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Nouvelle grille tarifaire verte au Maroc

Vers une transition énergétique plus attractive et équilibrée.


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mercredi 25 Février 2026

Au Maroc, le paysage énergétique amorce une transformation significative. L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a dévoilé de nouvelles dispositions tarifaires destinées à encourager la production et l’injection d’électricité verte dans le réseau national, tout en tenant compte des contraintes économiques et du rôle des différents acteurs.

Ces mesures, applicables du 1ᵉʳ mars 2026 au 28 février 2027, visent à renforcer la confiance des investisseurs privés et autoproducteurs, tout en soutenant l’ambition nationale de transition vers des sources d’énergie décarbonées.



Un cadre tarifaire revisité pour l’électricité verte

Nouvelle grille tarifaire verte au Maroc

Dans une récente réunion, le Conseil de l’ANRE a fixé un nouveau tarif de rachat de l’énergie excédentaire produite par les installations électriques basées sur les lois relatives aux énergies renouvelables et à l’autoproduction.

Cette décision intervient dans un contexte où les producteurs privés ont exprimé le besoin d’une meilleure visibilité économique pour rentabiliser leurs investissements dans des installations renouvelables.

Jusqu’ici, l’incertitude tarifaire freinait parfois la montée en puissance de ces projets verts.

Le mécanisme adopté repose sur une tarification différenciée selon les heures de consommation :
 

  • 21 centimes de dirhams par kilowattheure en heures de pointe ;

  • 18 centimes en heures creuses.
    Cette distinction vise à favoriser l’injection d’électricité lorsque la demande est la plus élevée, ce qui contribue à une meilleure gestion de la charge électrique nationale et à une plus grande stabilité du réseau.
     

Ce tarif s’applique déjà aux réseaux de haute, très haute et moyenne tension, tandis que les conditions tarifaires pour la basse tension feront l’objet d’une décision ultérieure, notamment en raison de la diversité des acteurs et de la complexité des réseaux concernés. 


Une période de régulation volontairement courte

L’ANRE a opté pour une période de régulation d’une durée d’un an.

L’objectif est de permettre une évaluation rigoureuse des effets de cette nouvelle tarification sur le terrain.

Cette étape d’observation est cruciale afin de mesurer l’impact du mécanisme sur les décisions d’investissement des producteurs, l’équilibre financier du secteur, ainsi que sur l’intégration des énergies renouvelables au système énergétique national.

À l’issue de cette période, des réajustements pourront être envisagés pour mieux répondre à l’évolution du marché, aux contraintes techniques et aux impératifs économiques.

Cette approche graduelle permet d’éviter des ajustements trop abrupts qui pourraient déséquilibrer le secteur. 


Équilibrer rentabilité et stabilité

L’un des enjeux majeurs pour l’ANRE est de trouver un juste équilibre entre attractivité des investissements verts et soutenabilité financière du système électrique national. Un tarif de rachat trop faible risquerait de décourager les producteurs privés, ralentissant ainsi la dynamique de la transition énergétique.

En revanche, un tarif trop élevé pourrait peser sur les finances de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) – et ultimement sur les consommateurs.

Les tarifs adoptés reflètent un compromis visant à encourager les acteurs tout en préservant la viabilité économique du réseau.

L’approche horaire de la tarification devrait également mieux aligner l’offre avec les moments de forte demande, optimisant ainsi l’utilisation des capacités existantes sans compromettre la stabilité du système. 


Ajustements des coûts d’utilisation du réseau

Outre le tarif de rachat de l’électricité verte, l’ANRE a procédé à une mise à jour des tarifs d’utilisation du réseau électrique national. À compter du 1ᵉʳ mars 2026 :
 

  • le tarif d’utilisation du réseau de transport (TURT) est fixé à 6,85 centimes/kWh,

  • le tarif pour les réseaux de moyenne tension (TURD) s’établit à 6,07 centimes/kWh,

  • et la rémunération des services système (TSS) à 6,81 centimes/kWh.
     

Ces ajustements tiennent compte des coûts réels d’acheminement et de gestion du réseau, offrant ainsi aux acteurs sectoriels une meilleure visibilité sur les charges associées à la production et à la distribution d’électricité. 


Vers une contribution des autoproducteurs aux coûts du réseau

Un volet important à venir concerne la contribution des autoproducteurs aux services de distribution, telle que prévue par la loi n° 82-21.

L’ANRE souhaite éviter que les producteurs qui consomment leur propre énergie ne se soustraient totalement aux coûts fixes du réseau, qui seraient alors supportés par d’autres consommateurs.

L’application de cette contribution fera prochainement l’objet de discussions avec les parties prenantes pour trouver un cadre d’équité et d’efficacité. 


Un tournant crucial pour l’énergie au Maroc

Les décisions prises dans les prochains mois seront déterminantes pour structurer le marché de l’électricité et renforcer l’essor des énergies renouvelables au Maroc.

Grâce à ces nouvelles mesures, le pays entend offrir une meilleure attractivité pour les investissements verts, tout en assurant une gestion plus intelligente et équilibrée du réseau national.





Mercredi 25 Février 2026