Moussem d’Assilah : un policier marocain sacré au Prix Buland Al-Haidari de poésie


Rédigé par le Mercredi 21 Octobre 2026

Le poète marocain Boubker Lemliti, également fonctionnaire de police à Mohammedia, a remporté le 8e Prix Buland Al-Haidari des jeunes poètes arabes, ex aequo avec l’Irakien Zain El Abidine Al-Murchidi. Une distinction décernée lors de la 47e édition du Moussem culturel international d’Assilah, qui met à l’honneur deux talents de la nouvelle génération littéraire arabe.



La ville d’Assilah a une nouvelle fois célébré la poésie arabe contemporaine. Le 17 octobre 2026, au Centre Hassan II des rencontres internationales, la session automnale du 47e Moussem culturel international d’Assilah a été marquée par l’annonce des lauréats de la huitième édition du Prix Buland Al-Haidari.

Attribuée tous les trois ans par la Fondation du Forum d’Assilah, cette récompense a été décernée conjointement au Marocain Boubker Lemliti et à l’Irakien Zain El Abidine Al-Murchidi.

Créé en 1996 en hommage au poète irakien Buland Al-Haidari, étroitement associé à l'histoire du Moussem d’Assilah, ce prix vise à encourager les jeunes auteurs arabes et à accompagner l’émergence de nouvelles expressions poétiques.

Boubker Lemliti, entre uniforme de police et passion pour la poésie

Parmi les deux lauréats, le parcours du Marocain Boubker Lemliti retient particulièrement l’attention. Né en 1997 à Safi, ce diplômé en littérature arabe exerce comme fonctionnaire de police au sein du district provincial de la Sûreté nationale de Mohammedia.

Une double vocation qui illustre la possibilité de concilier les exigences d’un métier au service de la sécurité publique avec une activité littéraire exigeante.

Mais Boubker Lemliti n’en est pas à sa première reconnaissance. En 2019, il avait déjà remporté le Prix du « Premier recueil » destiné aux jeunes poètes, organisé par Dar Ach-Chi’r à Tétouan.

Depuis, il a publié deux recueils de poésie : « Dans tes yeux se trouvent aussi les cafés », paru en 2021 chez Dar Ach-Chi’r à Tétouan, puis « Perte en mini-jupe et bas longs », publié en 2024 par Bayt Ach-Chi’r au Maroc.

À travers ses textes, le jeune auteur explore les détails ordinaires de la vie, les émotions et les scènes du quotidien. Son écriture se distingue par une langue accessible, épurée et éloignée des constructions rhétoriques excessives.

Présidé par le poète et écrivain Yassin Adnan, le jury a notamment salué la maturité de son projet poétique et la précision de son expression littéraire.

Cette distinction constitue également une reconnaissance pour les talents artistiques présents au sein de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), en mettant en lumière un fonctionnaire dont le parcours dépasse le cadre de ses responsabilités professionnelles.

Un poète irakien également récompensé

Le Prix Buland Al-Haidari a également distingué l’Irakien Zain El Abidine Al-Murchidi pour son recueil « L’Enfant des bergers ».

Le jeune poète s’est démarqué par une écriture associant héritage poétique classique et sensibilité contemporaine. Son œuvre mobilise notamment l’ironie et les ruptures de ton pour questionner les réalités du monde actuel.

Pour cette huitième édition, le jury, composé de personnalités littéraires et de critiques originaires du Maroc, de Tunisie, d’Égypte, d’Irak et du Liban, a examiné les œuvres de quinze poètes et poétesses issus de plusieurs pays arabes.

Le choix de deux lauréats reflète ainsi la diversité des sensibilités et des approches qui traversent la nouvelle génération de poètes arabes.

Assilah, un rendez-vous qui continue de soutenir les jeunes talents

Au-delà de la consécration individuelle des deux auteurs, cette édition confirme la place du Moussem culturel international d’Assilah comme espace de rencontre, de dialogue et de promotion de la création littéraire.

En valorisant des écrivains émergents, le Prix Buland Al-Haidari contribue à faire connaître des voix qui renouvellent la poésie arabe tout en maintenant le lien avec son héritage culturel.

Pour Boubker Lemliti, cette récompense représente une nouvelle étape dans un parcours où l’uniforme de policier et la plume de poète coexistent, rappelant que la création littéraire peut aussi s’épanouir en dehors des milieux artistiques traditionnels.




Mercredi 21 Octobre 2026
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