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Oujda accueille la première unité régionale du CNRST pour booster la recherche scientifique


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 11 Février 2026

Avec le lancement de la première UATRS-R à Oujda, le CNRST et l’Université Mohammed Premier posent un jalon concret dans la territorialisation de la recherche scientifique au Maroc. Au-delà de l’infrastructure, c’est une nouvelle manière de penser l’innovation et le développement régional qui s’esquisse.



Oujda accueille la première unité régionale du CNRST pour booster la recherche scientifique

Il y a des signatures qui relèvent du protocole. Et puis il y a celles qui engagent une vision. Celle scellée récemment entre le CNRST et l’Université Mohammed Premier d’Oujda appartient clairement à la seconde catégorie. À travers un partenariat stratégique, les deux institutions actent l’installation et l’exploitation de la première Unité régionale d’appui technique à la recherche scientifique (UATRS-R) sur le campus de l’UMP.
 

Derrière cet acronyme un peu technocratique se cache une ambition simple : rapprocher les équipements de pointe des chercheurs, là où ils travaillent et vivent. Autrement dit, faire descendre la recherche scientifique au Maroc du centre vers les territoires.
 

La cérémonie, présidée par Jamila El Alami, directrice du CNRST, et Yassine Zarhloule, président de l’UMP, marque une étape structurante. Car il ne s’agit pas seulement d’ajouter une brique aux infrastructures technologiques existantes. Il s’agit de corriger un déséquilibre historique : l’accès inégal aux plateformes scientifiques de haut niveau.


Des plateformes mutualisées au cœur de l’innovation

Concrètement, cette UATRS-R mettra à disposition de la communauté scientifique régionale chercheurs, doctorants, équipes universitaires mais aussi des partenaires industriels, des plateformes technologiques mutualisées. Les domaines ciblés sont stratégiques : chimie, caractérisation des matériaux, analyses biologiques.
 

Ce choix n’est pas anodin. Dans une région comme l’Oriental, où les enjeux industriels, environnementaux et agricoles sont bien réels, disposer localement d’outils d’analyse avancés change la donne. Un enseignant-chercheur me confiait récemment que certains projets prenaient des mois de retard faute d’accès rapide à des équipements spécialisés. Ce type d’unité peut réduire ces délais. Et, parfois, c’est la rapidité qui fait la différence entre une idée prometteuse et une opportunité manquée.
 

Au-delà de l’accès matériel, l’unité assurera un appui technique et méthodologique. Elle accompagnera également la valorisation des résultats de recherche. C’est là un point crucial. Produire du savoir ne suffit plus ; il faut le transformer en solutions concrètes, en innovation Maroc ancrée dans le réel.


Une déclinaison de la régionalisation avancée

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Elle épouse aussi la logique de la régionalisation avancée, pilier du modèle marocain de gouvernance territoriale.
 

Garantir un accès équitable aux infrastructures scientifiques de haut niveau n’est pas seulement une question académique. C’est un enjeu de justice territoriale. La territorialisation de la recherche participe à la consolidation d’un Maroc uni, où chaque région peut contribuer pleinement au développement régional et national.
 

Selon les responsables, cette première unité constitue une étape fondatrice. Elle ouvre la voie au déploiement d’un réseau de six unités similaires à l’échelle nationale. L’objectif affiché est clair : élever les standards de la recherche scientifique au Maroc et renforcer son rôle au service du développement durable et des priorités nationales.


Un signal pour la jeunesse scientifique

Pour les jeunes chercheurs, le message est fort. L’État investit dans des outils concrets, pas seulement dans des discours. À l’heure où beaucoup s’interrogent sur leur avenir scientifique, voir émerger ce type de structure peut raviver la confiance.
 

Bien sûr, une infrastructure ne résout pas tout. Elle devra être animée, financée durablement, ouverte aux partenariats. Mais elle crée un socle. Et dans le domaine de la recherche, les socles comptent.
 

En choisissant Oujda pour lancer cette première UATRS-R, le CNRST et l’Université Mohammed Premier envoient un signal : l’innovation Maroc ne doit pas être concentrée dans quelques pôles. Elle peut et doit irriguer les territoires.
 

La territorialisation de la recherche n’est pas un slogan. À Oujda, elle commence à prendre corps. Et c’est peut-être là que réside la vraie nouveauté.





Mercredi 11 Février 2026