Paléontologie : le Maroc livre un nouveau crocodile jurassique


Rédigé par le Mardi 13 Octobre 2026

Une découverte paléontologique dans la région de Figuig révèle la présence d’un crocodile datant du Jurassique moyen. La trouvaille enrichit la connaissance de la faune préhistorique du Maroc. Elle rappelle que le Royaume est un terrain scientifique de premier plan. À condition de protéger les sites autant qu’on les fouille.



Science, patrimoine et fierté territoriale

Dans la région de Figuig, des chercheurs ont mis au jour un crocodile datant du Jurassique moyen. L’annonce apporte de nouvelles informations sur la faune préhistorique du Maroc, dans une zone déjà connue des paléontologues pour la richesse de ses sédiments. Le Jurassique moyen correspond à une période située il y a environ 174 à 163 millions d’années. À l’époque, le paysage n’avait rien des hamadas actuelles : mers peu profondes, milieux côtiers, climats différents, faunes aujourd’hui disparues.

Un crocodile fossile ne raconte pas seulement un animal. Il renseigne sur l’environnement, la chaîne alimentaire, les liens entre espèces africaines et celles d’autres continents alors en recomposition. Le Maroc occupe une place particulière dans cette histoire : carrières du Jurassique, gisements du Crétacé, empreintes de dinosaures, poissons, ptérosaures. Figuig, à l’est du Royaume, est à la fois une terre de frontières, d’oasis et de mémoire géologique. Chaque fossile bien documenté renforce cette carte scientifique. 

Pour le public, surtout les plus jeunes, l’image compte. Le Maroc n’est pas un décor de séries paléontologiques hollywoodiennes. Il est un producteur de savoir. Des étudiants marocains en géologie, biologie et archéologie peuvent s’appuyer sur un patrimoine réel, à condition que les pièces restent étudiées, publiées et, autant que possible, valorisées localement. Trop de fossiles nord-africains ont quitté leur sol d’origine pour des collections étrangères, parfois dans des circuits opaques. Une découverte n’a de sens national que si elle nourrit la recherche, l’université et, un jour, un musée accessible.

Figuig a besoin de cela. La région, souvent évoquée sous l’angle du recul économique ou de l’enclavement, gagne à être associée à l’excellence scientifique. Le tourisme paléontologique, s’il est encadré, peut devenir un levier. S’il est anarchique, il détruit le site. La ligne de crête est étroite : fouiller, publier, protéger.

Un crocodile vieux de plus de 160 millions d’années sort de la roche orientale, et il parle au Maroc d’aujourd’hui. Il dit que le sous-sol du Royaume n’est pas qu’une ressource minière. C’est une archive du vivant. La question n’est plus seulement de découvrir. Elle est de transmettre, ici, aux lycéens de Figuig comme aux étudiants de Rabat, Oujda ou Marrakech.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Mardi 13 Octobre 2026
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