Un baril de pétrole ne se téléporte pas.
C'est peut-être la grande leçon économique de cette crise.
Depuis des semaines, le monde observe le prix du Brent.
Mais derrière chaque cours affiché sur un écran existe une chaîne extrêmement physique.
Un champ pétrolier.
Un pipeline.
Un terminal.
Un tanker.
Un détroit.
Puis parfois un autre tanker.
L'Arabie saoudite est précisément en train de réinventer cette chaîne.
Reuters rapporte ce mercredi 16 septembre que Saudi Aramco propose davantage de brut à certains clients asiatiques avec chargement via des transferts navire-à-navire au large de Sohar, à Oman, à l'extérieur du détroit d'Ormuz.
C'est peut-être la grande leçon économique de cette crise.
Depuis des semaines, le monde observe le prix du Brent.
Mais derrière chaque cours affiché sur un écran existe une chaîne extrêmement physique.
Un champ pétrolier.
Un pipeline.
Un terminal.
Un tanker.
Un détroit.
Puis parfois un autre tanker.
L'Arabie saoudite est précisément en train de réinventer cette chaîne.
Reuters rapporte ce mercredi 16 septembre que Saudi Aramco propose davantage de brut à certains clients asiatiques avec chargement via des transferts navire-à-navire au large de Sohar, à Oman, à l'extérieur du détroit d'Ormuz.
La route de secours a elle-même était frappée
Riyad possédait pourtant déjà une solution pour contourner Ormuz.
L'oléoduc Est-Ouest transporte le pétrole depuis les régions productrices orientales jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge.
C'était précisément son intérêt stratégique.
En cas de problème dans le Golfe, le pétrole pouvait partir vers l'ouest par voie terrestre.
Mais l'infrastructure a été endommagée par des attaques de drones et les chargements de brut à Yanbu ont été suspendus.
Des clients européens ont été informés de l'annulation de certaines cargaisons de septembre et au moins un acheteur asiatique a reçu une notification de retard.
La sortie de secours avait donc elle-même besoin d'une sortie de secours.
L'oléoduc Est-Ouest transporte le pétrole depuis les régions productrices orientales jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge.
C'était précisément son intérêt stratégique.
En cas de problème dans le Golfe, le pétrole pouvait partir vers l'ouest par voie terrestre.
Mais l'infrastructure a été endommagée par des attaques de drones et les chargements de brut à Yanbu ont été suspendus.
Des clients européens ont été informés de l'annulation de certaines cargaisons de septembre et au moins un acheteur asiatique a reçu une notification de retard.
La sortie de secours avait donc elle-même besoin d'une sortie de secours.
Premier tanker, deuxième tanker
La solution actuellement utilisée ressemble presque à une course de relais.
Le pétrole est chargé dans les ports saoudiens situés à l'intérieur du Golfe.
Un premier tanker transporte la cargaison à travers Ormuz.
Une fois arrivé au large de Sohar, à Oman, le brut peut être transféré vers un autre navire chargé d'effectuer le voyage commercial suivant.
Saudi Aramco aurait proposé via ce mécanisme plusieurs qualités de brut : Arab Light, Arab Medium et Arab Heavy à des acheteurs asiatiques.
Le procédé de transfert navire-à-navire n'est évidemment pas nouveau dans l'industrie pétrolière.
Ce qui est nouveau, c'est son rôle croissant dans une stratégie de contournement imposée par la crise.
Le pétrole est chargé dans les ports saoudiens situés à l'intérieur du Golfe.
Un premier tanker transporte la cargaison à travers Ormuz.
Une fois arrivé au large de Sohar, à Oman, le brut peut être transféré vers un autre navire chargé d'effectuer le voyage commercial suivant.
Saudi Aramco aurait proposé via ce mécanisme plusieurs qualités de brut : Arab Light, Arab Medium et Arab Heavy à des acheteurs asiatiques.
Le procédé de transfert navire-à-navire n'est évidemment pas nouveau dans l'industrie pétrolière.
Ce qui est nouveau, c'est son rôle croissant dans une stratégie de contournement imposée par la crise.
Ras Tanura et Juaymah tournent plus fort
Le changement est déjà visible dans les ports saoudiens du Golfe.
Selon Energy Aspects cité par Reuters, les chargements quotidiens à Ras Tanura et Juaymah ont doublé en une semaine pour atteindre environ 4 millions de barils par jour.
Des images satellitaires montrent également plusieurs très grands pétroliers en cours de chargement.
Riyad concentre donc davantage de brut sur sa façade orientale au moment même où la navigation dans Ormuz reste très perturbée.
C'est un paradoxe imposé par les circonstances.
La route que l'Arabie saoudite voulait pouvoir éviter redevient nécessaire parce que sa principale alternative terrestre est endommagée.
Selon Energy Aspects cité par Reuters, les chargements quotidiens à Ras Tanura et Juaymah ont doublé en une semaine pour atteindre environ 4 millions de barils par jour.
Des images satellitaires montrent également plusieurs très grands pétroliers en cours de chargement.
Riyad concentre donc davantage de brut sur sa façade orientale au moment même où la navigation dans Ormuz reste très perturbée.
C'est un paradoxe imposé par les circonstances.
La route que l'Arabie saoudite voulait pouvoir éviter redevient nécessaire parce que sa principale alternative terrestre est endommagée.
Pourquoi Sohar ?
La géographie répond à la question.
Sohar se trouve sur la côte omanaise, au-delà d'Ormuz.
Une fois le pétrole transféré dans cette zone, le second tanker n'a plus besoin de rentrer dans le Golfe.
Pour un acheteur asiatique, cela simplifie la suite du trajet.
Mais chaque étape supplémentaire a un coût.
- Navire supplémentaire.
-Coordination.
- Temps.
- Assurance.
- Risque opérationnel.
- Disponibilité des tankers.
Le pétrole continue donc de circuler.
Simplement, il devient plus compliqué de le faire circuler.
Sohar se trouve sur la côte omanaise, au-delà d'Ormuz.
Une fois le pétrole transféré dans cette zone, le second tanker n'a plus besoin de rentrer dans le Golfe.
Pour un acheteur asiatique, cela simplifie la suite du trajet.
Mais chaque étape supplémentaire a un coût.
- Navire supplémentaire.
-Coordination.
- Temps.
- Assurance.
- Risque opérationnel.
- Disponibilité des tankers.
Le pétrole continue donc de circuler.
Simplement, il devient plus compliqué de le faire circuler.
Le marché a immédiatement compris le message
La nouvelle a d'ailleurs contribué à détendre légèrement les cours mercredi.
Le Brent reculait vers 108 dollars le baril, l'offre supplémentaire proposée via Oman rassurant partiellement le marché sur la capacité saoudienne à maintenir ses exportations.
C'est une nuance importante.
Les perturbations sont graves.
Mais les producteurs ne restent pas immobiles.
Le Brent reculait vers 108 dollars le baril, l'offre supplémentaire proposée via Oman rassurant partiellement le marché sur la capacité saoudienne à maintenir ses exportations.
C'est une nuance importante.
Les perturbations sont graves.
Mais les producteurs ne restent pas immobiles.
- Ils adaptent les itinéraires.
- Mobilisent davantage de navires.
- Modifient les points de chargement.
- Et inventent de nouvelles chaînes logistiques.
Le marché mondial de l'énergie est vulnérable, mais il est également remarquablement adaptable.
Pour le Maroc, le prix du baril ne dit plus tout
Pays importateur net d'énergie, le Maroc surveille naturellement les cours pétroliers.
Mais cette crise montre pourquoi le Brent ne suffit plus.
Deux barils identiques peuvent avoir le même prix théorique et des coûts de livraison très différents.
Mais cette crise montre pourquoi le Brent ne suffit plus.
Deux barils identiques peuvent avoir le même prix théorique et des coûts de livraison très différents.
- Assurance maritime.
- Fret.
- Délais.
- Disponibilité des navires.
- Routes utilisées.
- Risques géopolitiques.
Tout cela finit par entrer dans le coût réel de l'énergie importée.
La mondialisation apprend à faire des détours
Depuis des décennies, l'économie mondiale a été construite autour de l'optimisation.
La route la plus courte.
Le stock minimal.
Le navire disponible au bon moment.
La livraison juste à temps.
La crise actuelle impose une philosophie différente.
Redondance.
Routes alternatives.
Stocks.
Navires supplémentaires.
Capacité à contourner.
En quelques mois, le pétrole du Golfe est ainsi passé d'une logistique optimisée à une logistique de résilience.
Le transfert au large de Sohar en est l'image parfaite.
Un tanker arrive.
Un autre attend.
Le pétrole change de navire.
Puis repart.
La mondialisation continue donc de fonctionner.
Mais elle commence à ressembler moins à une autoroute qu'à une succession de déviations.
Et chaque déviation finit par présenter une facture.
La route la plus courte.
Le stock minimal.
Le navire disponible au bon moment.
La livraison juste à temps.
La crise actuelle impose une philosophie différente.
Redondance.
Routes alternatives.
Stocks.
Navires supplémentaires.
Capacité à contourner.
En quelques mois, le pétrole du Golfe est ainsi passé d'une logistique optimisée à une logistique de résilience.
Le transfert au large de Sohar en est l'image parfaite.
Un tanker arrive.
Un autre attend.
Le pétrole change de navire.
Puis repart.
La mondialisation continue donc de fonctionner.
Mais elle commence à ressembler moins à une autoroute qu'à une succession de déviations.
Et chaque déviation finit par présenter une facture.


