PLF 2027 : faut-il encore cadrer le risque énergétique marocain à partir du seul prix du baril ?


Par Hicham EL AADNANI.

Le prix du Brent reste un indicateur essentiel du cadrage macroéconomique. Mais, pour un pays fortement dépendant des importations de gasoil, il ne suffit pas à mesurer le risque réel d’approvisionnement énergétique.

Le coût du diesel importé dépend également des marges de raffinage, de la disponibilité des capacités industrielles, du niveau des stocks, du fret maritime et des primes d’assurance. Autrement dit, une relative stabilité du baril peut coexister avec une forte hausse du prix du gasoil, voire avec des tensions sur sa disponibilité.



Les perturbations affectant les capacités de raffinage russes et les tensions sur le marché international des produits raffinés illustrent l’importance de ce risque.

Le prix du brut ne reflète pas, à lui seul, les conditions auxquelles le diesel est effectivement disponible sur les marchés internationaux.

Pour le PLF 2027, une question mérite donc d’être posée : ne faudrait-il pas compléter l’hypothèse du Brent par une hypothèse explicite sur la cotation internationale du gasoil, fondée sur la référence pertinente pour les approvisionnements marocains, et par des scénarios de tension sur les marges de raffinage, le fret et le change ?

Il ne s’agit pas de remplacer un indicateur par un autre, mais de rapprocher le cadrage budgétaire de la réalité économique du produit effectivement importé. Pour le Maroc, le risque énergétique ne se résume pas au prix du pétrole brut.

Il dépend aussi du coût du diesel raffiné, de sa disponibilité et des conditions dans lesquelles notre pays peut s’en approvisionner. La qualité d’un cadrage budgétaire se mesure aussi à sa capacité à anticiper les risques que son indicateur de référence ne capture pas.


Vendredi 23 Octobre 2026

La Rédaction
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