Spirit Airlines ne transporte plus personne. Pourtant, quelque chose continue de valoir de l’argent dans les décombres de la compagnie américaine : sa mémoire numérique.
Google a remporté une enchère judiciaire avec une offre de 10 millions de dollars pour récupérer une partie considérable des données internes et logiciels de Spirit Airlines. Pas les avions. Pas les sièges. Pas même le fichier des voyageurs. Mais ce que des milliers de salariés ont produit pendant des années derrière leurs écrans.
Et les chiffres donnent le vertige.
Le lot comprend environ 100 millions d'e-mails, 500 millions de messages Microsoft Teams, plus de 17 millions de fichiers OneDrive, des millions de documents SharePoint ainsi que 516 dépôts de code représentant quelque 30 millions de lignes de logiciels développés par Spirit. S'y ajoutent des données opérationnelles, financières, tarifaires, commerciales et des archives concernant les salariés.
Pourquoi Google veut-il cette montagne de vieux fichiers ?
Deux lettres suffisent presque à répondre : IA.
Google reconnaît que ces données pourront servir au développement de ses produits et à l'amélioration de ses modèles d'intelligence artificielle. L'intérêt est considérable : Internet regorge de textes publics, mais beaucoup moins de données montrant comment fonctionne réellement une grande entreprise de l'intérieur.
Une compagnie aérienne constitue à cet égard un laboratoire exceptionnel. Chaque jour, elle doit gérer des prix, des équipages, des avions, des retards, des incidents techniques, des remboursements, des plannings, des clients mécontents et des milliers de décisions prises dans l'urgence.
Autrement dit, Google n'achète pas seulement des documents. Il achète des décennies de problèmes et les traces laissées par les humains qui ont tenté de les résoudre.
Et cela explique peut-être pourquoi Mercor, société spécialisée dans l'IA, était également sur les rangs avec une offre de 7,5 millions de dollars. Il existait donc bien un marché pour cette « mémoire morte ».
Reste une question beaucoup moins confortable : à qui appartiennent nos conversations professionnelles lorsque notre employeur disparaît ?
Les profils de passagers et les données du programme de fidélité sont exclus de la transaction, et les données transférées doivent être désidentifiées par un tiers. Google s'est également engagé à ne pas tenter de réidentifier les personnes.
Mais le syndicat représentant d'anciens personnels navigants de Spirit conteste les garanties concernant les salariés. Le juge Sean Lane a donc reporté l'examen de l'opération au 9 septembre.
Voilà peut-être la véritable histoire.
Pendant des décennies, lorsqu'une entreprise mourait, ses vieux mails étaient surtout des archives encombrantes.
À l'âge de l'intelligence artificielle, ils deviennent une matière première.
Et demain, dans une faillite, après avoir vendu les immeubles, les machines et les véhicules, le liquidateur pourrait bien demander : « Combien vaut la mémoire numérique de cette entreprise ? »
Et les chiffres donnent le vertige.
Le lot comprend environ 100 millions d'e-mails, 500 millions de messages Microsoft Teams, plus de 17 millions de fichiers OneDrive, des millions de documents SharePoint ainsi que 516 dépôts de code représentant quelque 30 millions de lignes de logiciels développés par Spirit. S'y ajoutent des données opérationnelles, financières, tarifaires, commerciales et des archives concernant les salariés.
Pourquoi Google veut-il cette montagne de vieux fichiers ?
Deux lettres suffisent presque à répondre : IA.
Google reconnaît que ces données pourront servir au développement de ses produits et à l'amélioration de ses modèles d'intelligence artificielle. L'intérêt est considérable : Internet regorge de textes publics, mais beaucoup moins de données montrant comment fonctionne réellement une grande entreprise de l'intérieur.
Une compagnie aérienne constitue à cet égard un laboratoire exceptionnel. Chaque jour, elle doit gérer des prix, des équipages, des avions, des retards, des incidents techniques, des remboursements, des plannings, des clients mécontents et des milliers de décisions prises dans l'urgence.
Autrement dit, Google n'achète pas seulement des documents. Il achète des décennies de problèmes et les traces laissées par les humains qui ont tenté de les résoudre.
Et cela explique peut-être pourquoi Mercor, société spécialisée dans l'IA, était également sur les rangs avec une offre de 7,5 millions de dollars. Il existait donc bien un marché pour cette « mémoire morte ».
Reste une question beaucoup moins confortable : à qui appartiennent nos conversations professionnelles lorsque notre employeur disparaît ?
Les profils de passagers et les données du programme de fidélité sont exclus de la transaction, et les données transférées doivent être désidentifiées par un tiers. Google s'est également engagé à ne pas tenter de réidentifier les personnes.
Mais le syndicat représentant d'anciens personnels navigants de Spirit conteste les garanties concernant les salariés. Le juge Sean Lane a donc reporté l'examen de l'opération au 9 septembre.
Voilà peut-être la véritable histoire.
Pendant des décennies, lorsqu'une entreprise mourait, ses vieux mails étaient surtout des archives encombrantes.
À l'âge de l'intelligence artificielle, ils deviennent une matière première.
Et demain, dans une faillite, après avoir vendu les immeubles, les machines et les véhicules, le liquidateur pourrait bien demander : « Combien vaut la mémoire numérique de cette entreprise ? »