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Peines alternatives : une réforme lancée, mais le bracelet électronique reste marginal


Rédigé par L'ODJ Média le Mercredi 15 Juillet 2026



La réforme marocaine des peines alternatives commence à produire ses premiers résultats, mais son application demeure très inégale. Selon le bilan présenté en avril 2026 par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, 926 amendes journalières avaient été prononcées, ainsi que 794 peines de travail d'intérêt général et 385 mesures de restriction de droits.
 
La surveillance électronique, elle, ne concernait encore que 18 personnes.
 
Ce faible nombre ne condamne pas le dispositif. Il révèle plutôt la complexité du passage de la loi au terrain. Poser un bracelet ne suffit pas.

Il faut pouvoir suivre la personne condamnée, réagir à une violation des obligations, entretenir le matériel et coordonner magistrats, administration pénitentiaire, services techniques et structures d'accueil.
 
Entre août 2025 et février 2026, près de 1 400 décisions de peines alternatives avaient déjà été prononcées, permettant à plusieurs centaines de détenus de quitter les établissements pénitentiaires ou d'éviter une incarcération.
 
La réforme répond donc à une nécessité réelle : réserver la prison aux situations qui l'exigent et éviter que de courtes peines ne détruisent davantage les parcours familiaux ou professionnels.
 
Reste le test de l'égalité. Le travail d'intérêt général doit être disponible sur tout le territoire. L'amende journalière doit tenir compte des revenus. Le suivi ne peut dépendre de la seule capacité d'une administration locale.
 
La réforme est lancée. Son succès ne se mesurera pas au nombre de bracelets achetés, mais à la capacité de sanctionner autrement sans affaiblir l'autorité de la justice ni abandonner l'objectif de réinsertion.




Mercredi 15 Juillet 2026