Une politique encadrée par les orientations royales
Intervenant lors de la séance des questions orales, Ahmed Taoufiq a assuré que l’action de son département s’inscrit strictement dans les Hautes Instructions de l’Amir Al-Mouminine. L’objectif affiché est clair : préserver les constantes religieuses et nationales, tout en protégeant les citoyens contre les risques liés à la dégradation de certains édifices. Le ministre a insisté sur l’attachement profond des Marocains, au pays comme à l’étranger, à leur modèle religieux, malgré les tentations et les perturbations observées dans certains contextes internationaux.
Selon lui, le ministère agit avec méthode et continuité, en tenant compte des contraintes sécuritaires, sociales et financières. Les décisions prises, notamment en matière de fermeture temporaire de mosquées, ne relèvent pas de l’arbitraire mais d’expertises techniques rigoureuses visant la sécurité des fidèles.
Des chiffres qui traduisent l’ampleur du chantier
Le programme de réhabilitation lancé en 2010 a permis de rouvrir progressivement des centaines de mosquées fermées pour raisons de danger. Aujourd’hui encore, 553 édifices sont en cours de travaux, pour un budget dépassant le milliard de dirhams. À cela s’ajoutent 176 mosquées en phase d’étude et près de 1.458 toujours fermées, nécessitant à elles seules près de deux milliards de dirhams supplémentaires.
Chaque année, environ 230 mosquées sont fermées après des opérations de contrôle périodique. Le ministre l’a martelé : « nous ne fermons pas une mosquée par choix, mais parce qu’un danger réel est constaté ». Un message destiné à calmer les critiques et à rappeler la priorité accordée à la protection des vies.
Accompagner les Marocains du monde
Ahmed Taoufiq a également longuement évoqué la situation des Marocains résidant à l’étranger. Le ministère multiplie les actions pour maintenir le lien religieux et culturel, malgré les obstacles liés aux visas et aux déplacements. Des missions religieuses qualifiées sont envoyées, la coordination avec les ambassades renforcée, et les associations gestionnaires de mosquées soutenues. Nouveauté mise en avant : un programme religieux diffusé quotidiennement sur Internet, pendant au moins trois heures, pour répondre aux besoins spirituels de la diaspora. Une solution jugée pragmatique dans un contexte international parfois contraignant.
Énergie, rationalisation et mosquées plus durables
Autre axe stratégique : la maîtrise de la consommation énergétique. Depuis 2010, un programme spécifique vise à réduire les dépenses d’eau et d’électricité dans les mosquées. À l’horizon 2025, 139 millions de dirhams ont été investis, avec des résultats concrets. Certaines mosquées ont enregistré des baisses de consommation allant jusqu’à 65 %. Le ministère mise sur une généralisation progressive de ces dispositifs, en fonction des moyens disponibles, pour alléger les charges et améliorer la gestion à long terme.
Derniers réglages avant Ramadan
À l’approche du mois sacré, les préparatifs s’intensifient. Maintenance des édifices, équipement de 900 mosquées en tapis, installation de systèmes de sonorisation, nettoyage massif des espaces de prière : tout est mis en œuvre pour garantir un climat de sérénité. Des services de gardiennage et de nettoyage ont également été délégués à 280 mosquées, pour un coût dépassant 40 millions de dirhams.