L'ODJ Média

Perte de poids pendant le Ramadan : mythe ou réalité ?


Le Ramadan est souvent présenté comme une période propice à la perte de poids. Entre le jeûne du lever au coucher du soleil et les repas concentrés autour de l’iftar et du shour, beaucoup espèrent voir disparaître quelques kilos superflus. Mais qu’en dit la science ? Le jeûne du Ramadan entraîne-t-il réellement une perte de poids durable ou s’agit-il d’un effet temporaire lié aux changements de rythme alimentaire ?



Pourquoi le Ramadan peut faire maigrir

Perte de poids pendant le Ramadan : mythe ou réalité ?

Le jeûne implique une privation volontaire de nourriture et de boisson pendant plusieurs heures. Cette restriction alimentaire a plusieurs conséquences sur le corps :
 

  • Diminution des apports caloriques : certaines personnes consomment moins de calories totales sur la journée, surtout si elles modèrent les excès à l’iftar.

  • Mobilisation des réserves énergétiques : en l’absence d’apports alimentaires, le corps puise d’abord dans le glycogène, puis dans les graisses pour produire de l’énergie.

  • Effet sur le métabolisme : certaines études montrent une amélioration temporaire de la sensibilité à l’insuline et une meilleure régulation du glucose sanguin, ce qui peut favoriser une utilisation plus efficace de l’énergie.


Une perte de poids souvent modeste et temporaire

Les recherches menées sur le jeûne du Ramadan révèlent que la perte de poids moyenne se situe entre 1 et 2 kilos sur le mois, principalement chez les personnes en surpoids. Cependant, cette perte est généralement modérée et souvent temporaire. Dans les semaines suivant la fin du Ramadan, le poids tend à revenir à son niveau initial, surtout si les habitudes alimentaires précédentes reprennent.


En d’autres termes, le Ramadan n’est pas une cure minceur miraculeuse. La perte de masse grasse peut être réelle mais reste limitée, et elle dépend largement de l’alimentation adoptée pendant les repas et de l’activité physique.


Les facteurs qui influencent la perte de poids

Plusieurs éléments déterminent si le Ramadan peut contribuer à une perte de poids :
 

  1. Qualité des repas
    Un iftar riche en sucres rapides, fritures ou excès calorique peut neutraliser les effets du jeûne. À l’inverse, des repas équilibrés, avec des protéines maigres, des légumes et des glucides complexes, favorisent un métabolisme plus stable.

  2. Hydratation
    Boire suffisamment entre l’iftar et le shour aide à réguler l’appétit et à maintenir le métabolisme actif.

  3. Activité physique
    Même une activité légère à modérée, comme la marche ou le yoga, contribue à maintenir la dépense énergétique et à limiter la reprise de poids après le Ramadan.

  4. Sommeil et rythme de vie
    Le sommeil perturbé et les nuits courtes peuvent altérer la régulation hormonale et favoriser la faim, rendant la perte de poids plus difficile.


Perte de poids durable : l’importance de l’équilibre

Le Ramadan peut être un bon moment pour réapprendre à écouter son corps et adopter de meilleures habitudes alimentaires, mais il ne suffit pas à lui seul pour transformer durablement la silhouette. Pour prolonger les effets positifs sur le poids :
 

  • Maintenir une alimentation équilibrée après le Ramadan

  • Continuer à pratiquer une activité physique régulière

  • Respecter un rythme de sommeil suffisant et régulier


Le jeûne du Ramadan offre donc une occasion d’introspection sur ses habitudes alimentaires et de renforcer sa discipline, plutôt qu’un moyen rapide de perdre du poids de façon permanente.

En résumé, le Ramadan peut entraîner une perte de poids modérée, mais celle-ci est souvent temporaire et dépend largement des choix alimentaires, de l’activité physique et du rythme de vie. Plutôt que de viser uniquement la minceur, ce mois sacré peut être l’occasion de rééquilibrer son alimentation, adopter de meilleures habitudes et renforcer son bien-être général.


Vendredi 13 Février 2026



Rédigé par le Vendredi 13 Février 2026
Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur