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Pays-Bas : 25 000 postes publics en moins, quel rôle pour l’IA ?

Le gouvernement néerlandais compte-t-il réellement remplacer des milliers de fonctionnaires par l’intelligence artificielle ?


Rédigé par La Rédaction le Mardi 27 Octobre 2026

Les Pays-Bas envisagent de réduire les effectifs de leur administration centrale d’environ 25 000 équivalents temps plein à l’horizon 2035. L’intelligence artificielle doit contribuer à cette transformation, aux côtés d’une simplification des missions et d’une réorganisation des services. Mais aucune estimation officielle ne permet encore d’attribuer à l’IA une part précise des suppressions annoncées.



Environ un poste sur six concerné dans l’administration centrale

Pays-Bas : 25 000 postes publics en moins, quel rôle pour l’IA ?
Le projet néerlandais dépasse la simple expérimentation technologique. Selon NOS, la réduction envisagée représente près de 16 % des quelque 160 000 équivalents temps plein de l’administration centrale concernée, à l’horizon 2035. Le secrétaire d’État Eric van der Burg, chargé de l’efficacité de l’action publique, porte cette transformation. La police et la défense sont notamment exemptées. 

L’unité retenue mérite attention. Un équivalent temps plein mesure un volume de travail : il ne correspond pas nécessairement à une personne. Une réduction de 25 000 équivalents temps plein ne signifie donc pas automatiquement 25 000 licenciements. La répartition entre départs, postes non remplacés et autres mesures reste à préciser.

Le gouvernement poursuit un objectif d’économies atteignant environ 3,5 milliards d’euros par an à partir de 2035. L’IA figure dans le programme, mais ses objectifs et ses plans d’économies spécifiques sont attendus au premier trimestre 2027. Le chiffre des emplois précède donc la démonstration détaillée des gains technologiques. 

Les services chargés des impôts, de l’immigration ou des prestations sociales ne bénéficient pas d’une exemption générale, rapporte NOS. L’enjeu touche ainsi directement les administrations auxquelles les citoyens s’adressent pour leurs démarches. 

L’administration néerlandaise met elle-même en garde contre les promesses technologiques

Le document transmis au Parlement contient une réserve révélatrice : il recommande de ne pas surestimer les effets de la numérisation et de l’IA sur les effectifs. Son bilan des précédentes réformes rappelle que l’automatisation n’a pas tenu toutes ses promesses de réduction des coûts et des postes. Elle a aussi accompagné de nouvelles tâches et davantage de recours à des intervenants extérieurs. 

Cette prudence éclaire le véritable chantier. Accélérer une tâche ne suffit pas à supprimer un emploi. Encore faut-il réorganiser le travail, vérifier les résultats et déterminer quelles missions peuvent être réduites. La lettre gouvernementale reconnaît d’ailleurs que les gains généraux d’efficacité ne couvriront qu’environ un tiers de l’effort : des choix sur ce que l’État fera autrement, moins, ou cessera de faire seront nécessaires. 

L’expérience passée invite également à examiner la faisabilité politique. Selon Nieuwsuur, huit des dix derniers gouvernements avaient souhaité réduire les effectifs administratifs sans parvenir durablement au résultat annoncé. Les nouvelles obligations et les crises avaient ensuite accru les besoins en personnel. 

Pour le débat marocain sur la modernisation administrative, ce dossier offre une grille de lecture utile : mesurer les délais, les erreurs, le coût complet des outils et la qualité de l’accueil. Une administration peut traiter plus vite ses dossiers tout en conservant ses agents pour améliorer le service. Elle peut aussi réduire ses effectifs. Ce sont des choix distincts, qui doivent être évalués séparément.

Le test néerlandais se jouera au guichet autant que dans les comptes publics : obtenir un document, comprendre une décision et faire corriger une erreur devront rester possibles avec moins d’agents.

 




Mardi 27 Octobre 2026