Livre blanc de Hachemi Salhi à feuilleter sans modération ou à télécharger ci-dessous
« Oran-Oujda, un amour sans frontières » : Hachemi Salhi raconte l’amour plus fort que la séparation
Publié aux Éditions de la Mémoire, ce récit conjugue témoignage familial, documents et écriture poétique autour de l’expulsion des Marocains d’Algérie en 1975. Au centre du livre, une grand-mère oranaise entreprend un voyage pour retrouver les siens. Une histoire de déchirure, mais aussi de transmission et de fraternité.
Une frontière peut séparer une famille pendant des décennies. Peut-elle empêcher une grand-mère de retrouver sa fille et ses petits-enfants ? Cette question traverse Oran-Oujda, un amour sans frontières, le livre d’Hachemi Salhi paru dans la collection « Monographies Mémorielles » des Éditions de la Mémoire. À travers l’odyssée de son aïeule Habiba, l’auteur donne un visage, une voix et une profondeur intime aux blessures laissées par l’expulsion des Marocains d’Algérie en 1975.
Sociologue, statisticien et poète né à Oran en 1952, Hachemi Salhi poursuit un travail littéraire consacré à l’exode et à la mémoire. Après La Conférence des oiseaux expulsés, Le P’tit Oranais Marocain et La Mémoire défaite, il revient sur une histoire familiale qui rejoint celle de nombreuses familles séparées. Son écriture associe le regard du témoin, le questionnement du sociologue et les ressources de la poésie.
Habiba, une grand-mère face aux frontières
Le cœur du récit appartient à Habiba. Restée à Oran, elle endure l’éloignement de sa fille Fatma, installée au Maroc avec sa famille après l’expulsion. Sentant sa fin approcher, elle décide de partir. Le livre raconte son passage clandestin vers Oujda, puis son arrivée à Rabat, où les retrouvailles rendent momentanément aux siens ce que les années de séparation leur avaient retiré.
Ce voyage constitue davantage qu’un déplacement géographique. Il porte le désir de revoir les visages aimés, de renouer avec les gestes familiers et de transmettre encore quelque chose avant l’adieu. Habiba devient une figure de courage quotidien. Sa tendresse, son humour et sa détermination donnent au récit sa force émotionnelle, sans effacer la solitude qui accompagne son retour à Oran.
Des archives pour rendre l’exil tangible
L’ouvrage s’appuie également sur des traces écrites. Une lettre familiale datée du 5 décembre 1975 restitue l’inquiétude précédant l’expulsion, les précautions prises et la tentative de sauver quelques biens. Une carte postale d’un ami algérien témoigne, quant à elle, du règlement d’une dette laissée par le père de l’auteur.
Ces documents éclairent des existences concrètes : un commerce, une maison, des bijoux, des relations de voisinage. Ils montrent ce que signifie perdre un cadre de vie. Ils rappellent aussi que les liens entre personnes ne se confondent pas avec les décisions des pouvoirs. Malgré sa dénonciation vigoureuse du régime algérien, l’auteur préserve dans son récit la place de l’amitié, de la probité et de la solidarité algériennes.
Transmettre sans renoncer à la fraternité
La composition alterne réflexion mémorielle, récit familial, références philosophiques et évocations musicales. Le jazz de John Coltrane, les chansons d’exil et les souvenirs d’Oran accompagnent cette traversée. Cette écriture foisonnante inscrit l’expérience personnelle dans une interrogation plus large : comment raconter la souffrance, préserver les traces et transmettre aux générations suivantes sans enfermer leur avenir dans la rancœur ?
La postface de Patrick Bonney prolonge cette lecture en rapprochant Habiba d’autres figures de grands-mères présentes dans la littérature. Elle souligne la portée universelle d’une histoire ancrée dans les relations algéro-marocaines.
Avec ce titre inaugural, la collection « Monographies Mémorielles » entend ouvrir un espace de transmission consacré aux violences de l’histoire et aux voix des victimes. L’ouvrage annonce une diffusion numérique en accès libre et en téléchargement gratuit sur L’ODJ Média. Une démarche cohérente avec son ambition : faire circuler la mémoire, toucher les jeunes lecteurs et rappeler que la reconnaissance des blessures peut aussi préparer les chemins d’une réconciliation.
Une frontière peut séparer une famille pendant des décennies. Peut-elle empêcher une grand-mère de retrouver sa fille et ses petits-enfants ? Cette question traverse Oran-Oujda, un amour sans frontières, le livre d’Hachemi Salhi paru dans la collection « Monographies Mémorielles » des Éditions de la Mémoire. À travers l’odyssée de son aïeule Habiba, l’auteur donne un visage, une voix et une profondeur intime aux blessures laissées par l’expulsion des Marocains d’Algérie en 1975.
Sociologue, statisticien et poète né à Oran en 1952, Hachemi Salhi poursuit un travail littéraire consacré à l’exode et à la mémoire. Après La Conférence des oiseaux expulsés, Le P’tit Oranais Marocain et La Mémoire défaite, il revient sur une histoire familiale qui rejoint celle de nombreuses familles séparées. Son écriture associe le regard du témoin, le questionnement du sociologue et les ressources de la poésie.
Habiba, une grand-mère face aux frontières
Le cœur du récit appartient à Habiba. Restée à Oran, elle endure l’éloignement de sa fille Fatma, installée au Maroc avec sa famille après l’expulsion. Sentant sa fin approcher, elle décide de partir. Le livre raconte son passage clandestin vers Oujda, puis son arrivée à Rabat, où les retrouvailles rendent momentanément aux siens ce que les années de séparation leur avaient retiré.
Ce voyage constitue davantage qu’un déplacement géographique. Il porte le désir de revoir les visages aimés, de renouer avec les gestes familiers et de transmettre encore quelque chose avant l’adieu. Habiba devient une figure de courage quotidien. Sa tendresse, son humour et sa détermination donnent au récit sa force émotionnelle, sans effacer la solitude qui accompagne son retour à Oran.
Des archives pour rendre l’exil tangible
L’ouvrage s’appuie également sur des traces écrites. Une lettre familiale datée du 5 décembre 1975 restitue l’inquiétude précédant l’expulsion, les précautions prises et la tentative de sauver quelques biens. Une carte postale d’un ami algérien témoigne, quant à elle, du règlement d’une dette laissée par le père de l’auteur.
Ces documents éclairent des existences concrètes : un commerce, une maison, des bijoux, des relations de voisinage. Ils montrent ce que signifie perdre un cadre de vie. Ils rappellent aussi que les liens entre personnes ne se confondent pas avec les décisions des pouvoirs. Malgré sa dénonciation vigoureuse du régime algérien, l’auteur préserve dans son récit la place de l’amitié, de la probité et de la solidarité algériennes.
Transmettre sans renoncer à la fraternité
La composition alterne réflexion mémorielle, récit familial, références philosophiques et évocations musicales. Le jazz de John Coltrane, les chansons d’exil et les souvenirs d’Oran accompagnent cette traversée. Cette écriture foisonnante inscrit l’expérience personnelle dans une interrogation plus large : comment raconter la souffrance, préserver les traces et transmettre aux générations suivantes sans enfermer leur avenir dans la rancœur ?
La postface de Patrick Bonney prolonge cette lecture en rapprochant Habiba d’autres figures de grands-mères présentes dans la littérature. Elle souligne la portée universelle d’une histoire ancrée dans les relations algéro-marocaines.
Avec ce titre inaugural, la collection « Monographies Mémorielles » entend ouvrir un espace de transmission consacré aux violences de l’histoire et aux voix des victimes. L’ouvrage annonce une diffusion numérique en accès libre et en téléchargement gratuit sur L’ODJ Média. Une démarche cohérente avec son ambition : faire circuler la mémoire, toucher les jeunes lecteurs et rappeler que la reconnaissance des blessures peut aussi préparer les chemins d’une réconciliation.