D’emblée, la réflexion s’articule autour d’un impératif majeur : construire un « Maroc à une seule vitesse ».
Derrière cette ambition se joue la capacité de l’État à corriger durablement les déséquilibres territoriaux, à renforcer la cohésion nationale et à garantir une croissance équitable.
À cela s’ajoute un chantier structurant, celui de la mise en œuvre concrète du modèle d’autonomie, qui requiert une mobilisation fine des leviers institutionnels et une gouvernance territoriale renouvelée.
Mais ces dynamiques internes ne peuvent être dissociées d’un environnement mondial instable, marqué par une recomposition des rapports de force et une montée des incertitudes géopolitiques.
Dans ce contexte, l’action publique est appelée à changer de nature : elle ne peut plus être uniquement gestionnaire, elle doit devenir stratégique, anticipatrice et orientée vers la performance.
Pour Nizar Baraka, certains secteurs incarnent cette mutation avec une acuité particulière.
Les infrastructures, les ressources en eau et l’ingénierie publique constituent aujourd’hui des piliers de la souveraineté nationale.
Leur pilotage place le ministère au cœur de trois défis structurants : un défi technique, lié à la complexité croissante des projets ; un défi de continuité, garant de la stabilité des politiques publiques ; et un défi de souveraineté, dans un monde où la dépendance technologique peut rapidement devenir un facteur de vulnérabilité.
C’est précisément sur ce dernier point que se cristallise l’une des idées fortes de cette intervention : la souveraineté technologique comme condition de l’autonomie stratégique.
Celle-ci repose sur la maîtrise du savoir, le renforcement de la recherche scientifique et le développement de compétences nationales capables de produire des solutions adaptées aux réalités du pays.
L’enjeu n’est pas seulement de suivre les innovations, mais de les concevoir et de les maîtriser.
Dans cette optique, la convergence entre formation, recherche et application apparaît comme un levier décisif.
Les modèles intégrés, à l’image des pôles technologiques, permettent de transformer la connaissance en solutions concrètes, tout en renforçant la résilience dans des secteurs critiques comme celui de l’eau.
Ils contribuent également à une meilleure coordination des acteurs et à une gouvernance plus efficace.
Enfin, deux conditions transversales émergent comme déterminantes pour réussir cette transformation. D’une part, l’accès à l’information et à la donnée, qui constitue le socle d’une décision publique éclairée.
D’autre part, l’investissement dans le capital humain, véritable moteur de l’innovation et de la performance administrative.
À travers cette intervention, Nizar Baraka esquisse les contours d’une action publique renouvelée, fondée sur un triptyque clair : souveraineté, efficacité et valorisation des compétences.
Une vision qui, au-delà du discours, appelle à une refondation en profondeur des pratiques et des priorités, pour inscrire durablement le Maroc dans une trajectoire de développement maîtrisé et résilient.
Par Said Temsamani.
