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Reconnaissance au Maroc en 2026 - Épisode 1


Par : Rachid Boufous.



Reconnaissance au Maroc en 2026 - Épisode 1
En 1884 Charles de Foucauld publie son célèbre livre « Reconnaissance au Maroc ». Il avait réussi à sillonner le pays du nord au sud  alors interdit aux étrangers, grimé en rabbin juif et accompagné en cela par Mardochee Abu Serour, qui lui servit de guide. 

De Foucauld fournit un livre exceptionnel sur l’état du Maroc  dans la seconde moitié du 19eme siècle et qui servira, vingt cinq ans plus tard aux français, pour prendre pied dans l’empire chérifien. Ses descriptions des lieux traversés a attiré mon attention. 
Je vais essayer de reprendre la même démarche en décrivant les régions que je traverse, au gré de mes pérégrinations à travers le Maroc en 2026, soit un siècle et demi après le passage de De Foucauld. 

Ce voyage se fera sur plusieurs mois, ne respectera pas forcément le même parcours que le faux rabbins, mais apportera un éclairage la transformation de notre pays et qu’il est devenu, depuis ce passage…

Jour 1 :
Je pars de Casablanca vers mon fief dans le Tafilalet, précisément à Goulmima située à 60km d’Errachidia dans le sud-est marocain. Huit heures de route.

Je choisis d’y aller en voiture, afin de profiter des paysages, bien qu’un vol aérien d’une heure de trajet, existe une fois par jour de Casablanca à Errachidia. 

Je compte passer une semaine à Goulmima à l’occasion de l’Aid El Kebir 2026. 

Je traverse un Casablanca vide pour un dimanche. 

J’ai pris toutes mes affaires, mon ordinateur, le monde moderne a ses impératifs, on ne peut plus se passer de son bureau ambulant. 
Je prends la rocade urbaine vers Berrechid, avant de bifurquer par l’autoroute de Benimellal-Tadla. 

Je décide d’aller dans le Tafilalet par le milieu du pays, en lieu et place de la route habituelle par rabat- meknes-azrou, qui risque d’être très chargée en ces journées avant l’aid ou beaucoup de marocains  voyagent autant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. 

C’est l’une des grandes révolutions de ces vingt-cinq dernières années. La construction d’autoroutes et le développement de l’aérien, ont facilité les déplacements, même si traditionnellement, les gens rentrent chez eux dans le bled. Le principal mode de déplacement de masse reste le car et l’accès au crédit a grandement facilité l’acquisition de voitures personnelles. Les autoroutes du pays sont bien faites et largement pourvues d’aires de repos et de stations de services. L’autoroute de Casablanca -BeniMellal reste désespérément vide, les gens préfèrent encore la route nationale, gratuite.

Toutefois la sécurité apportée par l’autoroute reste appréciable, notamment en cas de pépin. 

La plaine de la Chaouia, et du Mzab s’étendent devant nos yeux, portant des milliers d’hectares de blé. Il y’a trois mois cette même pleine était verte à perte de vue. Cette année il a plu beaucoup. Les nappes se sont rechargées ainsi que les barrages. Les agriculteurs ont commencé les moissons cette fin du mois de mai.  Le paysage d’or qui se déploie devant les yeux est exceptionnel. 
J’arrive à Kasba Tadla, je sors de l’autoroute et prends la route régionale R308. 

À partir de là les voitures que je rencontre sont des pickups, on pénètre dans le monde rural. 

Kasba Tadla fut créé par Moulay Ismael à la fin du 17eme siècle, au même titre que 70 autres Kasbahs, qui jouaient le rôle de relais pour les voyageurs, d’observatoire des tribus, mais aussi fortins de défense. 

Beaucoup de chroniques historique racontaient qu’une femme ou un juif pouvaient traverser, à pied, l’empire du Grand Ismael sans qu’ils craignent pour leurs vies…

Ces Kasbas étaient bâties à proximité de gués d’oueds importants comme l’immense Oum Errabii qui traverse Kasba Tadla. 
À l’époque du Grand Sultan le Maroc et cette région étaient une immense forêt dense avec plein de fauves, de lions, de sangliers ou de panthères. Thomas Pellow, renégat anglais, qui vécut et sérvit sous Moulay Ismael, raconta tout cela dans un fabuleux livre qui nous est parvenu « L'histoire de la longue captivité et des aventures de Thomas Pellow dans le Sud de la Barbarie » vers 1743…
Kasba Tadla est aujourd’hui un gros bourg, un peu quelconque. La Kasba est presque en ruine. Pourtant par le passé Kasbah Tadla était un noeud important entre le nord et le sud du Maroc et le passage obligé sur la fameuse route des Sultans, qui allait de Fès à Marrakech. 

Aujourd’hui encore les cars de touristes qui viennent de Marrakech passent obligatoirement par Kasba Tadla, avant de prendre par Moulay Bouazza, Khenifra, Meknes et enfin Fès. On ne s’arrête plus à Kasba Tadla de nos jours, on ne fait que la traverser…

Je prends le fameux pont, toujours utilisé de nos jour et qui fut bâti par Moulay Ismael pour traverser l’oued Oum Errabii. 

L’immense écrivain Driss Chraibi a écrit un roman intitulé « La mère du printemps «  traduction littérale de Oum Errabii : un immense roman historique et philosophique consacré à la rencontre, souvent violente, parfois féconde, entre le monde berbère et l’arrivée de l’islam au Maghreb. 

Le livre se déroule sur plusieurs époques et suit la mémoire des Aït Yafelman, « les Fils de l’Eau », peuple amazigh vivant autour du fleuve Oum-er-Bia au Maroc.  

Le roman s’ouvre au VIIe siècle, dans la cité berbère d’Azemmour, au moment où les armées arabes menées par Oqba Ibn Nafi approchent du Maroc. Les tribus amazighes sentent qu’un monde ancien est sur le point de disparaître. Jusqu’alors, elles avaient résisté aux Phéniciens, aux Romains et aux autres envahisseurs, mais les nouveaux conquérants apportent quelque chose de différent : non seulement une domination politique, mais une religion universelle prétendant transformer les âmes elles-mêmes. 

Le roman traverse ensuite les siècles comme une longue méditation sur la mémoire. Les générations se succèdent, mais la terre demeure. Le fleuve Oum-er-Bia devient le véritable personnage principal du livre : symbole de continuité, de survie et de renaissance. L’épilogue transporte brutalement le lecteur au XXe siècle, dans un Maroc moderne, pauvre et marginalisé, où vit Raho Aït Yafelman, descendant lointain des anciens Berbères. Ce personnage magnifique incarne la mémoire vivante du peuple amazigh. Misérable matériellement mais immense intérieurement, il médite sur l’histoire, la religion, la pauvreté et le temps. 

Ce livre de Chraibi est fondateur, si l’on veut comprendre ce Maroc profond balloté entre les siècles et soubresauts d’une histoire riche mais très contrastée…

En quittant Kasbah Tadla je passe devant les trois fourches, une immense stèle célébrant les armées du protectorat érigée par les français.

Je reprends la route régionale en direction de Zaida. Je traverse des paysages magnifiques, faits de plaines et de montagnes, l’immense chaîne de Atlas,  l’Adrar N’dern comme la surnomment les Amazighs, nous guette à notre droite. 

J’arrive à Zawiyet Cheikh, juste après avoir entraperçu El Kçiba au loin dans la montagne.

Une très belle ville Zawiyet Cheikh, située dans un pays très riche sur plan agricole, dopée par la présence à proximité du barrage Al Hansali. Une terre d’agrumes, d’oliviers, de pommiers, de blé, d’orge. 

La ville est très propre et bien entretenue. Même l’architecture n’y est pas très moche. Zwiyet Cheikh gagnerait à être une province à part entière. Vivement qu’un futur ministre puissant en soit originaire, afin qu’elle ait son propre gouverneur… En tous cas elle le mériterait amplement. 

Le barrage Al Hansali sur l’oued Oum Errabii est vital pour la région. Il porte le nom d’un nationaliste, aujourd’hui oublié, qui fut surnommé à la fin du protectorat « la terreur du Tadla », tant il avait semé la peur et la dévastation, pour libérer son pays du joug des colons, qui avaient spolié toutes les belles terres de la région à leur propre profit, réduisant à la misère la population locale. Il sera condamné à mort et exécuté. 

Des héros comme Al Hansali, il y’en a, à la pelle dans la région, mais aucun musée ni panthéon ne les célèbre. Il faut aller chercher leurs vies et leurs destins dans les sombres pages des historiens. 

Les jeunes générations ne connaissent rien ou presque de cette fabuleuse histoire des hommes et femmes qui ont défendu la belle terre du Maroc. On ne fabrique pas une grande nation en occultant celles et ceux qui l’on bâtie…

Au loin je remarque Ait Ishaq et Tighessaline, anciens bourgs perchés sur des monticules, devenus des villes moyennes intermédiaires, contribuant à freiner la lourde migration qui vient écraser les villes du littoral atlantique. 

Ici on pénètre dans la province de Khenifra. La mythique région du non moins mythique Caid Moha Ou Hammou Azayyi, chef de la confédération des Ait Oumalou des Zayanes et résistant farouche au protectorat. 

Il avait sa Kasbah à Khenifra, que les français prirent en août 1914, mais Moha avait anticipé l’arrivée des armées coloniales et s’était réfugié à 12km de là, à Elle Herri. 

Le 14 novembre 1914, deux mois après le début de la première guerre mondiale, un colonel écervelé du nom de Laverdure, en mal d’action et désobéissant aux consignes stricts du résident général Lyautey de ne rien tenter contre les Zayanes, voulut tenter de prendre El Herri et Moha ou Hammou. 

Celui-ci , grâce à son réseau d’espions, quitta in extremis le camps, avant de fondre avec ses copagnons sur la colonne française et la décimer entièrement. Tous les officiers français moururent y compris le colonel Laverdure. 

Moha ou Hammou continua la guérilla contre les Français jusqu’en 1921, quand il mourut les armes à la main. Peu avant, il demanda à ses fils de rejoindre les Français et de leur remettre les armes, afin d’éviter plus de morts inutiles, face à l’avancée et aux armes modernes de l’envahisseur. 

Tous accepteront de déposer les armes sauf un, Miaammi, surnommé « Outfassit », le fils de la fassia. Il préféra rester avec son père, avant de partir plus au sud, après le décès du grand Caïd. Miaammi resta quelques temps à Tinjdad chez la famille de ma mère, avant de continuer son parcours plus au sud, toujours pourchassé par les armées françaises, qui voyaient en lui, le dernier des mohicans marocains…

À partir d’ici commence les forêts de cèdre, de chêne-liège, de genévrier de caroubier sauvage, qui culmine avec Sidi Yahya Ou Saad, un autre bourg perché dans la montagne, avec une vue imprenable sur les vallées environnante. Tout cela est très vert. 

Les arbres arrachent leur survie à des pentes de terre abruptes. Les arbres comme les Hommes, survivent ici depuis des millénaires, face à des éléments rudes. Il neige beaucoup dans la région en hiver et les routes sont souvent fermées à la circulation. 

Je traverse à présent des plaines basses, où les champs d’orge, de blé et surtout d’agrumes s’étendent à perte de vue. Des serres faites de basses protègent les champs de pompiers contre les oiseaux. Je suis à Aghbalou N’icerdan, « le pays du tuyau ». 

On se sert des tuyaux de différentes  dimensions pour faire du goutte-à-goutte. Partout il n’ya que du pvc et polypropylène. Encore un « miracle » du plan Maroc Vert, qui permet aux grands propriétaires terriens de tout faire subventionner par l’Etar pour développer leurs domaines et qui a laissé malheureusement le petit agriculteur sur le carreau…

On le voit d’ailleurs dans les bourgs traversés, les cafés sont pleins de jeunes désœuvrés, car la mécanisation et la modernisation de l’agriculture, offre peu d’emplois pérennes. 

Les grands agriculteurs se peignent souvent de ne pas trouver d’ouvriers agricoles. 

Au prix où ils sont payés, ces derniers, ils préfèrent ne pas travailler et attendre dans les cafés un hypothétique départ vers un ailleurs meilleur. 

Plus personne ne veut passer sa vie en travailleur quinaire « Khemmass » comme dans les anciens temps. TikTok et les réseaux sociaux inutiles sont passés par là rendant la paresse et l’oisiveté de nouvelles doctrines bien encrées dans le monde rural. 

Finie Tamara… plutôt rester pauvres que de trimer dans les champs pour les ventripotents des villes, pour un salaire qu’ils jugent miséreux !

C’est cela que les décideurs de Rabat et les adeptes des PowerPoint des cabinets conseil n’ont pas vu venir, malgré les ambitions affichées et réelles du plan Maroc Vert. 

Le rural marocain se transforme à grande vitesse, mais pas dans le bon sens. Car l’équité sociale y est de moins en moins palpable et les ruraux continueront à migrer vers les villes en masse…

Je travers la plaine riche de Boumia, le bourg qui a vu naître mon frère aîné Driss au début des années 60 et où mon père avait été juge résident. 

Une époque où la justice était itinérante, où les juges parlaient la langue amazigh et justiciables étaient compris dans leurs doléances et plaintes. 

Tout cela mourut vers 1965 et l’arabisation, ou plutôt « l’unification » des justices existantes. Dorénavant, la justice sera rendue en arabe et les juges itinérant déplacés dans les grandes villes, au désespoir des justiciables des montagnes et des plaines, qui devaient faire des centaines de kilomètres, avant d’obtenir justice, dans une langue qu’ils comprenaient que rarement et par bribes…

J’arrive enfin à Zaida le noeud gordien sur la route vers le Tafilalet. Zaida c’est un bourg né de l’économie routière, une halte indispensable après 3 ou 4 heures d’où que l’on vienne. 

On y mange très bien, notamment la Kefta aux oignons et à la tomates ou les délicieuses côtelettes des moutons réputé de Guigou à Timahdite.  On y fait aussi le plein de fruits à Zaida, moitié moins que nulle part au Maroc. 

Je reprends la route nationale 13 en direction de Midelt. Le paysage change. 

Au loin on voit le mont Ayyachi portant encore sa robe blanche, même se mois de mai. Un paysage de steppes et de Toundra, quasi désertique mais grand parcours pastoral. Midelt fut une grande ville garnison, créé par les Français. 

Fondée en 1917 par le protectorat français, Midelt tire son origine d'une garnison militaire établie à Tachiouine. Située dans la Haute Moulouya, elle est rapidement devenue un pôle administratif et le centre névralgique de l'exploitation minière comme le plomb ou la barytine où ils furent exploités dans les régions de Mibladen et d’Ahouli. 

Le nom Midelt dérive du mot amazigh Tissemdelt, qui signifie « couvercle » et portait aussi le nom de Outat. Il fait référence à une formation géologique locale en forme de table située à l'ouest de la ville. 

En 1907  furent découverts des premiers gisements miniers dans la région d'Outat Aït Izdeg. 

En 1926  verraxla Création de la Société des mines d'Ahouli par la compagnie de l'Afrique du Nord. Pour soutenir l'industrie, la ville a été équipée de l'une des premières centrales électriques du Maroc en 1928, d'un aérodrome et a même été reliée par le train jusqu'en 1935. 

À cette période, les mines employaient plus de 1500 ouvriers encadrés exclusivement par des Français. En 1975, la société PENAROYA , abandonnait son activité minière dans la région de Midelt. Le BRPM, avait repris alors l’exploitation d’Ahouli-Mibladen en 1979. 

Quatre ans après et à cause de l’effondrement du coût du plomb, la mine avait arrêté complètement son activité. Ce qui n’a pas été sans répercussions économiques néfastes sur toute la région. En conséquence, la majorité des anciens mineurs se mettent au chômage. En 2009, Midelt devient province, chef lieu de la Haute Moulouya Orientale, ce qui met fin au tiraillement administratif entre Meknès, Errachidia et Khénifra.

Après le déclin de l'extraction industrielle au milieu du 20eme siècle, les anciennes cités minières ont été reconverties. L'extraction artisanale de minerais, plomb, cuivre, argent, se poursuit aujourd'hui de manière indépendante. La ville est également un carrefour culturel et artisanal important pour le tissage et la poterie.

Aujourd’hui Midelt tente de survivre tant bien sûr mal. On y a bien découvert des gisements de terres rares il y’a quelques années, mais cela manque encore de prospection soutenue afin de rendre ces gisements viables. À la sortie de la ville, se trouve la station Noor Midelt reconnaissable à ses immenses éoliennes perchées, qui brassent le vent du couloir qui va jusqu’à Missour. 

Je m’engage sur le Tizi N’Toulghemt, une longue route sinueuse en spaghetti qui vient d’être dédoublée. Un vrai bonheur après de très longues années de souffrances pour les automobiliste, les camionneurs et les chauffeurs de cars de transport. Cette prouesse nous la devons au gouvernement du PJD et notamment à l’ancien ministre de l’équipement Rebbah et à Choubani ancien président de la région Draa-Tafilalet. 

Je suis juste dans mes propos et je suis apolitique, mais je reconnais à un gouvernement, quelle que soit sa couleur, toute action qui vise à développer le pays. Et contrairement à ce que l’on a dit, le PJD a réellement développé la région du Tafilalet. 
J’arrive à N’zala citée par De Foucauld dans son livre « Reconnaissance au Maroc ». Là démarrent les constructions en pisé et en terre battue. Un paysage lunaire, et une grande désolation, dans un couloir dominé par les vents de sable et les immenses cathédrales de pierre qui l’enchâssent. 

Je traverse Tilicht, halte pour ceux qui veulent acheter des fruits, je laisse Rich sur ma droit et traverse l’oued Ziz au croisement qui mène à Kerrandou et à Tazmammart, le bagne de sinistre mémoire…

J’arrive au passage de Ghar Zaabel, tunnel construit  dans le roc chisteux par les soldats du génie français en 1929. C’est le « trou du cul » de la région comme je le surnomme et le seul point de passage entre le Tafilalet et Meknes, sinon il faut faire un immense détour en cas de problème. 

D’ailleurs le tunnel est gardé jour et nuit par une escouade des forces auxiliaires, ce qui dénote de son importance stratégique. 
L’oued Ziz se développe en contrebas puissant et à proximité se trouvent les thermes de Moulay Ali Cherif, endroit prisé depuis des millénaires par les therlalistes marocains comme à Moulay Yascoub et Sidi Hrazem dans la région de Fès. Leurs eaux soufrées ont des bienfaits notables sur les maladies de peau entre autres. 

Je dépasse Tamerrakch, une petite Marrakech sur le Ziz, pour arrivé à l’immense barrage Hassan Dakhil à Errachidia. Je ne l’ai jamais vu au sui plein il a dépassé les 76% de taux de remplissage ces derniers mois. Cette retenue représente un volume de stockage de 237 millions de mètres cubes sur une capacité totale de 312 millions de m3.

L’antique Ksar Mdaghra, puis Ksar Essouk, avant de devenir Errachidia dans les années 70, s’ouvre devant moi dans une longue descente majestueuse. 

Elle fut une  ville garnison à la base, qui favorisa les déploiement des forces françaises vers le sud et l’Ouest notamment vers le Saghro, où les ait Atta demeuraient la dernière force en opposition au colonialisme. 

Errachidia est devenue avec le temps une très grande ville et le chef-lieu de la région Draa-Tafilalet. 

Aujourd’hui se construisent une faculté de médecine et une cité des compétences et formations. 

Une lueur d’espoir pour les jeunes de la région, réputés pour leurs performances en mathématiques. 

D’ailleurs on compte un nombre important d’ingénieurs, notamment géologie et en génie civil et de médecins, tous issus de la région. 
Je porte l’idée de créer ici à Errachidia une annexe du fameux Lydex de Benguerir, terreau des polytechniciens marocains. 
J’y arriverais un jour…

Je prends la route vers Goulmima mon fief, je traverse un paysage digne de l’Arizona. Je roule durant 45 minutes avant d’arriver enfin chez moi…


Dimanche 31 Mai 2026