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Œuvres d’art : le Maroc lance ander.ma pour renforcer la traçabilité et lutter contre la contrefaçon

Une base numérique alimentée par les artistes peut-elle améliorer la confiance dans le marché marocain de l’art ?


Rédigé par le Jeudi 8 Octobre 2026

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la numérisation de son secteur culturel. Le Département de la Culture a annoncé le lancement d’ander.ma, une plateforme destinée à documenter les œuvres artistiques, faciliter leur traçabilité et contribuer à la lutte contre la contrefaçon. Le dispositif repose notamment sur les archives et informations fournies par les artistes eux-mêmes. Cette initiative répond à un enjeu majeur pour les créateurs, galeries et collectionneurs : mieux établir l’historique d’une œuvre, tout en évitant de confondre documentation numérique et preuve définitive d’authenticité.



​Une nouvelle plateforme pour documenter les créations

Œuvres d’art : le Maroc lance ander.ma pour renforcer la traçabilité et lutter contre la contrefaçon
Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, à travers son Département de la Culture, a annoncé le lancement de la plateforme ander.ma

Selon le communiqué officiel relayé le 6 octobre, son objectif est de renforcer la documentation, la traçabilité et la vérification des œuvres artistiques.

Le dispositif concerne notamment les arts plastiques et visuels.
Il prévoit la possibilité de référencer différents types de créations : tableaux, sculptures, installations et œuvres numériques.

Son fonctionnement repose sur plusieurs catégories d’informations.

Les artistes peuvent contribuer au catalogage visuel de leurs productions grâce au dépôt de photographies.

Ils peuvent également associer à leurs œuvres des documents retraçant leur parcours : catalogues d’exposition, invitations, affiches ou articles de presse.

L’ensemble doit permettre la constitution progressive d’une base documentaire exploitable lors de vérifications.

Cette approche est particulièrement intéressante dans un marché où l’histoire d’une œuvre peut être déterminante pour son identification et sa valorisation.

​Pourquoi la traçabilité constitue un enjeu majeur

L’authenticité d’une œuvre ne repose pas uniquement sur son apparence.
Son origine, ses propriétaires successifs, ses expositions, sa documentation et les éléments permettant d’identifier son auteur peuvent jouer un rôle important dans son évaluation.

Dans le secteur artistique, cette chaîne documentaire est souvent désignée par la notion de provenance.

Plus elle est précise et cohérente, plus elle peut faciliter les vérifications.

À l’inverse, une documentation lacunaire rend l’expertise plus complexe.

La plateforme ander.ma ambitionne de contribuer à la constitution d’une mémoire documentaire des créations, en rapprochant les œuvres des références fournies par leurs auteurs.

Pour les artistes, cela peut offrir un moyen supplémentaire de conserver la trace de leur production.

Pour les galeries et les professionnels du marché, une telle base peut faciliter certaines recherches préalables à une vente ou à une exposition.

Pour les héritiers, elle peut également présenter un intérêt lors de la gestion d’un patrimoine artistique.

​Un instrument de vérification, pas une certification automatique

La principale précaution concerne le niveau de garantie apporté par le système.

Le ministère précise que la plateforme est un outil de prévention et d’aide à la vérification.

Elle ne se substitue pas aux expertises scientifiques, techniques ou juridiques qui peuvent être nécessaires pour établir l’authenticité d’une création.

Cette distinction doit rester centrale dans toute présentation journalistique du dispositif.

L’enregistrement d’une œuvre dans une base documentaire ne suffit pas à démontrer de manière incontestable son authenticité.

Les informations déposées peuvent nécessiter des recoupements, notamment en présence de contestations ou d’archives contradictoires.

Le ministère évoque également un mécanisme d’alerte permettant de signaler les œuvres suspectes, falsifiées ou contrefaites.

Ces signalements pourront déclencher un réexamen fondé sur les documents disponibles.

Mais un signalement ne constitue pas en lui-même une décision judiciaire, pas plus qu’une suspicion ne permet de qualifier automatiquement une œuvre de contrefaçon.

​Une démarche issue de travaux institutionnels

Le lancement d’ander.ma ne constitue pas une initiative isolée.

Selon le communiqué ministériel, il fait suite à des sessions de travail tenues en 2024 et 2025, avec la participation de plusieurs institutions publiques et acteurs du secteur artistique.

Parmi les organismes associés à cette réflexion figurent notamment le Ministère Public, la Fondation nationale des musées et des institutions intervenant dans les domaines de la justice et de la protection des créations.

Cette dimension institutionnelle traduit la complexité du sujet.

La lutte contre la contrefaçon touche au droit d’auteur, à la propriété des œuvres, à la responsabilité des vendeurs et à l’expertise artistique.

Une plateforme numérique peut contribuer à améliorer la circulation des informations, mais son efficacité dépendra également des procédures encadrant leur utilisation.

La protection des données personnelles et la gouvernance de la base constitueront d’autres enjeux importants à documenter.

Comment mesurer l’efficacité du dispositif ?

La prochaine étape consistera à évaluer l’adoption effective d’ander.ma

Plusieurs indicateurs pourraient être suivis : nombre d’artistes inscrits, volume d’œuvres référencées, qualité des archives déposées et fréquence d’utilisation par les professionnels.

Il conviendra également de vérifier les modalités de traitement des alertes, les conditions d’accès aux données et les responsabilités des différents intervenants.

Le ministère indique que la base est conçue pour évoluer avec les contributions des artistes.

Son utilité dépendra donc de la richesse et de la fiabilité des informations recueillies.

Pour le marché marocain de l’art, l’enjeu est de construire progressivement une infrastructure de confiance.

Le lancement constitue une première étape documentée. Les résultats concrets du dispositif devront être appréciés dans la durée.




Jeudi 8 Octobre 2026