Pékin entre dans la course à la direction de l’OMS


Rédigé par le Jeudi 8 Octobre 2026

La Chine a annoncé, jeudi 8 octobre, la candidature de Song Li à la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé. Cette spécialiste de la santé maternelle rejoint une compétition décisive pour une institution fragilisée financièrement. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse la nationalité du futur dirigeant : il concerne l’efficacité et l’indépendance de la coopération sanitaire mondiale.



Song Li candidate à la succession de Tedros

Pékin veut peser dans la succession de Tedros Adhanom Ghebreyesus. La porte-parole de la diplomatie chinoise, Mao Ning, a annoncé jeudi 8 octobre la candidature de Song Li à la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé. Spécialiste de la santé maternelle, celle-ci rejoint une course dont l’issue est attendue en mai 2027.

Le deuxième mandat de Tedros, arrivé à la tête de l’OMS en 2017, s’achève en août 2027. Il ne peut pas en briguer un troisième. Selon le calendrier, le Conseil exécutif doit retenir jusqu’à trois candidatures en janvier, avant le vote des États membres réunis à l’Assemblée mondiale de la santé. Une candidature nationale n’équivaut donc pas à une nomination acquise.

Song Li a dirigé le département chargé de la santé des femmes et des enfants au sein de la Commission nationale de la santé chinoise. Cependant, un décalage existe entre sa présentation sur le site de l’OMS et des informations chinoises faisant état de fonctions ultérieures à la Fédération nationale des femmes de Chine. Son parcours actualisé devra être précisé dans les documents de candidature.

Cette annonce intervient dans un contexte de recomposition financière. Le retrait américain a fait de la Chine le premier contributeur aux cotisations obligatoires de l’organisation. Cela ne signifie pas qu’elle en est le premier financeur global. L’OMS distingue ces cotisations des contributions volontaires, versées également par des fondations et d’autres partenaires, qui représentent une part majeure de ses ressources.

L’enjeu est aussi celui de la confiance. Les demandes de transparence concernant les premières données de la pandémie de Covid-19 continuent de peser sur les relations entre Pékin et l’organisation. Elles ne permettent cependant ni de préjuger de l’indépendance de Song Li ni d’établir une origine du virus qui demeure débattue. Les engagements des candidats devront être examinés sur pièces.

Pour le Maroc, membre de la région OMS de la Méditerranée orientale, cette élection concerne notamment la surveillance des épidémies, l’appui technique et les recommandations sanitaires.Parmi les autres candidats :  Hanan Balkhy, directrice de cette région. 

Le choix de Rabat ne saurait donc se lire comme un simple alignement entre puissances. Pour les patients comme pour les professionnels marocains, le véritable critère sera une OMS capable de partager rapidement les connaissances, de soutenir les systèmes de santé et de placer les besoins sanitaires avant les rivalités diplomatiques.




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Jeudi 8 Octobre 2026
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