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Princeton : le Maroc réinvente sa souveraineté numérique grâce à l’IA


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 26 Mars 2026

Le Maroc trace une voie ambitieuse vers la souveraineté numérique et la compétitivité économique en plaçant l’intelligence artificielle (IA) au cœur de ses priorités stratégiques. Cette dynamique, renforcée par la feuille de route AI Made in Morocco, vise à transformer le Royaume en un hub d’innovation technologique capable de répondre aux défis locaux tout en s’inscrivant comme un moteur de développement durable à l’échelle africaine.



Princeton : le Maroc réinvente sa souveraineté numérique grâce à l’IA

Lors de la 4ᵉ édition des Africa Impact Lectures à l’université de Princeton, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a exposé une vision claire : l’IA doit être un vecteur de puissance, d’innovation et d’équité territoriale. Elle a insisté sur la nécessité pour l’Afrique, et pour le Maroc en particulier, de ne pas se contenter de fournir des données, mais de maîtriser la création de valeur technologique.
 

L’enjeu est de taille : dans un contexte mondial où les technologies numériques et les ressources associées sont de plus en plus concentrées entre quelques grandes puissances, le Maroc se fixe pour objectif d’assurer sa souveraineté technologique tout en stimulant l’économie.
 

Au cœur de cette stratégie nationale figure le programme “AI Made in Morocco”, présenté officiellement lors d’une journée d’étude tenue à Rabat en janvier 2026. Cette initiative, qui s’inscrit dans la continuité des Assises nationales de l’intelligence artificielle, ambitionne de structurer un écosystème national fondé sur plusieurs piliers : souveraineté technologique, développement des compétences, innovation endogène, confiance des citoyens et inclusion territoriale.
 

Concrètement, la feuille de route prévoit notamment la création d’un réseau national de centres d’excellence baptisés “Jazari Institutes”, du nom du savant ingénieur Al‑Jazari. Ces centres ont pour mission de rapprocher recherche scientifique, innovation industrielle et transformation des services publics, en impulsant des projets ancrés dans les besoins réels du pays.
 

Cette stratégie s’accompagne d’objectifs ambitieux. Selon les dernières projections économiques, l’IA pourrait contribuer à hauteur de 100 milliards de dirhams (environ 10 milliards de dollars) au PIB marocain d’ici 2030, en favorisant la création d’emplois spécialisés, la formation de talents et l’intégration de technologies avancées dans les administrations et les entreprises.
 

Parmi les initiatives concrètes, des partenariats public‑privé voient le jour pour renforcer la recherche, comme celui signé avec des acteurs internationaux de la technologie pour développer des outils d’IA générative adaptés au contexte marocain. L’objectif : bâtir des solutions qui respectent les valeurs éthiques, la protection des données et les besoins socio‑économiques nationaux.
 
Du campus de Princeton aux laboratoires marocains, le message est sans équivoque : l’IA ne doit pas être une question secondaire dans l’agenda national. Elle est devenue un levier stratégique capable de renforcer la souveraineté, d’accélérer la croissance et de réduire les inégalités territoriales. Le Maroc en a fait une priorité. La route est ambitieuse, mais les premières fondations posées promettent une transformation profonde du paysage technologique du pays.





Jeudi 26 Mars 2026