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Nucléaire civil : Aziz Akhannouch défend son intégration dans le mix énergétique du Maroc


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 11 Mars 2026

Représentant Sa Majesté le Roi Mohammed VI au deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a réaffirmé la position du Royaume : l’intégration progressive et responsable du nucléaire civil dans le mix énergétique marocain constitue une évolution naturelle de la stratégie énergétique nationale, engagée depuis 2009.



Nucléaire civil : Aziz Akhannouch défend son intégration dans le mix énergétique du Maroc

Devant un parterre de chefs d’État, de responsables d’organisations internationales et d’experts du secteur énergétique, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a livré, mardi à Paris, un message clair sur la vision du Maroc en matière d’énergie. Pour Rabat, l’intégration progressive du nucléaire civil dans le mix énergétique national représente un prolongement logique de la stratégie énergétique engagée depuis plus d’une décennie.
 

Intervenant à l’ouverture du deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire, Aziz Akhannouch, qui représente Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a souligné que le Royaume dispose déjà d’un socle scientifique et institutionnel solide dans ce domaine. Une base qui permet d’aborder la question du nucléaire civil avec prudence, mais aussi avec une vision stratégique à long terme.
 

Le Chef du gouvernement a rappelé que le Maroc a lancé dès 2009, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, une stratégie énergétique intégrée structurée autour de trois piliers majeurs : la diversification du mix énergétique, le développement massif des énergies renouvelables et le renforcement de la sécurité énergétique nationale.
 

Cette orientation commence à produire des résultats tangibles. À fin 2025, les énergies renouvelables représentent plus de 46 % des capacités installées du système électrique marocain. L’objectif fixé par le Royaume est d’atteindre 52 % avant 2030, confirmant la volonté du Maroc d’accélérer sa transition vers une production d’électricité bas carbone.
 

Dans ce contexte, la réflexion autour du nucléaire civil s’inscrit dans une logique de diversification énergétique. Selon Aziz Akhannouch, cette technologie ne se limite pas à la production d’électricité. Elle ouvre également des perspectives dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la production d’hydrogène vert, le dessalement de l’eau de mer, la médecine nucléaire ou encore certaines applications liées à la sécurité alimentaire.
 

Le Chef du gouvernement a également évoqué un atout stratégique du Royaume : les gisements phosphatiers du Maroc contiennent des quantités significatives d’uranium naturel. Sans constituer à ce stade un projet d’exploitation industrielle, cette réalité confère néanmoins au Maroc une dimension supplémentaire dans les discussions internationales autour du nucléaire civil.
 

Dans son intervention, Aziz Akhannouch a toutefois insisté sur un principe fondamental : le développement du nucléaire civil doit s’inscrire dans un cadre strict de coopération internationale et de respect des engagements liés au désarmement et à la non-prolifération nucléaire. Le Maroc est en effet partie à l’ensemble des instruments internationaux relatifs à ces engagements.
 

Le Royaume met également en avant sa coopération avec plusieurs pays africains dans ce domaine. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le Maroc contribue au renforcement des capacités scientifiques et réglementaires liées aux technologies nucléaires civiles.
 

Cette prise de position intervient dans un contexte mondial marqué par l’accélération du changement climatique, la hausse de la demande mondiale en énergie et les vulnérabilités persistantes des chaînes d’approvisionnement énergétiques. Pour de nombreux pays, la stabilité énergétique est désormais devenue un enjeu stratégique majeur.
 

Aziz Akhannouch a d’ailleurs rappelé que les solutions bas carbone occupent une place croissante dans les stratégies énergétiques mondiales. La COP28 a notamment reconnu le rôle que peuvent jouer certaines technologies, dont l’énergie nucléaire, dans la réalisation des objectifs climatiques visant la neutralité carbone à l’horizon 2050.
 

Organisé à l’initiative du président français Emmanuel Macron en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, le deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire réunit dirigeants politiques, institutions financières, industriels et experts afin d’examiner le rôle du nucléaire civil face aux défis énergétiques et climatiques.
 

Pour le Maroc, la participation à ce sommet s’inscrit dans une ambition plus large : consolider sa sécurité énergétique tout en poursuivant sa transition vers une économie bas carbone. Une trajectoire qui repose sur la diversification des sources d’énergie, l’innovation technologique et le renforcement de la coopération internationale.





Mercredi 11 Mars 2026