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Parti Istiqlal : Une charte, une méthode, une ambition

Charte du 11 janvier pour la jeunesse


Rédigé par le Dimanche 11 Janvier 2026



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Le 11 janvier 2026, une date familière dans la mémoire politique marocaine s’apprête à accueillir un geste tourné vers l’avenir : l’annonce de la Charte du 11 janvier pour la jeunesse.

À une époque où la parole publique sur les jeunes oscille trop souvent entre inquiétude et slogans, cette initiative propose autre chose : une méthode, un cap, et surtout une invitation à reprendre place au centre du jeu national. L’idée n’est pas de fabriquer un événement de plus, mais de donner forme à un contrat de confiance, pensé avec les jeunes et pour les jeunes, dans un Maroc qui change vite et qui exige, plus que jamais, des réponses crédibles.

La génération Z prends les rênes : pourquoi la Charte du 11 janvier compte maintenant

Le 11 janvier 2026, une date familière dans la mémoire politique marocaine s’apprête à accueillir un geste tourné vers l’avenir : l’annonce de la Charte du 11 janvier pour la jeunesse. À une époque où la parole publique sur les jeunes oscille trop souvent entre inquiétude et slogans, cette initiative propose autre chose : une méthode, un cap, et surtout une invitation à reprendre place au centre du jeu national. L’idée n’est pas de fabriquer un événement de plus, mais de donner forme à un contrat de confiance, pensé avec les jeunes et pour les jeunes, dans un Maroc qui change vite et qui exige, plus que jamais, des réponses crédibles.

Le contexte est clair, et la génération qui arrive le vit au quotidien. La Gen Z marocaine, connectée, mobile, exigeante, compare les promesses aux résultats en temps réel. Elle attend un État efficace, des services publics dignes, des opportunités concrètes, et un espace de participation où l’on ne la convoque pas uniquement au moment des élections. Dans le même temps, le Maroc traverse une phase d’accélération : chantiers sociaux, transformations économiques, pressions sur l’emploi, attentes fortes en matière d’éducation et de santé, et défis de confiance envers les institutions. Ce mélange d’espoir et de tension crée une question simple : comment faire de la jeunesse une force de décision, pas seulement une catégorie statistique ?

C’est précisément là que la charte prend son sens. Elle part d’un constat que beaucoup ressentent sans toujours le formuler : le Maroc bénéficie d’une dynamique démographique et d’un potentiel humain considérable, mais cette “fenêtre” ne se transformera en progrès que si les jeunes sont réellement associés à la production de richesse, à sa répartition équitable, et à la décision publique. La charte ne se présente pas comme un programme électoral classique ni comme un catalogue de promesses prêtes à l’emploi. Elle se veut une base participative ouverte, un socle de priorités à partir duquel l’État, les collectivités, la société civile, le secteur privé et les forces politiques peuvent s’engager, avec une logique de résultats et de redevabilité.

Il faut aussi souligner un élément politique important : cette démarche n’est pas tombée du ciel à la dernière minute. Le Parti de l’Istiqlal a lancé la préparation de cette charte dès le 11 janvier 2025, précisément en s’appuyant sur la charge symbolique de cette date dans l’histoire nationale, comme moment fondateur d’un contrat collectif. Autrement dit, l’initiative a précédé l’aggravation de certaines crispations visibles aujourd’hui : frustration face au marché du travail, attentes envers l’école publique, sentiment d’inégalités territoriales, et fatigue face aux pratiques qui abîment la confiance. En choisissant d’ouvrir un processus de consultation étalé, nourri par des rencontres et des échanges, le parti a envoyé un signal : anticiper plutôt que subir, construire plutôt que commenter, et faire de la jeunesse une interlocutrice, pas un thème de discours.

Sur le fond, la charte avance des priorités qui parlent au réel. Elle place l’accès aux droits économiques et sociaux au premier plan : une école publique qui avance “à la même vitesse” et avec une qualité comparable, une orientation plus précoce et utile, une formation professionnelle revalorisée et connectée aux besoins des régions et aux métiers d’avenir. Elle insiste sur les “deuxièmes chances”, avec l’idée simple que l’échec ne doit pas devenir une condamnation sociale, surtout dans un pays qui a besoin de toutes ses énergies. Elle aborde la santé dans sa dimension complète, y compris la santé mentale, encore trop souvent tue alors qu’elle conditionne l’insertion, la stabilité et la dignité. Elle parle d’emploi de manière moderne, en intégrant les transitions nécessaires du secteur informel, l’accompagnement de l’initiative entrepreneuriale, et même les nouvelles formes de travail liées aux plateformes, à condition qu’elles soient encadrées et protectrices.

Ce qui rend l’ensemble particulièrement actuel, c’est l’accent mis sur les compétences et valeurs du XXIe siècle. La charte ne se contente pas de réclamer des postes ; elle propose une vision de l’autonomie : développer l’adaptabilité, la résilience, l’esprit critique, la capacité d’initiative. Elle intègre la citoyenneté numérique comme un droit émergent, avec ses exigences concrètes : réduire la fracture territoriale d’accès, protéger les données personnelles, renforcer la cybersécurité, lutter contre les fake news et les discours de haine, et encadrer les usages de l’intelligence artificielle dans l’éducation, l’information et la décision. Pour une Gen Z qui vit en ligne autant qu’elle vit dans la ville, le quartier, l’université ou le travail, ce point n’est pas décoratif : c’est une condition de liberté et d’égalité.

La charte assume aussi un pari politique : celui de la participation. Elle défend l’approfondissement du choix démocratique, la protection des libertés dans l’esprit du droit, et surtout le renouvellement des élites par l’accès des jeunes aux responsabilités. Là, le message est net : la politique ne peut pas rester un club fermé, ni se contenter d’une jeunesse figurante. La charte met en avant des mécanismes de démocratie participative, la transparence locale, des budgets lisibles, des cadres de consultation, et des outils d’évaluation. Elle relie cet engagement à une exigence que beaucoup de jeunes placent au sommet : l’éthique publique, la lutte contre la corruption, les conflits d’intérêts, et l’égalité d’accès aux opportunités. Car sans justice et sans règles respectées, aucune promesse ne tient longtemps.

Dans ce paysage, les orientations royales en faveur de l’inclusion des jeunes dans la vie économique, sociale et politique résonnent fortement : l’idée que la jeunesse est une richesse stratégique, qu’il faut créer des conditions réelles d’insertion, et ouvrir des voies de participation efficaces, pas symboliques. La charte s’inscrit dans cette logique d’État social et de mobilisation des talents, tout en donnant une traduction opérationnelle à une attente largement partagée : passer du discours sur la jeunesse à la co-construction avec la jeunesse.

Le 11 janvier 2026 ne devrait donc pas être perçu comme une simple annonce, mais comme un rendez-vous de clarification : quelles priorités, quels engagements, quels mécanismes de suivi, et quelle place réelle pour les jeunes dans les décisions qui structurent leur avenir ? 

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Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
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