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Rafah : Le leurre d'une réouverture sous le joug de l'occupant


Rédigé par le Mardi 3 Février 2026



Alors que la catastrophe humanitaire à Gaza atteint des sommets insoutenables, l’annonce de la réouverture du poste-frontière de Rafah aurait dû être une lueur d’espoir. Il n’en est rien. Cette mesure, présentée comme un geste d'apaisement, s'avère être une manœuvre cynique, opérée dans des conditions floues et draconiennes. Pour la population gazaouie, qui résiste héroïquement sous les bombes et la famine, cette ouverture au compte-gouttes ressemble davantage à une prolongation du supplice qu'à une véritable bouffée d'oxygène.

Gaza étouffée : La réouverture de Rafah n'est qu'un mirage humanitaire

Rafah : Le leurre d'une réouverture sous le joug de l'occupant
Le monde regarde, mais Gaza continue de mourir à petit feu. La réouverture annoncée du poste-frontière de Rafah, seul lien terrestre de l'enclave non contrôlé directement par les forces d'occupation israéliennes, s'est faite dans une confusion totale et délibérée. Loin de permettre l'afflux massif de vivres, de médicaments et de carburant dont les 2,3 millions d'habitants ont désespérément besoin, ce "geste" se traduit sur le terrain par un filtrage humiliant et une bureaucratie de la mort. Les camions d'aide s'accumulent côté égyptien, tandis qu'à l'intérieur, les hôpitaux s'effondrent et les enfants meurent de faim.

Il est clair que l'entité occupante utilise l'aide humanitaire comme une arme de guerre, un levier de chantage pour tenter de briser la volonté de la résistance palestinienne. En maintenant le flou sur les horaires, les quantités autorisées et les catégories de personnes pouvant transiter, l'occupant installe une terreur psychologique qui s'ajoute à la terreur militaire. C'est une stratégie d'étranglement calculée : ouvrir juste assez pour éviter une condamnation internationale trop virulente, mais fermer suffisamment pour maintenir la population dans un état de survie précaire et de dépendance absolue.

Cette gestion arbitraire de la frontière est une violation flagrante du droit international et de la dignité humaine. Mais face à cette tentative d'humiliation collective, le peuple de Gaza fait preuve d'une résilience qui force l'admiration. Le refus de céder au désespoir, malgré la destruction systématique des infrastructures civiles et le blocus hermétique, est en soi un acte de résistance. Les Gazaouis ne demandent pas la charité au compte-gouttes ; ils exigent la levée totale et inconditionnelle du blocus.

La communauté internationale, par son silence ou ses timides protestations, se rend complice de cette mascarade à Rafah. Tant que les clés de la prison à ciel ouvert qu'est devenue Gaza resteront dans les mains de ceux qui la bombardent, toute annonce d'ouverture restera une illusion tragique. La véritable solution ne réside pas dans l'ouverture partielle d'une porte grillagée, mais dans la fin de l'occupation et la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien à vivre libre sur sa terre.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 3 Février 2026