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Omar Seghrouchni : “La confiance numérique commence par les données”


Rédigé par le Samedi 20 Juin 2026



À Merzouga, lors de la première édition du Rally IA Future Lab, Omar Seghrouchni, président de la CNDP, a livré un message central : sans protection des données personnelles, il ne peut y avoir ni confiance numérique durable, ni intelligence artificielle responsable. Son intervention replace la vie privée au cœur de la transformation digitale du Maroc, au moment où le Royaume ambitionne de consolider sa souveraineté technologique.

L'importance de la confiance des citoyens dans les services digitaux et les technologies émergentes

Omar Seghrouchni : “La confiance numérique commence par les données”
À Merzouga, au cœur du Rally IA Future Lab, Omar Seghrouchni a rappelé une évidence souvent négligée dans la course à l’innovation : le numérique ne peut réussir sans confiance. Le président de la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel, la CNDP, a affirmé que la protection des données personnelles n’est plus seulement une obligation juridique ou technique. Elle constitue désormais l’un des fondements de la transformation digitale, de l’économie numérique et du développement de l’intelligence artificielle au Maroc.

Au Maroc, la protection des données personnelles repose notamment sur la loi 09-08, texte fondateur qui encadre le traitement des informations relatives aux personnes physiques. La CNDP, autorité chargée de veiller à son application, a pour mission d’informer, conseiller, contrôler et sanctionner lorsque les règles ne sont pas respectées. Cette architecture juridique place le Maroc parmi les pays africains et arabes ayant adopté tôt un cadre spécifique de protection de la vie privée numérique.

Omar Seghrouchni a utilisé une image simple pour expliquer cet enjeu aux jeunes participants : la protection des données fonctionne comme le code de la route. Elle ne supprime pas tous les risques, mais elle fixe des règles permettant à chacun d’évoluer dans un espace commun plus sûr. Dans un monde où les données circulent rapidement, où les documents papier cèdent la place aux échanges numériques, les responsabilités deviennent plus importantes, et non moins nécessaires.

Le message est particulièrement important au moment où le Maroc cherche à faire de l’intelligence artificielle un levier de compétitivité, de modernisation administrative et de souveraineté technologique. Les systèmes d’IA reposent largement sur la collecte, l’analyse et l’exploitation de masses de données. Sans cadre clair, ces technologies peuvent générer des risques : fuites d’informations, profilage abusif, décisions automatisées opaques ou atteintes aux droits fondamentaux.

Pour le président de la CNDP, la protection des données ne doit donc pas être perçue comme un frein à l’innovation. Elle en est au contraire une condition. Un citoyen qui ne fait pas confiance à une plateforme numérique hésitera à l’utiliser. Une entreprise qui ne respecte pas les règles fragilise sa réputation. Une administration qui néglige la confidentialité affaiblit l’adhésion des usagers aux services digitaux. La confiance devient ainsi un facteur économique aussi déterminant que l’infrastructure ou le financement.

L’un des points forts de l’intervention d’Omar Seghrouchni réside dans son insistance sur la culture citoyenne. Protéger les données personnelles ne signifie pas seulement défendre ses propres informations, mais aussi respecter celles des autres : citoyens, enfants, collègues, clients ou usagers. Cette responsabilité collective devient essentielle dans une société marocaine de plus en plus connectée, où les usages numériques touchent l’éducation, la santé, l’administration, le commerce et les services financiers.

À travers ce discours, la CNDP rappelle que le leadership numérique du Maroc ne dépend pas uniquement des plateformes, des start-up ou des projets d’intelligence artificielle. Il repose aussi sur une éthique partagée, une pédagogie continue et une application effective des règles. À Merzouga, devant une jeunesse appelée à construire les solutions de demain, le message est clair : l’innovation marocaine sera durable si elle place la confiance, la transparence et la protection des libertés au centre de son modèle.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Samedi 20 Juin 2026