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Plus de 400 morts dans un hôpital de Kaboul après une frappe pakistanaise


Rédigé par le Mardi 17 Mars 2026

Une frappe pakistanaise sur un hôpital pour toxicomanes de Kaboul a fait plus de 400 morts et 265 blessés lundi soir, selon les autorités afghanes, dans l’attaque la plus meurtrière depuis le début du conflit entre les deux pays.



Le drame et le bilan humain

Plus de 400 morts dans un hôpital de Kaboul après une frappe pakistanaise

Le centre médical Omid, qui accueillait entre 2 000 et 3 000 patients, a été totalement ravagé. Le porte-parole du ministère de la Santé, Sharafat Zaman, a précisé que les opérations de recherche se poursuivaient, tandis que les journalistes sur place ont constaté des dizaines de cadavres extraits des décombres. Les autorités ont appelé les familles à accepter l’inhumation collective des victimes.
 

Les témoignages des survivants reflètent l’ampleur de la tragédie. Habibullah Kabulbai, 55 ans, cherchait désespérément son frère admis quelques jours plus tôt : « Je suis ici depuis hier soir… Que faire, je n’ai pas de mots », confiait-il, entouré d’autres familles en quête de nouvelles.

Réactions internationales et démenti pakistanais

Le gouvernement afghan a accusé Islamabad d’avoir délibérément visé l’hôpital, tandis que le Pakistan a fermement démenti, affirmant que seules des cibles militaires étaient visées. Le Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés a réclamé une enquête indépendante et rapide. L’UE, la Chine et l’Inde ont appelé à la retenue, certains dénonçant cette frappe comme une « attaque barbare ». La mission de l’ONU en Afghanistan a présenté ses condoléances aux familles des victimes.
 

Les affrontements entre Afghanistan et Pakistan s’intensifient depuis des mois. Islamabad accuse Kaboul d’accueillir des combattants du mouvement taliban pakistanais (TTP), responsables d’attaques sur le sol pakistanais. Après une escalade en octobre 2025, les combats avaient connu un répit relatif avant de reprendre le 26 février, avec de nouvelles frappes pakistanaises sur Kaboul.
 

Selon l’ONU, depuis le 26 février, au moins 76 civils afghans ont été tués dans le conflit et plus de 115 000 familles ont été déplacées dans les provinces de l’Est et du Sud. Les efforts diplomatiques, y compris la médiation d’un émissaire chinois début mars, n’ont pas permis de parvenir à un cessez-le-feu.
 

Les opérations de secours continuent, tandis que l’enquête internationale sur l’attaque est attendue. La situation humanitaire risque de se détériorer, et la pression diplomatique sur les deux pays pourrait s’intensifier. Les prochaines semaines seront cruciales pour éviter une escalade militaire supplémentaire et pour assurer la protection des civils dans la région.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 17 Mars 2026