Oui, Madame Madame Fatima Ezzahra El Mansouri , vous avez une majorité à trouver, un gouvernement à proposer à Sa Majesté le Roi, puis la confiance de la Chambre des représentants à obtenir, après avoir construit avec vos partenaires un programme de gouvernement. Le calendrier est chargé, les arbitrages délicats et les attentes considérables.
Mais permettez-moi ce petit rappel d’un problème presque irréel, pourtant bien concret : dans un Maroc où tant de personnes cherchent du travail, des entreprises peinent à trouver les salariés dont elles ont besoin.
Ce « problème fantôme » mérite une place dans vos négociations.
Car une majorité peut réunir les voix nécessaires pour gouverner ; encore faut-il que l’économie parvienne à réunir les compétences nécessaires pour produire.
Mais permettez-moi ce petit rappel d’un problème presque irréel, pourtant bien concret : dans un Maroc où tant de personnes cherchent du travail, des entreprises peinent à trouver les salariés dont elles ont besoin.
Ce « problème fantôme » mérite une place dans vos négociations.
Car une majorité peut réunir les voix nécessaires pour gouverner ; encore faut-il que l’économie parvienne à réunir les compétences nécessaires pour produire.
Des entreprises cherchent des salariés, tandis que des Marocains cherchent du travail.
Ce paradoxe révèle les fractures du marché de l’emploi : compétences inadaptées, rémunérations peu attractives, mobilité difficile et participation féminine limitée. Pour le prochain gouvernement, rapprocher ces deux réalités sera aussi décisif que financer de nouveaux investissements.
Une main-d’œuvre disponible qui ne rencontre pas toujours les besoins des entreprises
Le problème semble presque irréel. Comment manquer de travailleurs lorsque le chômage reste une préoccupation nationale ? Pourtant, les deux situations peuvent coexister : des candidats disponibles ne correspondent pas nécessairement aux compétences recherchées, à la localisation des postes ou aux conditions proposées.
Les chiffres du Haut-Commissariat au Plan éclairent cette contradiction. Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict atteint 9,5 %, tandis que l’indicateur composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre s’établit à 18,9 %. Ce dernier intègre aussi le sous-emploi lié à la durée du travail et la main-d’œuvre potentielle. Le pays dispose donc de capacités humaines insuffisamment mobilisées.
Une précision s’impose : le taux de chômage de 13 % enregistré en 2025 relève de l’ancienne enquête. Le HCP a changé de dispositif en 2026 et avertit que les résultats ne sont pas directement comparables. La différence entre ces chiffres ne peut être interprétée comme une baisse équivalente du chômage.
Il faut également distinguer les difficultés de recrutement d’une pénurie générale. Ne pas trouver un technicien expérimenté, recevoir trop peu de candidatures pour un poste éloigné ou perdre régulièrement ses salariés constituent trois problèmes différents. Les sources consultées ne permettent pas de mesurer une pénurie nationale durable, commune à tous les secteurs.
Quant à l’idée selon laquelle le capital serait devenu accessible tandis que le travail manquerait, elle mérite d’être nuancée. La Banque mondiale relève encore des obstacles de financement et de compétences pour les micro, petites et moyennes entreprises marocaines. Les deux contraintes peuvent se cumuler.
Former davantage, mais aussi rendre les emplois acceptables
La question salariale doit entrer dans le diagnostic. Une rémunération peut correspondre au budget de l’entreprise tout en devenant insuffisante pour le salarié après paiement du transport, du logement ou de la garde des enfants. Avant de conclure à l’absence de candidats, il faut examiner ce que le poste permet réellement de vivre.
La formation représente un autre enjeu. La Banque mondiale identifie des lacunes de compétences parmi les obstacles à l’investissement au Maroc. La réponse devrait rapprocher les formations des situations de travail, développer l’apprentissage et mesurer les résultats à travers l’insertion durable. Le nombre de personnes formées renseigne moins que leur capacité à exercer un métier.
Le vivier féminin reste, lui aussi, largement sous-mobilisé. Au deuxième trimestre 2026, le taux de participation des femmes à la main-d’œuvre atteint seulement 18,1 %. Les conditions permettant d’accéder au travail doivent donc faire partie de la politique économique.
Accuser globalement les services d’affaiblir l’économie de production serait toutefois réducteur. La logistique, la maintenance et l’ingénierie contribuent aussi à la performance industrielle. L’enjeu porte sur les compétences et la valeur créée dans chaque activité.
Pour vous Madame Fatima Ezzahra El Mansouri et pour votre gouvernement en formation, la première étape devrait être un diagnostic des tensions de recrutement par métier et par région, intégrant salaires proposés, délais d’embauche et rotation des salariés.
La compétitivité marocaine se jouera aussi dans cette rencontre entre investissements et travail. Une usine financée a besoin de compétences ; un candidat disponible a besoin d’un emploi accessible et d’une perspective. Tant que ces deux exigences resteront éloignées, le « problème fantôme » continuera de produire des conséquences bien réelles.
Une main-d’œuvre disponible qui ne rencontre pas toujours les besoins des entreprises
Le problème semble presque irréel. Comment manquer de travailleurs lorsque le chômage reste une préoccupation nationale ? Pourtant, les deux situations peuvent coexister : des candidats disponibles ne correspondent pas nécessairement aux compétences recherchées, à la localisation des postes ou aux conditions proposées.
Les chiffres du Haut-Commissariat au Plan éclairent cette contradiction. Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict atteint 9,5 %, tandis que l’indicateur composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre s’établit à 18,9 %. Ce dernier intègre aussi le sous-emploi lié à la durée du travail et la main-d’œuvre potentielle. Le pays dispose donc de capacités humaines insuffisamment mobilisées.
Une précision s’impose : le taux de chômage de 13 % enregistré en 2025 relève de l’ancienne enquête. Le HCP a changé de dispositif en 2026 et avertit que les résultats ne sont pas directement comparables. La différence entre ces chiffres ne peut être interprétée comme une baisse équivalente du chômage.
Il faut également distinguer les difficultés de recrutement d’une pénurie générale. Ne pas trouver un technicien expérimenté, recevoir trop peu de candidatures pour un poste éloigné ou perdre régulièrement ses salariés constituent trois problèmes différents. Les sources consultées ne permettent pas de mesurer une pénurie nationale durable, commune à tous les secteurs.
Quant à l’idée selon laquelle le capital serait devenu accessible tandis que le travail manquerait, elle mérite d’être nuancée. La Banque mondiale relève encore des obstacles de financement et de compétences pour les micro, petites et moyennes entreprises marocaines. Les deux contraintes peuvent se cumuler.
Former davantage, mais aussi rendre les emplois acceptables
La question salariale doit entrer dans le diagnostic. Une rémunération peut correspondre au budget de l’entreprise tout en devenant insuffisante pour le salarié après paiement du transport, du logement ou de la garde des enfants. Avant de conclure à l’absence de candidats, il faut examiner ce que le poste permet réellement de vivre.
La formation représente un autre enjeu. La Banque mondiale identifie des lacunes de compétences parmi les obstacles à l’investissement au Maroc. La réponse devrait rapprocher les formations des situations de travail, développer l’apprentissage et mesurer les résultats à travers l’insertion durable. Le nombre de personnes formées renseigne moins que leur capacité à exercer un métier.
Le vivier féminin reste, lui aussi, largement sous-mobilisé. Au deuxième trimestre 2026, le taux de participation des femmes à la main-d’œuvre atteint seulement 18,1 %. Les conditions permettant d’accéder au travail doivent donc faire partie de la politique économique.
Accuser globalement les services d’affaiblir l’économie de production serait toutefois réducteur. La logistique, la maintenance et l’ingénierie contribuent aussi à la performance industrielle. L’enjeu porte sur les compétences et la valeur créée dans chaque activité.
Pour vous Madame Fatima Ezzahra El Mansouri et pour votre gouvernement en formation, la première étape devrait être un diagnostic des tensions de recrutement par métier et par région, intégrant salaires proposés, délais d’embauche et rotation des salariés.
La compétitivité marocaine se jouera aussi dans cette rencontre entre investissements et travail. Une usine financée a besoin de compétences ; un candidat disponible a besoin d’un emploi accessible et d’une perspective. Tant que ces deux exigences resteront éloignées, le « problème fantôme » continuera de produire des conséquences bien réelles.