Orfèvrerie : quand la dette en or fragilise les artisans et trouble tout un marché


Rédigé par La rédaction le Vendredi 19 Juin 2026



Le secteur marocain de l'orfèvrerie et de la bijouterie s'inquiète de l'influence croissante de prêteurs informels qui avanceraient des lingots ou de l'or brut à des artisans en difficulté financière. En échange, ils imposeraient des échéances lourdes, des garanties et des conditions qui peuvent placer les ateliers dans une dépendance durable.

  Le phénomène est préoccupant parce qu'il touche un métier fragile, souvent fondé sur de petites structures familiales, une trésorerie limitée et une forte exposition à la volatilité du cours de l'or. Lorsqu'un artisan manque de matière première ou de liquidités, l'emprunt informel peut sembler être une issue rapide. Il devient parfois un piège.

  Des soupçons de contrebande et de blanchiment sont évoqués dans certains témoignages rapportés par la presse. Ils doivent être traités avec prudence : seules des enquêtes judiciaires peuvent établir des responsabilités individuelles. Mais le signal est suffisamment sérieux pour justifier une surveillance renforcée du marché et un accompagnement économique des artisans.

  L'enjeu est aussi culturel. L'orfèvrerie marocaine n'est pas une activité marginale. Elle porte des gestes, des savoir-faire, des héritages familiaux et une part du patrimoine artisanal national. Laisser les ateliers tomber sous la coupe de financeurs opaques reviendrait à affaiblir bien plus qu'un simple commerce.




Vendredi 19 Juin 2026
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