Près de 80 % de la dette bilatérale marocaine est détenue par l'UE


Rédigé par le Jeudi 29 Octobre 2026

À fin 2025, les pays de l'Union européenne concentraient 79,7 % de la dette extérieure publique du Maroc détenue par des créanciers bilatéraux. Avec un encours bilatéral global de 103,1 milliards de dirhams, la France et l'Allemagne occupent les premières places. Une situation qui éclaire l'importance financière des relations entre Rabat et ses partenaires européens.



Diversifier les financements sans fragiliser les équilibres

Les relations économiques entre le Maroc et l'Union européenne ne se limitent pas aux échanges commerciaux, aux investissements et aux partenariats industriels. Elles occupent également une place importante dans le financement de la dette extérieure publique du Royaume.

Selon les données du rapport sur la dette publique accompagnant le projet de loi de finances 2027, les créanciers bilatéraux détenaient, à fin 2025, un encours de 103,1 milliards de dirhams sur le Maroc. Sur ce montant, 79,7 % étaient concentrés auprès de pays membres de l'Union européenne, confirmant le poids des partenaires européens dans la structure de financement extérieure du Royaume.

Il faut toutefois distinguer la dette bilatérale de l'ensemble de la dette extérieure publique. La première correspond aux engagements envers des États ou leurs organismes de financement. Elle représentait 19,9 % de l'encours total de la dette extérieure publique à fin 2025. Autrement dit, le chiffre de 79,7 % ne signifie pas que l'Union européenne détient près de 80 % de toute la dette extérieure marocaine, mais bien de sa composante bilatérale.

Dans le détail, la France apparaît comme le principal créancier bilatéral, avec 39,8 milliards de dirhams, soit 38,6 % de cet encours. L'Allemagne arrive en deuxième position avec 28,6 milliards de dirhams, suivie de l'Espagne avec 6,6 milliards. À elles seules, la France et l'Allemagne concentrent donc 68,4 milliards de dirhams de créances bilatérales. Cette répartition reflète des relations financières anciennes et des mécanismes de coopération mobilisés pour accompagner différents projets de développement.

L'endettement extérieur peut constituer un instrument utile lorsqu'il permet de financer des infrastructures, des équipements publics ou des investissements productifs dans des conditions favorables. Mais une forte concentration géographique des créanciers soulève également la question de la diversification des sources de financement. Pour le Maroc, l'enjeu consiste à préserver l'accès aux financements européens tout en consolidant ses relations avec les institutions multilatérales et les autres partenaires internationaux.

La soutenabilité de la dette dépend, par ailleurs, de plusieurs facteurs : coût des emprunts, échéances de remboursement, exposition aux devises et capacité de l'économie à générer des recettes suffisantes. À l'heure où le Royaume multiplie les grands projets industriels et d'infrastructures, la question n'est donc pas seulement de savoir auprès de qui il emprunte, mais surtout comment les financements obtenus contribuent à créer de la richesse durablement.




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Jeudi 29 Octobre 2026
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