Vers 22h45 GMT, le baril de WTI américain pour livraison en mai progressait de 2,89% à 114,76 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord pour échéance juin gagnait 2,04% à 111,26 dollars. Quelques minutes après l’ouverture, le WTI a même atteint 115,48 dollars, se rapprochant de son récent pic enregistré depuis le début des hostilités.
Un marché sous tension face au blocage du détroit d’Ormuz
Cette flambée s’explique en grande partie par la situation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 20% de l’offre mondiale de pétrole et de gaz. Depuis le début de la guerre, ce corridor est presque totalement fermé, perturbant fortement les flux énergétiques mondiaux.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a réitéré ses menaces de frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas ce passage clé d’ici mardi soir. En parallèle, il a évoqué des « bonnes chances » de parvenir à un accord, tout en laissant planer la possibilité d’une intervention militaire au sol.
Des répercussions déjà visibles à l’échelle mondiale
Les perturbations durent désormais depuis plus d’un mois et commencent à se faire sentir dans plusieurs régions du monde. Les prix des carburants ont déjà fortement augmenté, avec des tensions sur l’approvisionnement dans certains pays.
À Singapour, le prix de gros du gazole a atteint des niveaux historiques. Aux États-Unis, les prix à la pompe se rapprochent progressivement du record observé en 2022, lors du choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Cette situation rappelle justement les tensions de cette période, lorsque le Brent avait culminé à 139,13 dollars et le WTI à 130,50 dollars, sous l’effet d’un choc d’offre mondial.
Une volatilité qui pourrait durer
L’évolution des prix dépendra désormais de l’issue du conflit et de la situation dans le détroit d’Ormuz. Un retour rapide à la normale pourrait stabiliser les marchés, mais un prolongement des tensions ferait peser un risque durable sur les prix de l’énergie. Dans un contexte déjà marqué par des équilibres fragiles, les marchés pétroliers restent sous haute surveillance, alors que toute escalade supplémentaire pourrait entraîner une nouvelle flambée des cours dans les prochaines semaines.