candidature commune devraient permettre de préciser davantage l’organisation du tournoi.
Une chose est désormais claire : ni le Maroc ni l’Espagne ne semble prêt à céder dans la bataille pour la finale.