Onze personnalités, deux visions, un objectif : refonder la relation franco-marocaine
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le futur traité d'amitié entre le Maroc et la France n'a pas été rédigé par les seules administrations des deux pays. Les gouvernements auront naturellement le dernier mot lors des négociations finales, mais l'architecture intellectuelle et stratégique du texte a d'abord été confiée à un comité de onze personnalités choisies directement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron.
Ce choix est loin d'être anodin. Il traduit la volonté des deux capitales de construire un traité qui dépasse les contingences politiques pour inscrire la relation franco-marocaine dans le temps long.
Ce choix est loin d'être anodin. Il traduit la volonté des deux capitales de construire un traité qui dépasse les contingences politiques pour inscrire la relation franco-marocaine dans le temps long.
Un comité de "sages" plutôt qu'une commission diplomatique
Le comité réunit six personnalités marocaines et cinq françaises.
La partie française est coordonnée par Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, figure reconnue de la diplomatie française. Autour de lui siègent notamment l'ancienne ministre des Armées Florence Parly, le président du conseil d'administration de Safran Ross McInnes, l'ancienne ministre Sarah El Haïry et l'ancien secrétaire général du Quai d'Orsay Christian Masset.
Côté marocain, les premières informations n'avaient révélé que trois noms. Les investigations publiées par Le Monde ont depuis permis de compléter la composition du comité.
Six profils qui racontent la vision marocaine
La délégation marocaine est coordonnée par Chakib Benmoussa, Haut-Commissaire au Plan, ancien ambassadeur du Maroc à Paris et ancien ministre de l'Éducation.
À ses côtés figure Mostafa Terrab, président-directeur général du Groupe OCP, incarnation de la puissance industrielle et économique du Royaume.
La troisième personnalité est Mounia Boucetta, ancienne secrétaire d'État aux Affaires étrangères et ancienne dirigeante de Madaëf (groupe CDG), reconnue pour son expérience diplomatique et économique.
Les trois autres membres, révélés par Le Monde, donnent une tout autre dimension au projet.
Le premier est Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, ancien président du CNDH et figure majeure des questions migratoires, du dialogue interculturel et des droits humains.
La deuxième est Leïla Slimani, écrivaine franco-marocaine, prix Goncourt, dont la présence illustre l'importance accordée à la culture, à la francophonie, aux industries créatives et au dialogue entre les sociétés civiles.
Enfin, Rachid Benzine, islamologue, politologue et écrivain, apporte une expertise sur les questions de société, le dialogue des cultures, l'éducation et les enjeux intellectuels contemporains.
La composition de ce comité est probablement l'un des meilleurs indicateurs de la philosophie du futur traité.
On y trouve naturellement des économistes et des industriels.
Mais on y retrouve également des diplomates, des intellectuels, des écrivains, des spécialistes des migrations, des universitaires et des responsables du monde culturel.
Autrement dit, Rabat et Paris considèrent que leur relation ne peut plus être uniquement économique ou sécuritaire.
Elle doit également intégrer les dimensions humaines, culturelles, académiques, scientifiques et sociétales.
La partie française est coordonnée par Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, figure reconnue de la diplomatie française. Autour de lui siègent notamment l'ancienne ministre des Armées Florence Parly, le président du conseil d'administration de Safran Ross McInnes, l'ancienne ministre Sarah El Haïry et l'ancien secrétaire général du Quai d'Orsay Christian Masset.
Côté marocain, les premières informations n'avaient révélé que trois noms. Les investigations publiées par Le Monde ont depuis permis de compléter la composition du comité.
Six profils qui racontent la vision marocaine
La délégation marocaine est coordonnée par Chakib Benmoussa, Haut-Commissaire au Plan, ancien ambassadeur du Maroc à Paris et ancien ministre de l'Éducation.
À ses côtés figure Mostafa Terrab, président-directeur général du Groupe OCP, incarnation de la puissance industrielle et économique du Royaume.
La troisième personnalité est Mounia Boucetta, ancienne secrétaire d'État aux Affaires étrangères et ancienne dirigeante de Madaëf (groupe CDG), reconnue pour son expérience diplomatique et économique.
Les trois autres membres, révélés par Le Monde, donnent une tout autre dimension au projet.
Le premier est Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, ancien président du CNDH et figure majeure des questions migratoires, du dialogue interculturel et des droits humains.
La deuxième est Leïla Slimani, écrivaine franco-marocaine, prix Goncourt, dont la présence illustre l'importance accordée à la culture, à la francophonie, aux industries créatives et au dialogue entre les sociétés civiles.
Enfin, Rachid Benzine, islamologue, politologue et écrivain, apporte une expertise sur les questions de société, le dialogue des cultures, l'éducation et les enjeux intellectuels contemporains.
La composition de ce comité est probablement l'un des meilleurs indicateurs de la philosophie du futur traité.
On y trouve naturellement des économistes et des industriels.
Mais on y retrouve également des diplomates, des intellectuels, des écrivains, des spécialistes des migrations, des universitaires et des responsables du monde culturel.
Autrement dit, Rabat et Paris considèrent que leur relation ne peut plus être uniquement économique ou sécuritaire.
Elle doit également intégrer les dimensions humaines, culturelles, académiques, scientifiques et sociétales.
Une nouvelle génération de relation bilatérale
Le futur traité devrait ainsi couvrir des domaines aussi variés que :
Au-delà du contenu, c'est aussi la méthode qui mérite d'être soulignée. Confier la préparation d'un traité d'une telle importance à un groupe de personnalités issues de parcours très différents est relativement inédit dans la relation franco-marocaine. Cette approche traduit la volonté de dépasser la seule logique diplomatique pour bâtir un texte nourri par des expériences complémentaires : l'État, l'entreprise, l'université, la culture, la recherche et la société civile.
Le travail de ce comité entre désormais dans sa phase opérationnelle. Le Premier ministre français est attendu à Rabat avec une délégation comprenant plus de la moitié des membres du gouvernement français pour la Commission mixte de haut niveau du 16 juillet. Cette réunion devrait permettre de transformer les orientations élaborées par les onze personnalités en engagements gouvernementaux concrets.
Si le calendrier est respecté, le traité sera ensuite soumis probablement à la signature des deux chefs d'État lors de la visite officielle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Paris. Ce jour-là, le texte cessera d'être un projet pour devenir le nouveau cadre politique de la relation entre le Maroc et la France pour les années à venir.
- l'énergie et l'interconnexion électrique ;
- la défense et les industries stratégiques ;
- la sécurité ;
- la préparation de la Coupe du monde 2030 ;
- la recherche scientifique ;
- l'enseignement supérieur ;
- la culture et les industries créatives ;
- le nucléaire civil.
Au-delà du contenu, c'est aussi la méthode qui mérite d'être soulignée. Confier la préparation d'un traité d'une telle importance à un groupe de personnalités issues de parcours très différents est relativement inédit dans la relation franco-marocaine. Cette approche traduit la volonté de dépasser la seule logique diplomatique pour bâtir un texte nourri par des expériences complémentaires : l'État, l'entreprise, l'université, la culture, la recherche et la société civile.
Le travail de ce comité entre désormais dans sa phase opérationnelle. Le Premier ministre français est attendu à Rabat avec une délégation comprenant plus de la moitié des membres du gouvernement français pour la Commission mixte de haut niveau du 16 juillet. Cette réunion devrait permettre de transformer les orientations élaborées par les onze personnalités en engagements gouvernementaux concrets.
Si le calendrier est respecté, le traité sera ensuite soumis probablement à la signature des deux chefs d'État lors de la visite officielle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Paris. Ce jour-là, le texte cessera d'être un projet pour devenir le nouveau cadre politique de la relation entre le Maroc et la France pour les années à venir.